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Aéroport de Nice : près d’un vol sur deux en retard cet été, la Côte d’Azur sur le podium des mauvais élèves

Par Moira O'Deorain
Publié le 12 octobre 2026 à 17h45 – Temps de lecture : 4 minutes

Voyager depuis la Côte d’Azur a souvent rimé avec patience cet été. L’aéroport Nice Côte d’Azur figure parmi les plus mauvais élèves de France en matière de ponctualité. Selon une étude de Flightright, près d’un vol sur deux a connu du retard. Ce spécialiste de l’indemnisation des passagers place Nice à la deuxième place du classement. Seul l’aéroport de Beauvais fait pire.

Pour mener cette analyse, l’entreprise a étudié les quinze principaux aéroports français. La période observée s’étend du 1er juin au 7 septembre 2026. Flightright considère un vol en retard dès qu’il arrive avec au moins quinze minutes de décalage. Sur cette base, Nice affiche un taux de 44,98 %. Concrètement, 9 798 vols sur 21 784 ont subi un retard.

Le podium reste très serré. Beauvais arrive en tête avec 45,38 % de vols en retard. Derrière Nice, Figari, en Corse-du-Sud, complète le trio avec 43,54 %. De son côté, Paris-Charles-de-Gaulle affiche un taux plus faible, à 40,50 %. Toutefois, l’aéroport parisien concentre le plus grand nombre de retards, avec plus de 25 000 vols concernés.

Au niveau national, le constat inquiète aussi. Dans neuf aéroports sur quinze, plus d’un vol sur trois a accusé du retard. Ce chiffre montre que l’été 2026 a mis tout le ciel français sous pression. Les voyageurs azuréens ne sont donc pas les seuls à avoir souffert. Néanmoins, la situation niçoise reste particulièrement marquée.

Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés. D’abord, la météo a joué un rôle majeur. Le 24 août, de violents orages ont perturbé le trafic à Nice, mais aussi à Marseille, Bordeaux, Toulouse et Paris. Ensuite, les incendies du Sud-Ouest ont désorganisé une partie du trafic aérien. Enfin, un mouvement social chez easyJet a ajouté de la confusion en pleine saison.

À ces événements s’ajoute la congestion du ciel européen. En été, le nombre de vols grimpe fortement sur les grandes plateformes touristiques. Les contrôleurs aériens gèrent alors un trafic très dense. D’ailleurs, certains s’interrogent sur le nombre d’aiguilleurs du ciel disponibles à Nice. Un manque d’effectifs peut en effet entraîner des retards en cascade.

Pour l’aéroport, la forte fréquentation explique aussi ces chiffres. Un porte-parole rappelle que Nice reste le premier aéroport de province. Selon lui, une plateforme aussi fréquentée subit mécaniquement davantage de variations de trafic. En 2025, l’aéroport a accueilli 15,23 millions de passagers. Durant l’été, ce chiffre atteint environ 1,6 million de voyageurs par mois.

Pour les passagers, ces retards ont des conséquences concrètes. Une correspondance manquée peut gâcher un voyage entier. Les familles en vacances et les voyageurs d’affaires en font souvent les frais. Par ailleurs, l’attente dans un terminal bondé ajoute de la fatigue au stress. Beaucoup de voyageurs ignorent pourtant qu’ils peuvent parfois obtenir réparation.

En effet, la réglementation européenne protège les passagers aériens. Au-delà de trois heures de retard à l’arrivée, une indemnisation devient possible. Son montant varie de 250 à 600 euros selon la distance du vol. Attention toutefois, les circonstances extraordinaires, comme certains orages, peuvent exclure ce droit. Mieux vaut donc conserver ses justificatifs et vérifier sa situation au cas par cas.

Au final, cet été rappelle les limites d’un aéroport très sollicité. Avec un trafic toujours aussi dense, la ponctualité devient un vrai défi pour Nice Côte d’Azur. Les voyageurs espèrent désormais une saison 2027 plus fluide. En attendant, mieux vaut prévoir une marge de temps avant chaque départ depuis la Côte d’Azur.