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Miel : une récolte en forte baisse, les apiculteurs azuréens s’inquiètent

Par Moira O'Deorain
Publié le 7 octobre 2026 à 08h35 – Temps de lecture : 4 minutes

La récolte de miel déçoit les apiculteurs en 2026, y compris dans les Alpes-Maritimes. Cette année, la chaleur et la sécheresse ont fortement réduit la production. Dans le sud du pays, certaines récoltes ont même tourné à la catastrophe. Ainsi, les apiculteurs des Alpes-Maritimes se demandent si les miels de Provence et de lavande résisteront au dérèglement climatique.

Un reportage de TF1 Info, publié mardi 6 octobre, évoque « la pire année en 22 ans d’apiculture ». Ce constat reflète les inquiétudes de toute la filière. En effet, les chiffres nationaux confirment ce recul.

L’Union nationale de l’apiculture française estime la production 2026 entre 18 000 et 20 000 tonnes. L’an dernier, elle atteignait 23 000 à 25 000 tonnes, un record depuis vingt ans. De son côté, l’interprofession InterApi évalue la récolte à environ 33 700 tonnes, soit 5 000 de moins qu’en 2025. Ainsi, ces chiffres diffèrent, mais les deux organisations posent le même diagnostic.

La saison s’annonçait pourtant prometteuse. L’hiver 2025-2026 a été doux et humide. Les colonies ont donc repris leur activité très tôt, parfois dès la mi-janvier. Puis les vagues de chaleur ont frappé à partir de fin mai. Elles ont brûlé les fleurs et asséché la végétation. Dès le début de juin, les abeilles n’ont donc plus pu travailler comme d’habitude.

Toutes les miellées n’ont pas souffert de la même façon. Le miel de printemps a sauvé la saison de plusieurs apiculteurs. En revanche, la lavande, le sapin et la bruyère d’été n’ont donné que de petites quantités. De plus, le tournesol n’a presque rien produit.

Pour la Provence, ce constat pèse particulièrement lourd. En année normale, le miel de lavande y représente plus de la moitié de la production totale. Or la récolte de lavande avait déjà été catastrophique en 2025, selon l’Unaf. Elle était alors quatre fois inférieure à une année moyenne. Le syndicat réclamait d’ailleurs des aides pour éviter la faillite de certaines exploitations. Deux saisons difficiles de suite fragilisent donc les professionnels de la région.

À ces aléas climatiques s’ajoute une autre menace : le frelon asiatique. La chaleur l’a certes pénalisé cette année. Pourtant, sa pression reste importante dans presque toutes les régions, selon InterApi. Ce prédateur d’abeilles a fait son apparition en France en 2004. Aujourd’hui, il vit dans tout le pays.

Par ailleurs, la filière reste très morcelée. La France compte 2 000 apiculteurs qui vivent uniquement de cette activité. Elle compte aussi environ 4 000 professionnels pluriactifs et 65 000 producteurs familiaux. Ces derniers fournissent 40 % de la production nationale. Cet éparpillement complique donc les estimations exactes.

Dans tous les cas, la France produit moins de miel qu’elle n’en consomme. Par conséquent, elle importe du miel, notamment d’Asie, d’Ukraine, d’Argentine ou de Turquie. Depuis juin, les pots de mélanges doivent d’ailleurs indiquer chaque pays de récolte. Cette règle européenne vise à lutter contre les miels frelatés par ajout de sucres. Pour les consommateurs, l’étiquette devient ainsi plus transparente.

Sur le long terme, le recul n’est pas nouveau. Selon le CNRS, la production a diminué de moitié entre le milieu des années 1990 et celui des années 2010. Cette baisse coïncide avec l’arrivée des néonicotinoïdes. La France a interdit ces pesticides pour l’usage agricole en 2018.

Pour 2026, la récolte n’est pas tout à fait terminée, selon InterApi. Cependant, le bilan s’annonce déjà difficile pour la filière. Reste à savoir si les prochaines saisons confirmeront cette tendance dans l’arrière-pays azuréen.