Une affaire particulièrement grave a mobilisé les forces de l’ordre dans les Alpes-Maritimes. La police nationale a démantelé un réseau de proxénétisme impliquant une adolescente de 13 ans exploitée entre Nice et Cannes. Les enquêteurs ont arrêté un couple et ouvert une procédure judiciaire pour des faits de traite et de proxénétisme aggravé.
L’enquête démarre le 7 mai dernier en gare SNCF de Cannes, dans le département des Alpes-Maritimes. Des policiers repèrent une adolescente en fugue qui circule seule et semble désorientée. Les agents l’interpellent et l’orientent immédiatement vers une prise en charge spécialisée. Lors de son audition, la jeune fille explique aux enquêteurs qu’un couple l’a contrainte à se prostituer dans plusieurs logements situés à Nice puis à Cannes.
Très vite, les policiers du service local de police judiciaire de Cannes lancent des investigations. Ils analysent les déplacements, les témoignages et les traces numériques laissées par les suspects. Grâce à ce travail, ils identifient rapidement un couple ainsi qu’une jeune femme majeure impliquée dans les faits. Les enquêteurs établissent aussi des liens avec des locations de courte durée utilisées comme lieux d’exploitation.
Les policiers localisent ensuite les suspects en Isère. Le 9 juin, ils organisent une opération d’interpellation et arrêtent trois personnes à leur domicile. Les forces de l’ordre récupèrent également environ 11 000 euros en espèces lors d’une perquisition. Les enquêteurs estiment que cette somme provient directement de l’activité de prostitution forcée.
Durant leurs auditions, les deux principaux suspects reconnaissent partiellement leur implication. Ils donnent des explications fragmentaires mais confirment plusieurs éléments de l’enquête. Les policiers entendent aussi deux clients. Ces derniers expliquent avoir refusé les prestations sexuelles en raison de l’âge de la victime.
Après les gardes à vue, les enquêteurs déférent le couple devant le parquet de Nice. Le procureur demande immédiatement leur placement en détention provisoire. Le juge valide cette demande et les deux suspects intègrent la prison dans l’attente de leur jugement. La troisième personne interpellée ressort libre à ce stade de la procédure.
Cette affaire met en lumière un mode opératoire basé sur des déplacements entre plusieurs villes, notamment Nice et Cannes, et sur l’utilisation de logements temporaires pour éviter les contrôles. Les enquêteurs poursuivent leurs analyses afin d’identifier d’éventuelles connexions supplémentaires et d’autres victimes potentielles.
Dans les Alpes-Maritimes, ce dossier relance aussi les débats sur la protection des mineurs en fugue. Les services sociaux rappellent que les jeunes en rupture familiale restent particulièrement vulnérables face aux réseaux criminels. Les autorités locales renforcent les dispositifs de signalement et de prise en charge d’urgence.
L’audience judiciaire du couple se tient ce lundi 15 juin. Les magistrats doivent examiner les éléments recueillis par les enquêteurs et déterminer le niveau d’implication exact des deux mis en cause dans ce réseau de proxénétisme organisé entre plusieurs départements.

