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Cagnes-sur-Mer : les tableaux de Renoir retrouvés derrière un faux mur, un nouveau casse déjoué

Par Sacha Caron
Publié le 13 octobre 2026 à 07h45 – Temps de lecture : 4 minutes

Le dénouement soulage toute la Côte d’Azur. Les deux tableaux de Renoir dérobés au musée de Cagnes-sur-Mer refont surface. Lundi 12 octobre 2026, le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a détaillé l’enquête devant la presse. Selon lui, les œuvres présentent seulement de légers dégâts. Mieux encore, les enquêteurs pensent avoir empêché un autre cambriolage.

Tout commence le 8 septembre, avant 6 heures du matin. Ce jour-là, deux individus pénètrent dans le musée Renoir, installé au domaine des Collettes. Les malfaiteurs sectionnent rapidement les systèmes d’accroche de quatre toiles. D’après les images de vidéosurveillance, l’intrusion dure moins de deux minutes. Pourtant, une intervention rapide provoque la panique chez les voleurs.

Dans leur fuite, ils abandonnent deux œuvres dans le jardin. Il s’agit du Portrait de Madame Stephen Pichon et de Coco lisant. En revanche, ils emportent deux huiles précieuses : Madame Colonna Romano et Jeune femme au puits. Ces tableaux valent plusieurs millions d’euros. Rapidement, le parquet de Marseille ouvre une enquête pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs.

Ensuite, les enquêteurs s’appuient sur un indice précieux. Les cambrioleurs ont laissé une housse de protection sur place. Or, cette housse portait l’ADN d’un suspect. Les policiers ont aussi suivi la trace d’un véhicule utilisé par la bande. Grâce à ces deux pistes, ils ont peu à peu identifié les membres du réseau.

Début octobre, les forces de l’ordre passent à l’action. Six personnes se retrouvent alors en garde à vue, dont les deux cambrioleurs présumés. Selon le procureur, la police a choisi ce moment pour une raison précise. Elle soupçonnait fortement la préparation imminente d’un nouveau casse. Au total, la justice a mis en examen quatre hommes dans ce dossier.

Vendredi 9 octobre, les enquêteurs ont enfin mis la main sur les toiles. Ils les ont découvertes à Clermont-l’Hérault, chez le principal suspect. Les deux Renoir dormaient dans une buanderie, derrière un faux mur. Le suspect avait monté cette cachette avec des parpaings et des plaques de plâtre. Cette installation soignée devait garder les œuvres loin des regards.

De leur côté, les deux hommes soupçonnés du vol nient toute implication. Leur défense devra maintenant convaincre les juges. L’enquête, elle, se poursuit pour établir le rôle exact de chacun. Les magistrats cherchent aussi à en savoir plus sur le projet de nouveau vol.

À Cagnes-sur-Mer, la nouvelle a provoqué un immense soulagement. Le maire Bryan Masson a salué la découverte dès vendredi. Pour l’élu, ces tableaux dépassent largement le simple statut d’œuvres d’art. Ils appartiennent à l’histoire de la ville et à l’héritage laissé par le peintre. Ainsi, la commune retrouve une part de son identité.

En effet, Pierre-Auguste Renoir a passé ses dernières années à Cagnes-sur-Mer. Le maître de l’impressionnisme s’y installe en 1908 pour soulager ses problèmes de santé. Il y meurt en 1919, dans sa propriété des Collettes. Aujourd’hui, sa maison accueille le musée qui porte son nom. Ce lieu attire chaque année des amateurs d’art venus du monde entier.

Pour autant, les toiles ne retrouveront pas tout de suite leurs cimaises. D’abord, elles partent au Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine de Marseille. Les spécialistes vont y examiner chaque détail des œuvres. Ensuite, ils décideront des éventuelles restaurations à mener. Seulement après cette étape, les Renoir pourront regagner Cagnes-sur-Mer.

Finalement, cette affaire rappelle la fragilité des petits musées face aux voleurs d’art. Elle souligne aussi l’efficacité des techniques modernes d’enquête. Dans ce dossier, l’ADN et le suivi d’un véhicule ont fait la différence. Les visiteurs pourront bientôt admirer de nouveau ces deux trésors de l’impressionnisme.