Bonne nouvelle pour les amateurs d’art contemporain. Le MAMAC de Nice va rouvrir ses portes avant la fin de l’année 2026. Lundi 12 octobre, le maire Éric Ciotti a fait cette annonce à l’issue du conseil municipal. Le musée reste fermé depuis près de deux ans et demi. Pourtant, cette décision divise déjà la classe politique niçoise.
Pour rappel, le Musée d’art moderne et d’art contemporain a fermé le 7 janvier 2024. À l’époque, la municipalité prévoyait quatre années de travaux. Le chantier devait rénover en profondeur le bâtiment. Il devait aussi offrir plusieurs centaines de mètres carrés supplémentaires. Or, les travaux n’ont jamais réellement démarré.
Face à cette situation, Éric Ciotti a choisi de changer de cap. Élu maire en mars dernier, il juge cette fermeture prolongée incompréhensible. Selon lui, une grande partie du musée sera de nouveau accessible au public. Les collections, aujourd’hui stockées à Aix-en-Provence, doivent aussi revenir à Nice. Sur les réseaux sociaux, l’élu a résumé sa position en une phrase : le MAMAC a un avenir à Nice.
Par ailleurs, le maire promet une rénovation globale du bâtiment. Cette annonce surprend d’ailleurs de nombreux observateurs. Toutefois, il souhaite mener ce chantier tout en gardant le musée ouvert. Cette méthode doit éviter une nouvelle période sans visiteurs. Pour l’instant, la mairie ne communique aucune date précise de réouverture. Les Niçois devront donc patienter encore quelques semaines.
De son côté, Christian Estrosi conteste fermement cette version. L’ancien maire de Nice rappelle que la Ville avait déjà lancé les marchés publics. D’après lui, le bâtiment nécessite des travaux importants pour protéger les œuvres. Il redoute surtout la réouverture d’un musée contenant de l’amiante. L’ancien édile évoque également des problèmes d’humidité dans les salles.
Ainsi, deux visions s’opposent autour de ce lieu emblématique. D’un côté, la nouvelle majorité veut rendre le musée aux habitants au plus vite. De l’autre, l’ancienne équipe s’inquiète pour la conservation des collections. Ce débat risque d’animer les prochains conseils municipaux. En attendant, le public espère surtout retrouver les œuvres.
Il faut dire que le MAMAC occupe une place à part dans la culture niçoise. Inauguré le 21 juin 1990, il domine la place Yves Klein, au cœur de la ville. Son architecture de tours carrées reliées par des passerelles marque le paysage urbain. Le musée retrace l’aventure artistique des années 1950 à nos jours. Il réunit plus de 1 400 œuvres signées par environ 370 artistes.
Surtout, le lieu abrite des trésors de l’École de Nice. Les visiteurs peuvent y admirer des créations d’Yves Klein, d’Arman ou de César. En 2001, Niki de Saint Phalle a également légué une grande partie de sa collection à la ville. Ces artistes ont contribué à la renommée internationale de la Côte d’Azur. Pour beaucoup de Niçois, le musée symbolise donc une vraie fierté locale.
Pendant la fermeture, le MAMAC n’a pas totalement disparu. Une soixantaine d’œuvres ont voyagé jusqu’au musée Fernand Léger, à Biot. Le musée Matisse de Nice a aussi accueilli plusieurs pièces de la collection. L’équipe a enfin développé des actions hors les murs et des contenus en ligne. Malgré ces efforts, rien ne remplace une visite dans les salles d’origine.
Enfin, ce dossier s’inscrit dans le projet de la promenade du Paillon. Le musée se trouve au milieu de ce grand espace vert en pleine transformation. À terme, il doit former un îlot culturel au cœur d’un jardin urbain. Reste à savoir si la rénovation globale tiendra ses promesses. Les prochains mois diront si le MAMAC retrouve durablement son public.

