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Fréjus renforce la protection de ses agents avec WaryMe

Par Christof Lorenzo
Publié le 14 février 2026 à 12h32 – Temps de lecture : 4 minutes

À Fréjus, la sécurité des agents municipaux passe désormais par un outil numérique intégré à leur quotidien professionnel. Depuis plusieurs mois, la municipalité renforce le déploiement de l’application WaryMe, un dispositif conçu pour protéger les personnels exposés à des situations à risque. Près de 600 agents communaux en sont aujourd’hui équipés, confirmant l’ampleur prise par cette solution technologique dans l’organisation des services municipaux.

La Fréjus fait figure de pionnière en France dans l’adoption de ce système. L’outil s’adresse en priorité aux agents confrontés à des contextes sensibles ou travaillant en isolement, en particulier au sein des établissements scolaires. Pour ces professionnels, l’enjeu ne se limite pas à la gestion d’un incident avéré, mais concerne aussi la prévention et la capacité à réagir sans délai. Stéphanie Kellermann, directrice de l’école maternelle Aurélien, souligne l’impact concret du dispositif dans son quotidien : la possibilité d’alerter instantanément la Police municipale et ses collègues constitue, selon elle, un facteur de sérénité supplémentaire. L’application, accessible directement depuis un téléphone portable, devient un canal de communication immédiat en cas de difficulté.

Le système repose sur une architecture complète. Trois fonctions principales structurent son usage. La première est l’alerte de détresse. Elle peut être déclenchée manuellement via un bouton SOS, mais aussi automatiquement grâce à un mécanisme de Protection du Travailleur isolé. En cas de chute ou d’immobilité prolongée, l’alerte se déclenche sans intervention humaine, réduisant le risque qu’une situation critique reste sans réponse.

La deuxième fonction concerne la gestion de crise. L’application permet de coordonner les actions en temps réel lors d’événements majeurs, tels qu’une intrusion ou un attentat. Les plans de sécurité sont intégrés et peuvent être activés numériquement, notamment le Plan particulier de Mise en Sûreté dans les établissements scolaires. Cette digitalisation des protocoles facilite leur diffusion et leur mise en œuvre, tout en assurant une traçabilité des consignes transmises.

Troisième pilier du dispositif : la communication de masse. En quelques secondes, des consignes de sécurité peuvent être envoyées à l’ensemble des utilisateurs d’un bâtiment ou d’une zone géographique déterminée. Cette capacité de diffusion ciblée constitue un levier stratégique pour contenir un incident et éviter la propagation de rumeurs ou d’informations contradictoires.

Sur le plan technique, la solution se distingue par sa robustesse. Contrairement à un appel téléphonique classique, susceptible de subir des saturations lors d’événements graves, le système repose sur une technologie dédiée. Dès l’activation d’une alerte, une écoute d’ambiance s’enclenche automatiquement. Les services de secours peuvent ainsi analyser en temps réel la situation et évaluer la nature de l’incident, qu’il s’agisse d’une agression, d’un malaise ou d’un autre événement nécessitant une intervention.

La géolocalisation constitue un autre atout opérationnel. Grâce à des balises Bluetooth installées à l’intérieur des bâtiments municipaux, la position précise de l’agent peut être identifiée, y compris dans des espaces où le GPS montre ses limites, comme les parkings souterrains ou les structures complexes. Cette précision réduit le délai d’intervention et optimise le déploiement des équipes de secours.

Le dispositif a déjà démontré son efficacité lors d’interventions consécutives à des agressions verbales ou physiques. Le protocole prévoit une coordination étroite entre la Police municipale et la Police nationale, garantissant une réponse rapide et structurée. L’enjeu, pour la collectivité, est double : protéger ses agents tout en assurant la continuité du service public.