Pendant cinq jours, Courbevoie transforme son centre événementiel en salle obscure et en forum citoyen. Le festival Atmosphères y déroule sa 16e édition du mercredi 7 au dimanche 11 octobre, au 7 boulevard Aristide Briand, à deux pas du quartier d’affaires de La Défense. Entièrement gratuite et ouverte à tous, la manifestation défend un cinéma à la fois engagé, créatif et accessible, qui croise les images, les arts et les sciences pour éclairer les grands bouleversements de l’époque. Climat, biodiversité, intelligence artificielle, manière d’habiter la ville ou de se nourrir : autant de sujets que le festival choisit d’aborder par l’émotion des récits plutôt que par les discours. Créé il y a plus de quinze ans, ce rendez-vous d’automne s’est imposé comme l’un des temps forts culturels des Hauts-de-Seine.
Le cœur de la semaine reste la projection. Une vingtaine de films sont présentés, pour beaucoup en avant-première et souvent accompagnés de leurs équipes : réalisateurs, productrices ou comédiens viennent échanger avec les spectateurs à l’issue des séances. Longs métrages de fiction, documentaires et courts métrages se partagent l’affiche, avec une compétition réservée au format court et un vote du public appelé à désigner ses coups de cœur. Fidèle à sa ligne, Atmosphères ne se contente jamais de montrer une œuvre : chaque projection devient le point de départ d’une conversation, d’un atelier ou d’une rencontre, dans une ambiance qui tient autant du festival que de l’université populaire. Les films retenus, parfois dévoilés bien avant leur sortie en salle, partagent une même attention portée au vivant, à la justice sociale et à l’avenir de la planète. Les meilleurs courts métrages sont récompensés à l’issue de la semaine, après la délibération d’un jury et le vote des spectateurs réunis dans la salle.
Car la programmation déborde largement l’écran. Tout au long de la semaine, tables rondes et conférences explorent la résilience face aux crises, le vivant, la géopolitique de l’alimentation ou la place grandissante de l’intelligence artificielle dans le quotidien. Une soirée spéciale consacrée aux liens entre arts et sciences réunit chercheurs, artistes et curieux autour d’expériences et de démonstrations accessibles à tous. Parmi les invités annoncés figurent l’explorateur Christian Clot, parrain de cette édition, et le neuroscientifique Albert Moukheiber, aux côtés de plusieurs cinéastes venus défendre leurs films. Le public peut ainsi passer, en quelques pas, d’une projection bouleversante à un débat nourri par des spécialistes de tous horizons, puis à un atelier où l’on met la main à la pâte.
Pensé comme un moment familial et intergénérationnel, le festival réserve aussi des séances et des ateliers aux plus jeunes, afin de les sensibiliser tôt aux enjeux écologiques et citoyens. Les scolaires sont attendus en journée, tandis que les soirées s’adressent à un public plus large, venu assister aux avant-premières. Gratuité oblige, l’accès se fait dans la limite des places disponibles : les organisateurs conseillent d’arriver en avance pour les rendez-vous les plus courus, à commencer par la soirée d’ouverture et le week-end de clôture. Le centre événementiel se rejoint aisément en transports, à quelques minutes du pôle de La Défense et de ses lignes de métro, de RER et de tramway.
En installant pareil événement au pied des tours de La Défense, Courbevoie assume une ambition : faire dialoguer la culture, la science et la vie de la cité, loin de l’image strictement économique du secteur. La ville, qui soutient la manifestation depuis ses débuts, y voit aussi un moyen de rassembler les générations autour de questions qui les concernent toutes.
Courbevoie : festival Atmosphères
Par Assia Bedja
Publié le 6 octobre 2026 à 16h03 – Temps de lecture : 4 minutes
