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À Arles, le chantier de la voie verte gagne le pont bleu

Marquage vélo sur la voie verte aux feuilles d'automne
Par Jonathan Caron
Publié le 27 octobre 2026 à 22h53 – Temps de lecture : 4 minutes

Le chantier de la voie verte franchit une nouvelle étape à Arles. Depuis le jeudi 22 octobre, les entreprises se sont installées sur le pont bleu, cet ouvrage qui enjambe la route nationale 113, où le passage des piétons est déconseillé jusqu’au vendredi 30 octobre inclus. Les équipes profitent des vacances de la Toussaint, période où la fréquentation de la future promenade diminue nettement, pour avancer sans gêner les habitués des lieux. Cette fermeture temporaire est le prix d’une avancée attendue, car l’ouvrage constitue un maillon essentiel du futur itinéraire, le seul qui permette de franchir la nationale en toute sécurité. Commencé au niveau du stade Fournier, l’aménagement se poursuit ainsi méthodiquement en direction du pont Van Gogh.

Le projet consiste à métamorphoser l’ancienne voie ferrée qui serpente entre les Alyscamps et le pont Van Gogh. Ce cheminement longtemps resté à l’état sauvage, emprunté spontanément par les promeneurs, deviendra une voie verte au sens propre du terme, c’est-à-dire un axe entièrement réservé aux déplacements non motorisés, où piétons et cyclistes circulent à l’abri des voitures. Le tracé a été pensé comme un véritable axe de déplacement du quotidien puisqu’il desservira le collège Ampère ainsi que les lycées Charles-Privat et Louis-Pasquet, et reliera plusieurs quartiers de la ville, des Alyscamps à Chabourlet et au centre-ville, jusqu’à Barriol et aux abords du pont Van Gogh. Des centaines de collégiens et de lycéens pourront ainsi rejoindre leur établissement à pied ou à vélo en toute sécurité, à l’écart de la circulation automobile.

La végétation accompagne cette transformation. Certains arbres arrivés en fin de vie, qui présentaient un risque réel pour les promeneurs, ont dû être abattus. En contrepartie, trois cents sujets d’essences choisies pour leur résistance à la chaleur seront plantés tout au long de la promenade, un choix adapté au climat arlésien et aux étés de plus en plus chauds que connaît le delta du Rhône. Ces plantations interviendront d’ici la fin de l’année sur la première portion du tracé.

L’avancement du chantier se lit déjà sur le terrain. Le tronçon compris entre les Alyscamps et l’avenue Joseph-Imbert touche à sa fin. De petits bassins de rétention d’eau y ont été creusés entre le cheminement des piétons et celui des cyclistes, afin de recueillir les eaux de pluie et de limiter le ruissellement. Le mobilier urbain prend place peu à peu, de même que les candélabres, qui fonctionnent à l’énergie solaire et qui, passé une certaine heure de la nuit, ne s’allumeront qu’au passage des usagers. Cet éclairage intelligent permet de réduire la consommation d’énergie tout en limitant la pollution lumineuse, sans sacrifier la sécurité de ceux qui emprunteront la voie en soirée.

La suite du programme est déjà arrêtée. Les travaux viennent de débuter sur le tronçon situé entre le pont de Bigot et le début de la rue Gaspard-Monge. Les entreprises interviendront ensuite entre le pont bleu et la rue Philippe-Lebon, avant de traiter la dernière portion menant au pont Van Gogh. Cette progression par sections successives permet de maintenir l’accès au reste du cheminement pendant toute la durée de l’opération, les fermetures ponctuelles, comme celle du pont bleu cette semaine, restant limitées dans le temps.

Le chantier mobilise également la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, qui vient d’engager des travaux sur les réseaux d’eau de l’avenue Joseph-Imbert. Une fois cette intervention achevée, au printemps 2027, les entreprises mandatées par la Ville reprendront la voirie de l’avenue. Une piste cyclable y sera créée au départ de la voie verte, de quoi prolonger l’itinéraire et raccorder la promenade au reste du réseau cyclable de la commune.

Pour les Arlésiens, cette voie verte dessine bien plus qu’une simple piste. Elle offrira une colonne vertébrale douce traversant la ville du nord au sud, un espace ombragé pour marcher, courir ou pédaler, et un itinéraire sûr pour les trajets scolaires comme pour les déplacements du quotidien. En attendant la fin des travaux, les riverains sont invités à la prudence aux abords du chantier, le temps que l’ancienne voie ferrée achève sa mue en promenade pour tous.