Aux Archives de Paris, le mois de février s’ouvre comme une invitation à remonter le fil d’une enfance dont il ne reste parfois que des éclats. À l’approche du 90e anniversaire de la naissance de Georges Perec, né le 7 mars 1936 et mort le 3 mars 1982, l’institution propose une exposition qui suit ses traces et interroge cette quête menée toute une vie, celle de retrouver ce qui manque.
D’abord, le parcours suit une idée claire. Comprendre comment Perec a cherché ses origines. Ensuite, saisir comment il a tenté de retrouver des souvenirs qui lui échappaient. Pour cela, l’exposition met en regard deux matières. D’un côté, ses textes et ses procédés littéraires. De l’autre, des traces conservées dans les archives. Ainsi, on passe de la Pologne à Paris. Et, au fil des étapes, le parcours reconstitue l’itinéraire d’une famille émigrée. Cette histoire reste singulière, mais elle fait aussi écho à d’autres trajectoires. En effet, de nombreux exilés sont venus chercher refuge en France dans l’entre-deux-guerres.
Au cœur de l’exposition, Belleville s’impose. Pour l’enfant Perec, ce quartier forme un monde entier. Il y vit de 1936 à 1942, avec ses parents. Sa mère y tient un salon de coiffure. Ses quatre grands-parents y habitent. Et il y va à l’école. Pourtant, plus tard, ce lieu devient un trou de mémoire. L’orphelin affronte une amnésie violente. Car son père meurt au front en 1940. Puis sa mère part en déportation à Auschwitz en 1943. Dans le même mouvement, la déportation frappe aussi sa tante et ses deux grands-pères. Après la guerre, Perec revient à Paris en 1945. Il s’installe alors dans le 16e arrondissement. Mais, peu à peu, il reprend la piste de son enfance. Et il le fait par l’écriture, comme un chemin patient pour rassembler les fragments.
Dans ce cadre, l’exposition fait dialoguer les textes et des documents rarement montrés. Certains documents n’ont jamais été présentés au public. De ce fait, le face-à-face crée un écho factuel. Il met en lumière les omissions et les disparitions. Et, par contraste, il ouvre un regard neuf sur l’enfance et le travail de Perec. En somme, il éclaire autrement la trajectoire de l’un des grands écrivains français du XXe siècle.
« Georges Perec, archives d’une enfance » se découvre gratuitement dans le hall des Archives de Paris. L’exposition ouvre du samedi 21 février au vendredi 22 mai 2026. Le public entre librement du mardi au vendredi, de 9 h 30 à 17 h 30. Par ailleurs, les Archives de Paris ouvrent aussi certains samedis. Il s’agit des 21 février, 7 et 21 mars, 11 et 18 avril. Ces jours-là, les portes accueillent le public de 9 h 30 à 17h.
En parallèle, les Archives de Paris organisent des conférences en salle Paul Verlaine. Le public y entre gratuitement, dans la limite de 90 places. Toutefois, il vaut mieux consulter la rubrique Offres culturelles. Elle permet de vérifier d’éventuelles annulations. Enfin, les équipes ferment les portes peu après le début de chaque séance.
Le vendredi 6 février 2026, de 10h à 12h, Louise Thiroux anime une conférence sur l’évolution de l’hygiène en ville à travers le mobilier urbain parisien entre 1830 et 1950. Doctorante contractuelle à l’École pratique des hautes études-PSL, elle travaille aussi à l’INHA comme chargée d’études et de recherche. Cette séance s’inscrit dans l’année universitaire 2025-2026 et dans le séminaire « La région parisienne, territoire et cultures », piloté par Emmanuel Bellanger, Paul Bastier, Béatrice Hérold, Dominique Juigné, Anne-Cécile Tizon-Germe, Christine Langé, Caroline Andreani, Rosine Lheureux et Sylvie Zaidman. Fermeture des portes à 10 h 15.
Le jeudi 12 février 2026 à 15h, Tony Neulat anime « Enquête sur la presse ancienne ». Généalogiste et conférencier, il a fondé et anime la rubrique généalogie du site RetroNews. La France généalogique – CEGF s’associe à cette séance. Concrètement, il explique quand se tourner vers la presse ancienne. Il montre quels renseignements on peut y retrouver sur ses ancêtres. Il oriente aussi vers des sites utiles. Enfin, il partage des clés pour chercher efficacement dans Gallica et RetroNews sans se perdre dans les résultats. Là encore, les équipes ferment les portes à 15 h 15.
Le mardi 24 février 2026 à 15 h 30, Bruno Nardeux présente « Un pays normand dans l’orbite de Paris au Moyen Âge : la forêt de Lyons (XIIIe – XVe siècles) ». Docteur en histoire médiévale, il intervient avec la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France. La forêt de Lyons se situe aux confins de la Normandie, face à l’Île-de-France. Dès lors, il revient sur son histoire après 1204. Il décrit sa transformation au XIIIe siècle. Il évoque aussi le système résidentiel que Philippe le Bel met en place.

