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Dengue, chikungunya, Zika : les autorités sanitaires appellent à la vigilance

Par Renaud Morelli
Publié le 1 mai 2026 à 14h01 – Temps de lecture : 4 minutes

Chaque année, la France métropolitaine entre à partir du 1er mai dans une période de surveillance renforcée des arboviroses, qui s’étend jusqu’au 30 novembre. Dans ce contexte, les autorités sanitaires rappellent que la lutte contre les moustiques vecteurs de maladies constitue un enjeu majeur de santé publique. Dengue, chikungunya, Zika ou encore virus du Nil occidental font partie des infections susceptibles d’être transmises, ce qui conduit les pouvoirs publics à renforcer les dispositifs de prévention et de contrôle.

L’année 2025 a marqué un tournant par l’ampleur inédite des cas observés sur le territoire métropolitain. Les données sanitaires font état d’un niveau record de transmission locale du chikungunya, avec 81 foyers identifiés et environ 809 cas autochtones recensés. Il s’agit du chiffre le plus élevé enregistré depuis la mise en place du système de surveillance renforcée en 2006. Cette augmentation s’explique en partie par des cas importés, notamment en lien avec l’épidémie survenue dans l’océan Indien, en particulier à La Réunion.

D’autres infections ont également été signalées. Trente cas autochtones de dengue ont été détectés en métropole, tandis que 60 cas confirmés d’infection par le virus du Nil occidental ont été recensés. Pour la première fois, certaines régions françaises ont même rapporté des cas locaux de chikungunya en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est et en Nouvelle-Aquitaine, ainsi que des cas de virus West Nile en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Normandie. Ces évolutions traduisent une extension progressive du risque sur le territoire.

La surveillance repose notamment sur l’obligation de signalement des maladies concernées par les professionnels de santé. Les cas, qu’ils soient importés ou autochtones et confirmés biologiquement, doivent être déclarés dans le cadre du dispositif des maladies à déclaration obligatoire. Les procédures ont récemment été modernisées avec la dématérialisation des formulaires Cerfa, facilitant ainsi la remontée des informations sanitaires.

Parallèlement, la présence du moustique tigre, Aedes albopictus, continue de progresser en France. Introduit en métropole au début des années 2000, ce moustique est désormais implanté dans 83 départements sur 96. Actif principalement entre mai et novembre, il représente un vecteur important de transmission pour plusieurs maladies tropicales. Sa progression géographique accroît mécaniquement le risque d’épisodes de transmission locale.

Dans ce contexte, les autorités sanitaires insistent sur l’importance des mesures de prévention, à la fois individuelles et collectives. La réduction des gîtes larvaires constitue l’un des leviers essentiels, notamment par l’élimination des eaux stagnantes dans les jardins, sur les balcons ou dans les équipements extérieurs. La protection contre les piqûres est également recommandée, avec le port de vêtements couvrants, l’usage de répulsifs cutanés et l’installation de moustiquaires aux fenêtres ou sur les couchages, en particulier pour les jeunes enfants.

Les risques ne se limitent pas au territoire national. Les virus circulent activement à l’échelle mondiale, en particulier en Amériques, en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, tandis que certaines épidémies touchent également les territoires ultramarins. Les autorités rappellent qu’un voyageur infecté peut, à son retour en métropole, transmettre le virus à un moustique local, lequel peut ensuite devenir un relais de contamination et favoriser l’apparition de nouveaux foyers autochtones.

Les recommandations sont donc renforcées pour les voyageurs se rendant dans des zones à risque. Il est conseillé de se protéger avant, pendant et après le séjour, et de consulter un médecin en cas de symptômes tels que fièvre, douleurs ou éruptions cutanées, en mentionnant systématiquement un voyage récent.

Face à la progression du moustique tigre et à l’augmentation des cas observés, les autorités sanitaires appellent à une mobilisation générale. La prévention individuelle, associée à la surveillance épidémiologique et aux actions de terrain, reste considérée comme le principal levier pour limiter la diffusion de ces maladies en France métropolitaine.