Ce vendredi 25 septembre, à 11h, une cérémonie se tient devant le Monument aux morts d’Issy-les-Moulineaux, square Bonaventure-Leca. Autorités civiles et militaires, associations d’anciens combattants et familles s’y retrouvent pour la journée nationale d’hommage aux harkis et aux autres membres des formations supplétives. Un message officiel y est lu, comme dans chaque commune où l’on marque cette date.
Depuis 2003, le 25 septembre est officiellement dédié, partout en France, au souvenir de ces hommes qui ont servi aux côtés de l’armée française pendant la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962. Le mot « harki » vient de l’arabe « harka », qui désigne un mouvement : il renvoie aux unités supplétives engagées sur le terrain aux côtés des soldats, aux moghaznis et aux autres personnels assimilés.
Leur histoire est marquée par le drame. À l’indépendance de l’Algérie, en 1962, nombre de ces combattants et leurs familles se sont retrouvés en grand danger. Ceux qui ont pu rejoindre la France ont souvent été accueillis dans des conditions difficiles, parfois regroupés dans des camps ou des hameaux de forestage, à l’écart du reste de la population. Il aura fallu des décennies de mobilisation pour que la République reconnaisse pleinement les épreuves traversées et les manquements de l’État à leur égard.
Cette reconnaissance a franchi une étape importante avec la loi adoptée en 2022, qui a affirmé la responsabilité de la Nation dans les conditions d’accueil réservées aux harkis et à leurs proches, et ouvert un dispositif de réparation. La journée du 25 septembre s’inscrit dans ce long cheminement mémoriel, entre hommage rendu aux disparus et devoir de transmission auprès des plus jeunes générations.
Partout dans le pays, un même message des autorités est lu ce jour-là, dans les préfectures comme sur les places de village. Cette solennité partagée rappelle que l’hommage n’est pas seulement local : il engage l’État, qui a longtemps tardé à regarder en face cette part douloureuse de son histoire, entre abandon d’anciens compagnons d’armes et accueil indigne sur le sol français.
Le choix d’Issy-les-Moulineaux pour accueillir la commémoration à l’échelle du département n’est pas neutre. Les Hauts-de-Seine, comme toute l’Île-de-France, comptent de nombreuses familles issues de cette histoire, installées de longue date dans les communes du territoire. Rassembler élus, militaires et descendants autour d’un même monument permet d’ancrer localement une mémoire nationale qui, longtemps, est restée dans l’ombre.
Dans les Hauts-de-Seine, des associations et des familles veillent depuis longtemps à ce que cette mémoire ne s’éteigne pas. Elles réclament que les jeunes générations, souvent éloignées d’événements vieux de plus de soixante ans, en comprennent les enjeux. La cérémonie d’Issy, à quelques pas des habitations, se veut un relais concret de cette transmission, à hauteur de quartier.
Au-delà du recueillement, la matinée se veut aussi un moment de pédagogie. Les prises de parole rappellent le parcours de ces supplétifs, le sens de leur engagement et les promesses non tenues qui ont suivi. Pour les organisateurs, il s’agit de faire vivre le souvenir sans le figer, afin que les habitants, et notamment les scolaires, connaissent une page souvent méconnue de l’histoire commune de la France et de l’Algérie.
Issy-les-Moulineaux : hommage aux harkis
Par Assia Bedja
Publié le 22 septembre 2026 à 15h51 – Temps de lecture : 3 minutes
