Nice durcit le ton après un week-end de violences. Le maire Éric Ciotti a signé lundi 19 octobre 2026 un arrêté instaurant un couvre-feu pour les mineurs. La mesure s’applique dès 21 heures le soir même, dans plusieurs quartiers du centre. Le préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, soutient pleinement cette décision. Voici ce qu’il faut savoir sur ce dispositif exceptionnel.
Tout commence samedi 17 octobre, lors d’une journée de mobilisation contre la vie chère. À Nice, la préfecture n’avait pas autorisé le rassemblement. Pourtant, des groupes ont envahi les rues du centre-ville en marge du cortège. Plusieurs individus ont alors brisé des vitrines et pillé une quinzaine de commerces. L’avenue Jean-Médecin et le secteur de la rue Trachel ont particulièrement souffert.
Face à ces débordements, les forces de l’ordre ont multiplié les interpellations. Samedi, la police a arrêté 83 personnes pour violences, dégradations ou pillages. Le lendemain, de nouveaux incidents ont éclaté et les policiers ont interpellé 28 autres personnes. Ensuite, les comparutions immédiates ont débuté au tribunal correctionnel de Nice. Au total, 48 dossiers concernent des vols, des dégradations ou des menaces de mort.
Concrètement, le couvre-feu vise tous les mineurs de moins de 18 ans. Ces jeunes ne peuvent plus circuler entre 21 heures et 6 heures du matin dans le périmètre défini. Seule exception : la présence d’un adulte exerçant l’autorité parentale. Le dispositif court jusqu’au lundi 26 octobre à 6 heures. Il couvre donc une semaine entière.
Côté géographie, la mesure cible les secteurs les plus touchés. Le centre-ville et le Vieux-Nice figurent en tête de liste. Quant au quartier Trachel et à la Gare du Sud, ils complètent ce périmètre. Selon le maire, ces rues ont concentré les actes de violence les plus graves du week-end. En revanche, la mesure ne s’applique pas aux autres quartiers de la ville.
Par ailleurs, le préfet a pris plusieurs mesures complémentaires. Il interdit notamment les mortiers d’artifice et les articles pyrotechniques. Les produits inflammables ou corrosifs et le carburant en petits contenants font aussi l’objet de cette interdiction. Ces restrictions s’appliquent jusqu’au 25 octobre. En outre, l’État a déployé des militaires de l’opération Sentinelle dans les rues de Nice.
Pour justifier sa décision, Éric Ciotti évoque une situation d’urgence. L’élu veut avant tout protéger les habitants et les commerçants du centre. Il assure aussi avoir agi en pleine concertation avec les services de l’État. Nice n’est d’ailleurs pas un cas isolé. D’autres villes, comme Paris ou Lille, ont pris des mesures similaires après ces violences.
Sur le terrain, les commerçants restent pourtant partagés. Beaucoup peinent encore à se remettre des dégâts subis samedi. Certains doutent de l’efficacité réelle d’un couvre-feu limité à une semaine. D’autres s’interrogent surtout sur la suite. Les services de l’État ont toutefois promis d’accompagner les professionnels touchés.
De leur côté, plusieurs acteurs locaux affichent leur solidarité. L’OGC Nice a ainsi exprimé son soutien aux commerçants niçois. Le groupe Casino a également mobilisé ses moyens pour aider ses franchisés victimes des pillages. Ces gestes ne réparent pas tout, mais ils réconfortent des professionnels éprouvés.
Désormais, tous les regards se tournent vers la fin de semaine. Si le calme revient, le couvre-feu prendra fin comme prévu le 26 octobre. D’ici là, les familles du centre-ville doivent adapter leurs habitudes du soir. Les forces de l’ordre veilleront chaque nuit au respect de l’arrêté. Enfin, les commerçants espèrent retrouver rapidement une ambiance sereine dans les rues de Nice.

