Au Pradet, le quartier des Oursinières s’apprête à changer de visage. La Métropole Toulon Provence Méditerranée et la commune ont engagé la requalification complète de ce petit port, l’un des sites les plus pittoresques du littoral métropolitain. Très prisé des promeneurs comme des familles, ce mouillage attire une foule importante dès les premiers beaux jours. En ce printemps 2026, le projet entre dans sa phase d’études décisive, avant des travaux attendus à partir de l’automne 2027. L’opération vise un double objectif. Il s’agit d’adapter ce secteur fragile aux effets du changement climatique, tout en préservant l’esprit familial et provençal qui fait son identité.
Le constat est désormais partagé. Niché au creux d’une anse, le port des Oursinières concentre une fréquentation forte et des usages multiples sur un espace réduit. Or ses digues et ses quais vieillissent, alors que la montée du niveau de la mer et l’intensification des tempêtes accroissent le risque de submersion marine. Les épisodes méditerranéens, plus violents d’année en année, fragilisent en effet des ouvrages conçus pour une autre époque. C’est pourquoi la collectivité a choisi une approche globale plutôt que de simples réparations ponctuelles. Concrètement, le chantier associera la reconfiguration des abords portuaires, des terre-pleins, des accès et des parkings à la création de nouvelles zones de promenade et de mobilités douces.
La sécurisation du site forme le cœur du projet. La Métropole prévoit en effet de moderniser et de mettre en conformité les digues et les quais pour mieux résister aux assauts de la mer. Cette remise à niveau protégera les biens et les personnes lors des coups de mer, mais elle servira aussi la vie quotidienne du port. Les travaux comprennent ainsi la pacification du plan d’eau et la sécurisation de la zone de baignade, deux conditions essentielles pour que plaisanciers, nageurs et promeneurs cohabitent sereinement.
L’attention portée aux usages constitue l’autre grand axe de l’aménagement. Le projet maintient toutes les fonctions actuelles du site, de la plaisance à la navigation, en passant par la baignade et la restauration. Les places de bateau, la cale de mise à l’eau, l’aire de carénage et même les terrains de pétanque seront conservés. Par ailleurs, les déplacements doux gagneront du terrain. Cette orientation répond à une demande croissante des usagers, soucieux de rejoindre le port autrement qu’en voiture. Le site accueillera du stationnement pour les vélos ainsi qu’un parking accessible aux personnes à mobilité réduite et équipé pour les véhicules électriques. Une promenade piétonne sécurisée reliera l’ensemble, dans la logique d’un littoral plus apaisé et plus partagé.
Le cadre de vie n’est pas oublié. Pour redonner toute sa place à la mer, la capitainerie sera déplacée afin d’ouvrir les vues et de dégager l’accès au rivage. En parallèle, l’enfouissement des lignes électriques et téléphoniques allègera le paysage et confortera le caractère provençal du quartier. Face aux étés de plus en plus chauds, le projet prévoit en outre la création d’îlots de fraîcheur et de zones ombragées. Ces espaces plantés offriront aux habitants comme aux visiteurs des points de repos bienvenus, tout en limitant l’effet d’îlot de chaleur sur les surfaces minérales.
Le calendrier traduit l’ampleur de l’opération. La Métropole a notifié le marché de maîtrise d’œuvre dès 2023, puis présenté les grandes lignes du projet lors d’une réunion publique le 22 mai 2025. Depuis, l’équipe conçoit le projet et conduit les études réglementaires, un travail qui se poursuit jusqu’à l’été 2026. Dès le mois de juin, une enquête publique permettra aux habitants de consulter le dossier et de faire valoir leurs observations. Cette étape, obligatoire pour un projet de cette envergure, marque un temps fort de la concertation avec les riverains. Les premiers travaux maritimes débuteront ensuite à l’automne 2027, avant les aménagements terrestres programmés à l’horizon 2028.
Reste la question du financement, à la hauteur des ambitions affichées. L’opération représente un investissement total de 16 millions d’euros toutes taxes comprises. La Métropole Toulon Provence Méditerranée en assume 7,5 millions, tandis que la Ville du Pradet apporte 8,5 millions. Cet engagement conjoint illustre la volonté des deux collectivités de préparer l’avenir d’un site emblématique. À terme, les Pradétans et les nombreux visiteurs retrouveront un port mieux protégé, plus accessible et toujours fidèle à son atmosphère, où la vie de village continuera de se mêler à celle de la mer.

