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Calanques de Marseille : le chantier anti-scories prolongé

Par Marcel Grenay
Publié le 23 mars 2026 à 18h54 – Temps de lecture : 6 minutes

Le projet de mise en sécurité des importants amas de scories disséminés dans les calanques marseillaises, entre le Mont Rose et Callelongue, rencontre des obstacles qui obligent à réviser le calendrier initialement prévu. Lancés le 1er septembre 2025 pour une durée de sept mois se terminant au plus tard le 31 mars 2026, ces travaux d’assainissement font face à une complexité accrue liée à l’environnement exceptionnel du site. La nature remarquable de ce secteur naturel, combinée à des imprévus techniques et à des conditions climatiques défavorables, a entraîné un décalage significatif dans l’avancement global du chantier.

Malgré des progrès constants depuis le démarrage en septembre 2025, deux facteurs principaux ont perturbé le rythme des opérations. D’une part, les entreprises mandatées n’ont pas toujours respecté pleinement leurs engagements contractuels, ce qui a conduit l’Ademe, en sa qualité de maître d’ouvrage, à interrompre à plusieurs reprises les interventions sur le terrain. D’autre part, des épisodes météorologiques particulièrement intenses, marqués par des pluies abondantes, une forte houle et des vents violents en janvier et février 2026, ont fortement entravé les activités sur l’ensemble des zones concernées. Ces aléas ont cumulé leurs effets dans un contexte où la préservation du milieu naturel impose des contraintes techniques rigoureuses.

Face à cette situation, des arbitrages clairs ont été pris pour organiser la fin de cette première phase. L’objectif prioritaire reste l’achèvement, au plus tard le 31 mars 2026, des opérations de sécurisation sur trois sites spécifiques : le dépôt DSa02 à Saména et les deux dépôts CMPa01 et CMPa02 situés au carneau de Mauvais Pas. Ces localisations critiques bénéficieront ainsi d’une protection complète dans les délais initiaux, garantissant une première étape de neutralisation des risques environnementaux et sanitaires.

Parallèlement, conformément aux orientations validées par le comité de suivi réuni le 28 janvier 2026, les travaux se prolongeront jusqu’au 24 avril 2026 sur les autres secteurs. Cela permettra de finaliser la mise en sécurité de deux dépôts supplémentaires, à savoir DSa04 toujours à Saména et DEs01 au port de l’Escalette. Concernant le dépôt DSa03 à Saména, les mesures de confinement des scories seront mises en place, mais l’aménagement paysager et la restauration des abords seront reportés à une étape ultérieure, évitant ainsi une extension indue des nuisances actuelles.

Un calendrier précis de réouverture au public a été établi pour minimiser les perturbations. Dès le 1er avril 2026, l’alternat de circulation devant la calanque des Trous sera levé, libérant le parking associé. Le 1er mai 2026 marquera la réouverture complète des accès à la calanque de Saména, ainsi que des parkings de Napoléon, du port de l’Escalette et de Saména, restituant ainsi ces espaces naturels aux promeneurs et aux usagers habituels. Cette restitution progressive vise à restaurer la pleine accessibilité du littoral tout en maintenant un niveau de sécurité optimal.

Les interventions restantes, non achevées lors de cette première phase, seront intégrées à une seconde campagne prévue à partir de septembre 2026. Cela inclut les travaux sur le dépôt DTr01 à la calanque des Trous, ainsi que la finalisation de l’insertion paysagère et la remise en état de la voirie au dépôt DSa03 à Saména. Cette organisation en deux temps permet de mieux anticiper les conditions saisonnières et de concentrer les efforts sur des phases distinctes, optimisant ainsi les ressources disponibles.

En prévision de cette suite du projet, une période de préparation est prévue durant l’hiver 2026-2027. Elle s’accompagnera d’une réunion publique organisée avant l’été 2026, à laquelle seront conviés les riverains, les habitants et les professionnels du secteur. Cette rencontre permettra de détailler les interventions reportées, ainsi que les opérations majeures de la phase 2, notamment celles prévues à Callelongue et aux Goudes. L’objectif est de favoriser une transparence totale et d’intégrer les retours d’expérience pour affiner les modalités d’exécution futures.

Le suivi de l’ensemble du chantier reste assuré via un site internet dédié, accessible à l’adresse https://calanques-de-marseille.ademe.fr/, qui continue d’être alimenté en informations actualisées. Ce portail détaille les avancées par site, les perspectives d’activités à venir et les spécificités de la seconde phase, offrant aux parties prenantes un outil fiable pour comprendre l’évolution du projet. Ce chantier, d’une envergure exceptionnelle dans un espace naturel protégé, illustre les défis de la dépollution industrielle legacy sur des territoires sensibles.

L’extension de cette première phase au-delà des dates prévues met en lumière la nécessité d’une gestion flexible face aux contraintes naturelles et opérationnelles. Les anciens dépôts de scories, vestiges d’activités industrielles passées, représentent un enjeu majeur pour la préservation du parc national des Calanques, tant sur le plan écologique que sanitaire. En priorisant la sécurisation des sites les plus exposés et en planifiant une restitution rapide des accès publics, les autorités démontrent une approche équilibrée entre urgence environnementale et continuité des usages récréatifs.

Cette révision du calendrier n’entame pas l’engagement global du projet, qui vise une neutralisation durable de ces pollutions historiques. La prolongation limitée jusqu’au 24 avril 2026 permet de consolider des avancées significatives sans prolonger indûment les restrictions d’accès. L’hiver intermédiaire servira de temps de respiration pour ajuster les stratégies, tandis que la communication proactive via la réunion publique et le site web renforce la confiance des acteurs locaux dans la maîtrise du dossier. Ainsi, malgré les contretemps, le chantier progresse vers son achèvement structuré, contribuant à la sauvegarde d’un patrimoine naturel unique au sud de Marseille.

Crédit photo : Préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur