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Chevilly-Larue : l’adolescence en scène

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 12 octobre 2026 à 17h58 – Temps de lecture : 4 minutes

À Chevilly-Larue, la saison théâtrale se poursuit avec une soirée pensée en complicité avec La Maison du Conte. Vendredi 16 octobre, à 19h, le Théâtre de Chevilly-Larue lèvera le rideau sur « Euphrate », un spectacle de et avec Nil Bosca, porté par la compagnie À nos amours. Entre théâtre et danse, ce solo d’environ 1 h 10 s’adresse au public dès 12 ans, pour des tarifs compris entre 9 et 21 €.
Euphrate, c’est le prénom de l’héroïne, une adolescente en classe de terminale qui jongle avec les cours, les examens et un corps qui ne tient pas en place. Fille d’un père turc et d’une mère normande, elle interroge sa double culture, ses désirs et l’avenir qui s’ouvre devant elle. Seule interprète du plateau, Nil Bosca passe du récit au mouvement et fait dialoguer les mots et la danse pour dire les vertiges de l’adolescence et la quête d’une identité qui refuse de choisir. Tour à tour drôle et grave, le texte avance au rythme de ses pensées, sans jamais se prendre au sérieux.
Le sujet n’a rien d’anecdotique. En racontant une jeune fille tiraillée entre deux héritages, le spectacle touche à des questions que connaissent bien des familles : celles de la transmission, de la langue et de la place que l’on se fait quand on grandit entre plusieurs rives. La danse y devient un langage à part entière, une manière de dire ce que les mots, parfois, ne suffisent pas à formuler.
Le mariage du théâtre et de la danse n’a ici rien d’un simple habillage. Le corps devient le prolongement du récit, un moyen de rendre tangibles l’élan, le doute et la colère d’un âge où tout se joue en même temps. C’est aussi ce qui rend la pièce accessible aux plus jeunes, invités à se reconnaître dans ce portrait sans fard.
La représentation s’inscrit dans un partenariat ancien entre le théâtre municipal et La Maison du Conte, institution emblématique de Chevilly-Larue vouée au conte et aux arts de la parole. La même soirée, le plateau accueillera un second solo, « Mon mec veut devenir rappeur », récit porté par l’humour d’Adèle Zouane, du Collectif Bajour. Deux portraits, deux façons de raconter le monde à hauteur d’une voix : la formule, rodée au fil des saisons, invite le spectateur à passer d’un univers à l’autre en une seule soirée. Programmée en soirée, la proposition joue la carte de la rencontre, entre habitués et curieux venus pour la première fois pousser la porte du théâtre.
Le théâtre de la ville, qui porte le nom d’André Malraux, propose tout au long de la saison un va-et-vient entre spectacles tout public, propositions jeune public et rendez-vous conçus avec les partenaires du territoire. « Euphrate » en est une bonne illustration : née dans le réseau des scènes qui accompagnent la création, la pièce a déjà été présentée sur plusieurs plateaux avant de faire étape en Val-de-Marne, preuve qu’un récit d’apprentissage peut voyager bien au-delà de son point de départ.
Ville du conte s’il en est, Chevilly-Larue a fait des arts de la parole une signature revendiquée, et son théâtre laisse toute leur place aux écritures contemporaines et aux jeunes compagnies. La soirée du 16 octobre ouvre une séquence chargée, à la veille des vacances de la Toussaint, qui débutent le lendemain : les équipements municipaux, de la médiathèque Boris Vian à la Maison du conte, prendront le relais pour occuper petits et grands pendant la coupure. Ateliers, lectures et animations y rythmeront les deux semaines de congé, le temps de prolonger, autrement, le goût des histoires.