Du vendredi 11 au dimanche 27 septembre, Montreuil consacre plus de deux semaines aux Journées du Matrimoine, une manifestation placée sous le mot d’ordre « L’histoire s’écrit aussi au féminin ». Pendant féminin des Journées du patrimoine, le matrimoine désigne l’héritage transmis par les femmes, en particulier les créatrices longtemps effacées des récits artistiques et intellectuels. La Ville en propose une déclinaison ambitieuse : vingt-huit rendez-vous répartis dans seize lieux, entre expositions, rencontres, conférences, ateliers de pratique artistique et spectacles vivants.
La programmation entend réparer, à sa mesure, un oubli. Elle met en avant des autrices, compositrices, plasticiennes et femmes de sciences dont les parcours restent méconnus, et invite le public à les redécouvrir. Parmi les temps forts annoncés figurent le spectacle « Sous le soleil des autrices », d’Aurore Evain, qui exhume des femmes de lettres oubliées, ainsi qu’une mise en scène du « Mahabharata » signée Pauline Bayle. Le centre Tignous d’art contemporain accueille de son côté l’exposition « Où sont nos thunes ? », consacrée aux inégalités économiques entre les femmes et les hommes.
La question de l’argent traverse d’ailleurs plusieurs propositions. La journaliste et autrice Titiou Lecoq est attendue pour une conférence sur les inégalités financières au sein du couple, prolongeant un travail qui l’a fait connaître d’un large public. Ateliers, lectures et débats complètent l’affiche, pensée pour des publics de tous âges, de 14 à 99 ans selon les rendez-vous, dans une logique de transmission entre générations. Certains temps forts s’adressent aux familles, d’autres à un public averti.
Le week-end des samedi 19 et dimanche 20 septembre offre l’un des points d’orgue de la manifestation, du côté des Murs à Pêches. La fédération qui veille sur ce site horticole historique propose des visites guidées de jardins en journée et, en soirée, des concerts à la programmation « 100 % féminine ». Les portes restent ouvertes de 12h à 23h le samedi et de 12h à 21h le dimanche. Une visite guidée sur le thème « Murs à Pêches, entre passé et avenir », menée par le guide-conférencier Bruno Granozio, permet de redécouvrir ce patrimoine niché au cœur de la ville.
Cette édition mobilise plusieurs équipements culturels de Montreuil, du centre Tignous aux bibliothèques, en passant par des salles de spectacle et des lieux associatifs. La dispersion des rendez-vous dans seize sites différents traduit une volonté d’irriguer l’ensemble des quartiers et de rapprocher la programmation des habitants, plutôt que de la concentrer dans un seul équipement. La plupart des propositions se tiennent en semaine comme le week-end, afin de toucher le plus grand nombre. Aux côtés des spectacles et des expositions, des ateliers de pratique artistique invitent le public à passer de la découverte à l’expérience, en écriture, en musique ou en arts plastiques.
Le mouvement des Journées du Matrimoine est né dans les années 2010, à l’initiative d’associations féministes qui entendaient rendre visibles les créatrices, aux dates mêmes des Journées européennes du patrimoine. D’abord concentrée sur un week-end, l’idée a essaimé dans de nombreuses villes. À Montreuil, elle prend l’ampleur d’un véritable temps fort de la rentrée culturelle, étiré sur plus de deux semaines et adossé aux forces vives locales.
La manifestation est portée par la municipalité, avec le maire Patrice Bessac, l’adjointe à la culture Alexie Lorca et l’adjointe aux droits des femmes Halima Khiar Menhoudj. Elle traduit une politique culturelle assumée, qui fait de l’égalité entre les femmes et les hommes un fil conducteur, décliné cette année à travers la création artistique, la littérature, la musique et l’histoire des sciences.
Le rendez-vous court jusqu’au dimanche 27 septembre. Le programme détaillé, avec les horaires et les conditions d’accès propres à chaque événement, certains gratuits, d’autres payants, est diffusé par la Ville. De l’exposition à la conférence, du concert au spectacle, l’édition 2026 entend faire dialoguer héritage et création contemporaine, en rappelant que l’histoire culturelle s’est aussi écrite au féminin. En consacrant plus de deux semaines à cette cause, Montreuil confirme son attachement à une manifestation qui, en quelques années, s’est fait une place à part entière dans le paysage de la rentrée en Seine-Saint-Denis.

