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Crash de la Caravelle Ajaccio-Nice : la justice va enfin repêcher les réacteurs

Par Moira O'Deorain
Publié le 8 septembre 2026 à 09h12 – Temps de lecture : 3 minutes

Cinquante-huit ans après la tragédie, la justice franchit enfin une étape décisive. Le procureur de Nice vient d’annoncer une opération inédite : remonter les réacteurs de la Caravelle Ajaccio-Nice, disparue en mer en 1968. Cette décision arrive à quelques jours des commémorations et redonne de l’espoir aux familles des victimes.

Le 11 septembre 1968, un avion Air France reliant Ajaccio à Nice s’est abîmé au large du cap d’Antibes. L’appareil transportait 89 passagers et 6 membres d’équipage. Aucun n’a survécu à ce crash, qui reste encore aujourd’hui l’accident aérien le plus meurtrier survenu en mer Méditerranée.

Personne n’a jamais établi les causes exactes de ce drame avec certitude. L’enquête officielle a évoqué un incendie d’origine indéterminée dans les toilettes arrière de l’appareil. Cependant, plusieurs proches de victimes défendent une autre thèse depuis des décennies : celle d’un tir de missile accidentel, parti depuis une zone d’exercice militaire proche du site du crash. La commission d’enquête de l’époque a pourtant écarté cette hypothèse.

Aujourd’hui, une information judiciaire reste ouverte à Nice pour soustraction de document ou d’objet lié à un crime ou délit. Ce dossier vise donc à percer les zones d’ombre qui entourent encore cette affaire. En octobre 2025, une première campagne de recherches sous-marines a permis de localiser plusieurs débris de l’épave. Pendant trois jours, des équipes ont exploré une zone de 8 kilomètres carrés, à 2 300 mètres de profondeur. Elles ont ainsi repéré des éléments de la queue de l’appareil et deux réacteurs, photographies à l’appui.

Grâce à ces résultats, le procureur Damien Martinelli juge désormais « pertinente » une nouvelle opération. Cette fois, il ne s’agira plus seulement d’observer l’épave, mais bien de remonter ses pièces principales à la surface. Plusieurs entités spécialisées ont donc reçu une demande officielle pour réaliser cette manœuvre délicate. Une structure publique a déjà donné un premier retour encourageant, en évaluant la durée de l’opération à environ six jours.

Ce lundi 7 septembre, le procureur et la juge d’instruction en charge du dossier ont reçu Mathieu Paoli, président de l’association des victimes, ainsi que son frère Louis et leurs trois avocats. Cette rencontre intervient à la veille des cérémonies commémoratives : Nice accueillera la sienne le 9 septembre, Ajaccio le 11 septembre. Pour ces familles, qui réclament cette opération depuis longtemps, l’annonce représente donc une avancée majeure.

Toutefois, personne n’a encore communiqué de date précise pour le lancement des opérations en mer. Les équipes doivent régler les derniers aspects techniques et logistiques d’une mission menée à plus de deux kilomètres de profondeur. Néanmoins, cette perspective inédite pourrait enfin éclairer certains aspects du crash, presque six décennies après le drame.

Ainsi, cette affaire illustre la détermination des familles à obtenir des réponses, malgré le temps qui passe. Ces réacteurs, longtemps invisibles au fond de la Méditerranée, pourraient bientôt révéler des indices précieux sur les circonstances exactes de ce naufrage aérien.