Du vendredi 9 au dimanche 11 octobre, le château de Fontainebleau rouvre sa Salle de bal à la musique de cour. Baptisée « Les Concerts de la Reine », cette série de trois représentations place Marie-Antoinette au cœur de la programmation d’automne du domaine national. L’orchestre et le chœur des ensembles Balthasar Neumann, réunis sous la direction du chef allemand Thomas Hengelbrock, y interpréteront des œuvres signées des compositeurs favoris de la souveraine. Le rendez-vous prolonge, dans l’un des décors les plus emblématiques du monument, la grande saison que l’établissement consacre cette année à la dernière reine de France, figure dont l’histoire reste indissociable des lieux.
Le choix du calendrier n’a rien d’anodin. Il y a deux cent quarante ans, à l’automne 1786, Marie-Antoinette et Louis XVI effectuaient leur ultime séjour à Fontainebleau, résidence que la cour fréquentait traditionnellement à la saison des chasses. En renouant avec ce répertoire, le château entend restituer l’atmosphère sonore de ces semaines d’apparat, lorsque la musique rythmait la vie quotidienne des appartements royaux, du lever au souper. Mélomane avertie, la reine avait attiré à Paris des artistes qu’elle admirait, à commencer par Christoph Willibald Gluck, son ancien maître de musique à Vienne, dont elle soutint les créations sur les scènes françaises.
L’initiative n’est pas isolée. Tout au long de l’année, le domaine national a fait de Marie-Antoinette le fil rouge de sa saison, multipliant expositions, visites thématiques et rendez-vous destinés à éclairer le lien singulier qui unit la souveraine à Fontainebleau. Les concerts d’octobre en forment l’un des points d’orgue : ils donnent à entendre ce que les documents se contentent de décrire, le goût musical d’une époque et d’une femme qui, de Vienne à Versailles, n’a cessé de protéger les artistes. Le public est ainsi invité à vivre le patrimoine autrement, par l’oreille autant que par le regard.
La Salle de bal ajoute encore au prestige de l’événement. Chef-d’œuvre de la Renaissance voulu par François Ier et achevé sous Henri II, cette vaste galerie aux fresques restaurées et au plafond à caissons offre aux partitions un écrin à la hauteur de leur ambition. Rarement rendue à des représentations musicales, elle permettra au public de redécouvrir, le temps d’une soirée, un espace conçu dès l’origine pour les fêtes, les banquets et les réjouissances de la cour.
Côté pratique, les deux premières soirées, le vendredi 9 et le samedi 10 octobre, débuteront à 19 h 30. La représentation du dimanche 11 octobre se tiendra, elle, à 15h. Chaque concert durera environ soixante-dix minutes, sans entracte. Les tarifs s’échelonnent de 20 € en tarif réduit à 27 € en plein tarif ; une formule à 44 € associe le concert et le billet d’entrée du château, pour celles et ceux qui souhaitent compléter la soirée par la visite des collections. La réservation s’effectue en ligne, sur la billetterie du domaine national, où le nombre de places demeure limité. Pour s’y rendre, le château reste aisément accessible par le train depuis la capitale, la gare de Fontainebleau-Avon étant reliée au centre-ville et aux abords du domaine par un service de bus.
Ces trois dates ne constituent qu’une première étape. Les week-ends des 17-18 et des 24-25 octobre, le monument proposera des « promenades musicales » dans ses salles les plus prestigieuses, mêlant visite commentée et interludes joués par les musiciens en résidence. Fondés il y a plus de trente ans par Thomas Hengelbrock, les ensembles Balthasar Neumann se sont fait une spécialité d’une interprétation fidèle aux instruments et aux usages d’époque, gage d’exigence pour un tel programme. Installé à Fontainebleau depuis le printemps, le chef y poursuit une résidence qui ouvre, le 9 octobre, une nouvelle saison musicale courant jusqu’au 30 mai 2027.
Fontainebleau : concerts de la Reine
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 5 octobre 2026 à 15h38 – Temps de lecture : 4 minutes
