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Grand Paris Express : la ligne 19 en étude

Par Gilbert Caron
Publié le 12 février 2026 à 12h27 – Temps de lecture : 5 minutes

Le projet de ligne 19 du Grand Paris Express franchit une étape importante avec la présentation d’une première étude d’opportunité, portée par le Département du Val-d’Oise et réalisée par les cabinets Systra France et Mensia. À travers ce travail, la collectivité entend poser les bases d’un nouveau grand axe de mobilité capable de répondre aux difficultés structurelles rencontrées par les habitants et les acteurs économiques du territoire, tout en contribuant à un rééquilibrage plus large du réseau de transports francilien.
Lors de la restitution de cette étude, Marie-Christine Cavecchi, présidente du Département, a rappelé l’ampleur des enjeux. Pour elle, le territoire a besoin d’un véritable changement d’échelle en matière de transports, afin de transformer en profondeur une offre aujourd’hui insuffisante au regard des usages réels. Des trajets plus rapides, des parcours plus lisibles et des correspondances mieux pensées constituent, selon elle, les leviers essentiels pour améliorer le quotidien des usagers. Dans ce contexte, la ligne 19 apparaît comme une réponse structurante, ouvrant de nouvelles perspectives de déplacements pour des Franciliens bien au-delà du seul Val-d’Oise. Elle s’inscrit, selon la présidente, dans la nécessité d’un « acte II » du Grand Paris Express, devenu indispensable pour accompagner l’évolution de la région.
Menée au second semestre 2025, l’étude confiée à Systra France, en partenariat avec Mensia, a été conçue comme un outil d’aide à la décision. Elle vise à éclairer la collectivité et ses partenaires sur les effets potentiels de cette nouvelle ligne, qu’il s’agisse de fréquentation, d’accessibilité, de désaturation des infrastructures existantes ou encore de financement.
Le diagnostic de départ met en lumière une situation très contraignante pour les usagers. Dans le corridor étudié, près de 580 000 actifs utilisent quotidiennement les transports en commun pour se rendre au travail. Soumis à des conditions d’exploitation parfois aléatoires, ils subissent des temps de trajet longs et complexes, ce qui conduit une partie d’entre eux à se détourner du transport collectif au profit de la voiture individuelle. Les chiffres sont éloquents : dans le Val-d’Oise, 38 % des actifs passent plus de deux heures par jour dans les transports, contre 15 % en Seine-Saint-Denis et 13 % dans le Val-de-Marne. Ce temps contraint pèse sur la qualité de vie, freine l’activité économique et limite les possibilités personnelles des habitants.
Malgré les avancées du Grand Paris Express, le Val-d’Oise reste marqué par l’image du « département des deux correspondances », où les déplacements nécessitent souvent une succession de changements. La future ligne 19 ambitionne de rompre avec cette réalité en offrant de nombreuses connexions avec le réseau existant et en projet. Elle permettrait notamment des correspondances avec les RER B, C, D et E, les lignes Transilien H, J et L, les métros 15, 17 et 18, ainsi que plusieurs lignes de tramway. Ce maillage renforcerait l’accès aux grands pôles régionaux et constituerait un choc d’offre de transport bénéfique à l’ensemble des Valdoisiens.
L’intérêt de la ligne 19 dépasse les frontières du Val-d’Oise. Dans les Yvelines, des communes comme Houilles et Sartrouville seraient directement concernées, avec des complémentarités fortes avec le projet de prolongement de la ligne 18 entre Versailles et Nanterre La Folie. Dans les Hauts-de-Seine, le tracé toucherait des secteurs à forte concentration d’emplois, notamment autour de la Zac de Nanterre-La Folie, et desservirait près de 100 000 habitants à La Garenne-Colombes et Colombes, tout en soulageant le tramway T2. En Seine-Saint-Denis, plusieurs communes bénéficieraient de nouvelles correspondances avec les tramways existants, tandis qu’à Paris, la ligne contribuerait à désengorger les gares du Nord et de l’Est.
L’étude explore trois grandes familles de tracés, issues d’une analyse fine des dynamiques économiques, sociales, urbaines et environnementales. Au total, 55 gares potentielles ont été étudiées dans 29 communes, entre Paris La Défense et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Selon les scénarios, la fréquentation pourrait atteindre entre 20 000 et 29 000 voyageurs à l’heure de pointe du matin, un niveau supérieur à celui de plusieurs lignes déjà programmées du Grand Paris Express. Les tracés envisagés s’étendent sur 28 à 37 kilomètres, avec 7 à 15 gares, et permettraient de desservir environ 300 000 habitants et 170 000 emplois situés à moins de 800 mètres d’une station.
À ce stade, il ne s’agit pas de retenir un tracé définitif, mais d’explorer différentes options. Le premier scénario propose deux variantes entre Nanterre-La Folie et Gonesse, l’une privilégiant la rapidité et les correspondances avec les grands modes, l’autre une desserte plus fine du territoire. Le deuxième scénario s’appuie sur un tronc commun jusqu’à Villiers-le-Bel, avec deux prolongements possibles vers Roissy-Charles-de-Gaulle. Le troisième permet d’évaluer l’opportunité d’une desserte du nord-est des Yvelines. Les coûts estimés varient de 4,8 à 6,7 milliards d’euros, hors matériel roulant, plaçant la ligne 19 dans la moyenne basse des coûts au kilomètre du réseau du Grand Paris Express.