Le Département des Hauts-de-Seine vient de publier un nouvel appel à projets qui prolonge et intensifie une dynamique amorcée depuis l’adoption en 2023 d’une stratégie départementale pluriannuelle en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce dispositif s’inscrit dans une politique structurée portée par l’exécutif départemental pour faire progresser l’égalité au quotidien sur le territoire alto-séquanais. Lancée dans un contexte où cette collectivité s’est engagée à lutter contre toutes les formes de discriminations et à promouvoir l’autonomie des femmes, cette nouvelle initiative vise à mobiliser les acteurs associatifs et les fondations sans but lucratif autour de projets concrets et mesurables.
Le plan d’action adopté en 2023 par le Département pose les fondements d’une politique d’égalité ambitieuse, avec des axes d’intervention qui se déploient depuis plusieurs années. Cette stratégie s’articule autour de la promotion de l’égalité des chances, la sensibilisation des jeunes aux questions de respect et de non-discrimination, ainsi que la lutte contre les violences faites aux femmes, appuyée notamment par la mise en place d’un observatoire départemental dédié. Sur ce socle, le Département entend renforcer la participation des associations à la mise en œuvre de solutions innovantes et adaptées aux besoins du terrain.
L’appel à projets, ouvert jusqu’au 13 mars 2026 à minuit, s’adresse exclusivement aux structures associatives et fondations à but non lucratif disposant d’un bilan comptable pour l’année 2024. Les initiatives retenues devront atteindre une portée supra-communale, c’est-à-dire bénéficier à au moins deux communes du territoire. Cette exigence vise à encourager des réponses qui dépassent les frontières locales et engagent une dynamique collective sur l’ensemble du département.
Les propositions doivent s’inscrire dans au moins l’un des quatre objectifs prioritaires définis par le Département, chacun répondant à des enjeux spécifiques d’égalité et d’inclusion. Tout d’abord, le développement de l’éducation numérique auprès des collégiens est envisagé comme un levier pour lutter contre le cyberharcèlement sexiste ou sexuel, prévenir les atteintes à la vie privée en ligne et sensibiliser les jeunes à une représentation équilibrée des genres dans les médias sociaux. Intervenir tôt sur ces questions est perçu comme essentiel pour transformer les comportements et déconstruire les stéréotypes qui se manifestent dans les usages numériques des adolescents.
Un second axe porte sur la prévention des violences sexistes et sexuelles chez les jeunes. L’objectif affiché du Département est d’encourager l’émergence d’une culture du respect et de contrer les comportements violents avant qu’ils ne s’enracinent. Dans ce cadre, les projets susceptibles d’être soutenus doivent proposer des actions de sensibilisation, d’éducation et d’accompagnement qui permettent aux jeunes de repérer, comprendre et contester les situations de violence ou de discrimination.
Le troisième objectif vise à favoriser l’insertion professionnelle des femmes, en particulier dans les Quartiers prioritaires de la Politique de la Ville (QPV). Il s’agit d’agir sur les barrières structurelles qui limitent l’accès des femmes à des emplois durables et valorisants, en renforçant leur confiance en elles et en stimulant des parcours d’accompagnement ou de mentorat. Les projets peuvent inclure des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat, des ateliers de développement de compétences ou des dispositifs de networking destinés à lever les autocensures et ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles.
Le quatrième et dernier axe concerne le développement de la pratique sportive des adolescentes et des femmes, toujours avec une attention particulière portée aux Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville. Il s’agit de promouvoir l’accès au sport et aux activités culturelles dans une logique d’égalité, tout en encourageant la mixité dans les pratiques culturelles et l’accès aux lieux culturels. Ce volet s’inscrit dans une vision globale de l’émancipation sociale et physique des femmes, en reconnaissant le rôle du sport et de la culture comme vecteurs d’inclusion et de confiance en soi.
Sur le plan financier, le Département propose un accompagnement par le biais de subventions pouvant atteindre 15 000 euros par projet. Ce soutien couvre jusqu’à 80 % des dépenses de fonctionnement éligibles — telles que les frais de personnel, le matériel, les déplacements ou encore les actions de communication — indispensables à la mise en œuvre des actions prévues. Les dépenses d’investissement ne sont pas prises en charge, ce qui oriente les financements vers des projets directement centrés sur l’impact social et opérationnel.
Le versement des fonds s’effectue en deux temps. Une première tranche correspondant à 50 % du montant accordé est débloquée après la signature d’une convention entre la structure porteuse et le Département. Le solde est versé à la fin du projet, après évaluation des résultats et examen d’un bilan détaillé qui inclut une appréciation qualitative et quantitative des actions réalisées. Une démarche d’évaluation structurée, fondée sur des indicateurs de suivi et d’impact, est exigée de toutes les initiatives retenues afin d’assurer la pertinence et l’efficacité des interventions soutenues.
Département : engagement pour l’égalité femmes-hommes
Par Gilbert Caron
Publié le 27 janvier 2026 à 13h58 – Temps de lecture : 5 minutes
