Réuni ce lundi 28 septembre 2026, le Conseil communautaire de l’Agglomération Sud Sainte-Baume a approuvé le dépôt auprès de l’État du dossier de demande de statut de Service express régional métropolitain, le SERM, pour l’aire toulonnaise. Après plusieurs mois d’études et de concertation, cette délibération marque une nouvelle étape importante pour un projet appelé à transformer en profondeur les déplacements du quotidien dans l’ouest varois. Le dossier sera prochainement transmis au ministère chargé des Transports, qui examinera la demande et pourra attribuer au projet le statut officiel de SERM.
Derrière ce sigle encore peu familier du grand public se cache une ambition concrète. Un Service express régional métropolitain vise à proposer une offre de mobilité fiable, fréquente et facile à utiliser, en facilitant les déplacements entre les pôles urbains et les territoires périurbains. Ce dispositif, créé par la loi de décembre 2023 relative aux services express régionaux métropolitains, s’inspire du modèle des RER franciliens pour l’adapter aux grandes agglomérations régionales. L’obtention du statut ouvre la voie à un portage renforcé de l’État et à une coordination accrue entre tous les acteurs du transport.
Basé sur l’aire toulonnaise, le projet englobe le territoire de l’Agglomération Sud Sainte-Baume ainsi que cinq autres collectivités. L’enjeu est de taille pour ce bassin de vie d’environ 600 000 habitants et quelque 220 000 emplois, le troisième pôle urbain de la Région Sud après Marseille et Nice, où la voiture reste aujourd’hui le mode de déplacement dominant, en particulier pour les trajets entre le domicile et le travail. Le réseau autoroutier, en grande partie gratuit et très maillé, a longtemps orienté les choix résidentiels vers la périphérie, avec son lot de congestion et de pollution de l’air aux heures de pointe.
Le SERM de l’aire toulonnaise entend précisément inverser cette tendance. Son objectif est de renforcer l’offre ferroviaire et de développer l’intermodalité, c’est-à-dire la possibilité de combiner facilement plusieurs modes de transport sur un même trajet. Autour des gares, le projet prévoit des cars à haut niveau de service, des lignes routières rapides et régulières bénéficiant d’aménagements dédiés, ainsi que des itinéraires cyclables structurants. À terme, il s’agit d’offrir des services de mobilité performants pour mieux relier les différents territoires de l’aire toulonnaise et proposer des alternatives réellement attractives à l’usage de la voiture individuelle.
La démarche ne part pas de zéro. Le SERM toulonnais a été labellisé par l’État en 2024 et se trouve actuellement en phase de préfiguration, pilotée par une équipe réunissant l’État, la Région Sud, la Métropole Toulon Provence Méditerranée, les agglomérations Sud Sainte-Baume et Provence Verte, les communautés de communes Vallée du Gapeau, Cœur du Var et Méditerranée Porte des Maures, la Société des grands projets, SNCF Réseau et SNCF Gares et Connexions. Plusieurs briques du futur réseau se dessinent déjà, du renforcement de l’offre de trains sur la ligne Marseille-Toulon-Nice à l’expérimentation d’un service de covoiturage entre Toulon et Cuers, en passant par le projet de navette ferroviaire entre Saint-Cyr-sur-Mer et Carnoules attendu à l’horizon 2030. Les partenaires travaillent aussi à une billettique unique et à des gares repensées comme de véritables pôles d’échanges, où l’on passe sans friction du train au bus ou au vélo. Les détails du projet et ses différentes composantes sont présentés sur le site de la Société des grands projets.
Pour les habitants de Sud Sainte-Baume, dont les communes s’étirent entre le littoral de Bandol et Saint-Cyr-sur-Mer et l’arrière-pays de Signes, cette perspective change la donne. Nombre d’actifs du territoire rejoignent chaque jour Toulon ou Marseille, et la gare de Saint-Cyr-sur-Mer constitue déjà une porte d’entrée ferroviaire que le SERM pourrait considérablement valoriser, avec des trains plus fréquents et des correspondances facilitées vers les bus et le vélo.
En approuvant ce dossier, l’Agglomération Sud Sainte-Baume confirme sa volonté de peser dans une démarche collective qui dépasse ses frontières. Si le ministère attribue le statut demandé, l’aire toulonnaise rejoindra le cercle des métropoles françaises engagées dans cette nouvelle génération de transports du quotidien, avec à la clé des déplacements plus simples, plus fiables et plus sobres pour des centaines de milliers de Varois.

