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La France en tête du Fonds pour l’innovation européen

Par Gilbert Caron
Publié le 7 novembre 2025 à 15h35 – Temps de lecture : 4 minutes

La France se distingue une nouvelle fois sur la scène européenne de l’innovation en se hissant au premier rang du dernier appel à projets du Fonds pour l’innovation, avec quatorze projets retenus, loin devant l’Espagne, qui en compte six, et la Finlande, la Norvège et la Belgique, chacune avec cinq. Cette performance illustre la capacité du pays à combiner excellence industrielle, ambition environnementale et compétitivité internationale.

Le Fonds pour l’innovation, financé par la vente de quotas de CO₂ dans le cadre du système d’échange européen, est l’un des instruments majeurs de soutien aux technologies de rupture favorisant la transition écologique. Chaque année, la Commission européenne lance des appels à projets pour identifier et accompagner les initiatives capables de transformer durablement l’industrie européenne en faveur du climat. En France, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) joue le rôle de point de contact national et travaille en étroite collaboration avec la Direction générale des entreprises (DGE) pour soutenir les porteurs de projets.

Cette édition du Fonds pour l’innovation met l’accent sur les technologies bas carbone et révèle l’ampleur de l’engagement français. Parmi les quatorze projets retenus, plusieurs visent à décarboner les procédés industriels traditionnels, tandis que d’autres explorent des solutions énergétiques innovantes et des technologies numériques au service de la transition écologique. Le montant total des projets français s’élève à plus de 650 millions d’euros, à conventionner avec la Commission européenne.

Parmi les projets emblématiques figurent AirvaultGoCO2 (photo – ©Heidelberg Materials), porté par Heidelberg Materials, visant à réduire les émissions d’une cimenterie grâce à la capture et au stockage du carbone, ainsi que les deux projets ReStart et DEZiR, développés par Verso Energy pour la production de carburants électro-durables. Vicat poursuit également sa trajectoire avec le projet VAIA, visant à réduire l’empreinte carbone de sa cimenterie de Montalieu. Dans le domaine du recyclage, Greenfield Biogaz ambitionne de limiter les émissions de CO₂ dans le traitement du papier à Château-Thierry.

D’autres initiatives ouvrent des perspectives pour la mobilité et les énergies renouvelables. Safran Electrical & Power industrialisera un moteur électrique pour aéronefs, Idex Infra développera des biocarburants à partir de déchets de bois, tandis que Tenergie, avec le projet Leymel, combinera stockage d’énergie et photovoltaïque flottant pour renforcer la résilience du réseau électrique. Orano Hydro Recycling et Mecaware concentrent leurs efforts sur le recyclage des batteries lithium-ion et la production de composants pour véhicules électriques. Des projets comme Wattraxis et Fos3F illustrent l’essor de l’éolien et du photovoltaïque flottant, renforçant la place de la France dans les filières des énergies renouvelables.

Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, se félicite de cette réussite : « Cette distinction de la France sur la première marche du podium du dernier appel à projet du Fonds pour l’innovation témoigne de la capacité de notre industrie à innover et à relever les défis de la transition écologique. Elle montre que la France est pleinement engagée dans le développement de technologies bas carbone d’avenir, compétitives et exportables. Je salue l’engagement des lauréats, qui participent activement à renforcer notre souveraineté industrielle tout en contribuant à l’atteinte de nos objectifs climatiques. »

Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, ajoute : « La sélection de quatorze projets français par le Fonds européen pour l’innovation confirme la place de la France parmi les nations industrielles capables d’allier indépendance stratégique, compétitivité, innovation et transition écologique. Ces projets illustrent la force de notre tissu industriel et la qualité de nos filières, qui développent des solutions concrètes pour décarboner l’économie européenne et sécuriser nos approvisionnements en matières premières. À travers cet engagement, la France contribue pleinement à l’ambition climatique de l’Union européenne et démontre que l’industrie est un moteur de progrès, de croissance et de cohésion sociale au service de l’intérêt général. »