Élu maire de Nice il y a peu, Éric Ciotti poursuit son ascension. Jeudi 9 avril, il a pris la présidence de la Métropole Nice Côte d’Azur. Il succède ainsi à Christian Estrosi, qu’il avait déjà battu lors des municipales. Sans surprise, le vote s’est déroulé sans suspense. Seul en lice, il a obtenu 108 voix sur 115 votants.
Cette élection marque un tournant local. La métropole regroupe 51 communes et environ 500 000 habitants. Elle s’étend du littoral niçois jusqu’aux stations de montagne comme Isola 2000. Désormais, cette structure stratégique passe sous une nouvelle direction politique, renforçant l’ancrage de la droite dure dans la région.
Dès le départ, l’issue du scrutin ne faisait guère de doute. D’une part, Éric Ciotti dispose d’un solide réseau local. D’autre part, il bénéficie d’alliances importantes, notamment avec certains élus proches du Rassemblement national. À cela s’ajoute son influence acquise au fil des années au conseil départemental. Grâce à ces appuis, il a su convaincre une majorité d’élus, y compris dans les petites communes.
Ensuite, cette victoire s’explique aussi par des liens construits sur le terrain. Dans plusieurs territoires, notamment dans la vallée de la Vésubie, il entretient une proximité ancienne avec les maires. En parallèle, son rôle passé au département lui a permis de collaborer régulièrement avec de nombreux élus. Cette relation de confiance a pesé dans le vote.
Par ailleurs, son entourage promet un changement de méthode. Il évoque une gestion plus ouverte et un dialogue renforcé avec l’opposition. Certains élus restent toutefois prudents. Juliette Chesnel-Le Roux, issue de la gauche, attend de voir si ces engagements seront respectés dans les faits. Elle note néanmoins que le nouveau maire de Nice a déjà laissé davantage de place à l’opposition lors des conseils municipaux.
De leur côté, les proches de Christian Estrosi adoptent un ton plus mesuré qu’auparavant. Pierre-Paul Leonelli, ancien soutien actif de l’ex-maire, se dit prêt à travailler de manière constructive. Il appelle à éviter les conflits politiques inutiles et souhaite privilégier la coopération au sein de la métropole. Cette position tranche avec les tensions observées pendant la campagne.
Cependant, les critiques de l’ancienne gestion restent présentes. Certains élus dénoncent un fonctionnement jugé trop centralisé autour de Nice. Ils reprochent aussi un manque d’écoute envers les autres communes. À l’inverse, la nouvelle majorité promet une organisation plus équilibrée et plus attentive aux territoires.
En parallèle, les questions budgétaires occupent une place centrale. La dette de la métropole inquiète. Éric Ciotti annonce donc un audit pour clarifier la situation financière. Il souhaite également réduire certaines dépenses, notamment les indemnités des élus. L’objectif affiché reste simple : mieux contrôler les finances publiques et limiter les projets jugés trop coûteux.
Dans cette logique, plusieurs décisions pourraient évoluer. Par exemple, le projet de tramway entre Nice et Cagnes-sur-Mer divise. Certains élus préfèrent développer des lignes de bus plus rapides et moins onéreuses. Ce débat illustre les choix à venir en matière d’aménagement.
Enfin, le nouveau président veut afficher une ligne claire. Il insiste sur trois priorités : rigueur budgétaire, efficacité et apaisement politique. Il affirme vouloir diriger la métropole de manière plus collective. Reste à savoir si cette promesse se traduira concrètement dans les prochains mois.

