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Journées de l’architecture : « Réhabiliter : bâtir l’avenir »

Par Gilbert Caron
Publié le 14 octobre 2026 à 15h32 – Temps de lecture : 4 minutes

Du 15 au 18 octobre, l’architecture s’invite dans le quotidien des Parisiens. Pour sa 11e édition, les Journées nationales de l’architecture, initiées par le ministère de la Culture, proposent quatre jours de visites, de rencontres et de découvertes, à Paris comme partout en France. Longtemps réservée aux spécialistes, la discipline se raconte ici en mots simples, à hauteur d’habitant. Près de 1 200 événements sont attendus sur l’ensemble du territoire : portes ouvertes d’agences, visites de chantiers, promenades urbaines, expositions, conférences et ateliers pour le jeune public. L’occasion, pour chacun, de lever le nez et de regarder autrement ces bâtiments que l’on croise chaque jour sans vraiment les voir. Partout, l’accès est le plus souvent libre, et la programmation ratisse large, du simple curieux au féru d’urbanisme.
Cette année, le thème retenu est « Réhabiliter : bâtir l’avenir ». Derrière la formule se cache un enjeu très concret : transformer les bâtiments existants plutôt que bâtir du neuf, réemployer les matériaux et redonner vie à un patrimoine parfois laissé à l’abandon. La démarche répond à une urgence écologique – réduire l’empreinte carbone de la construction, améliorer l’efficacité énergétique, limiter l’étalement urbain – et à une ambition culturelle : faire dialoguer le passé et le présent. La réhabilitation représente déjà près d’un tiers de l’activité des architectes. Dans une ville aussi dense que Paris, où le moindre mètre carré compte, elle est devenue la règle bien plus que l’exception, de l’immeuble haussmannien à la friche reconvertie.
À Paris, la Cité de l’architecture et du patrimoine, installée place du Trocadéro dans le 16e, sera l’un des cœurs battants de ces journées. Au programme : une conférence d’ouverture consacrée aux défis de la réhabilitation, des visites guidées de ses expositions, des visites flash gratuites et en accès libre pour décrypter les grands courants de l’architecture, une projection de film, ainsi que des ateliers de construction en famille pour les plus jeunes. Des rencontres avec des professionnels et quelques visites plus inattendues complètent le tableau, du novice au passionné. Le dimanche, un défilé viendra même clôturer la programmation sur une note festive. La plupart de ces rendez-vous sont gratuits, parfois sur réservation ; d’autres lieux parisiens, à commencer par les écoles nationales supérieures d’architecture, ouvriront aussi leurs portes. Les familles y trouveront de quoi occuper une après-midi, entre jeux, maquettes et ateliers pensés pour les enfants.
Au-delà des institutions, ce sont surtout les agences d’architecture qui jouent le jeu, en accueillant les curieux dans leurs ateliers et sur leurs chantiers. Rares sont les occasions de pousser ainsi la porte d’un cabinet et d’échanger avec celles et ceux qui dessinent la ville. On y comprend comment une friche industrielle, une école vieillissante ou un ancien immeuble de bureaux peuvent être repensés pour des usages contemporains, sans perdre leur caractère. Les deux premiers jours, jeudi et vendredi, sont plus spécialement réservés aux scolaires, dans le cadre de l’opération « Levez les yeux ! » menée avec l’Éducation nationale ; le week-end, lui, appartient au grand public. Pour s’y retrouver, le ministère met en ligne un programme détaillé, que l’on peut filtrer par ville et par quartier. Un simple clic suffit pour repérer les rendez-vous proches de chez soi et réserver en quelques minutes.
Ces journées tombent à point nommé, le premier week-end des vacances de la Toussaint : de quoi occuper intelligemment deux jours en famille, sans dépenser. Elles offrent surtout un rare moment de pédagogie sur la ville que l’on habite, et un bon moyen d’initier les enfants au regard sur l’espace bâti, loin des écrans. Comprendre pourquoi un bâtiment est conservé plutôt que démoli, comment on isole sans dénaturer une façade, ou ce que deviendra tel terrain en friche : autant de questions qui, à Paris, touchent directement le cadre de vie de chacun.