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La Région Sud aide à rouler au bioéthanol

Par Marcel Grenay
Publié le 17 septembre 2026 à 13h30 – Temps de lecture : 4 minutes

La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur a ouvert ce lundi 15 septembre 2026 un nouveau dispositif d’aide destiné aux automobilistes. Baptisé Chèque transition bioéthanol, il accompagne les ménages qui souhaitent équiper leur voiture essence pour rouler au superéthanol E85. La collectivité poursuit un objectif double. Elle veut d’abord alléger la facture de carburant des foyers les plus modestes. Elle entend aussi encourager une mobilité moins polluante sur l’ensemble du territoire régional.

Concrètement, l’aide prend la forme d’un forfait de 250 euros par foyer fiscal. Cette somme finance la fourniture et la pose d’un boîtier E85 homologué sur un véhicule essence. Un professionnel agréé doit réaliser l’opération, condition indispensable pour garantir la fiabilité et la sécurité du montage. La Région Sud a doté le programme d’une enveloppe globale de 500 000 euros. Ce budget permettra d’équiper environ 2 000 véhicules. Le dispositif s’adresse uniquement aux foyers non imposables, ceux pour qui le poste carburant pèse le plus lourd dans le budget mensuel. Pour cibler ces ménages, la Région se fonde sur l’avis d’imposition, un critère simple qui écarte les foyers aisés et concentre l’effort public là où il change vraiment la donne.

Le superéthanol E85 reste encore méconnu de nombreux conducteurs. Il s’agit d’un carburant composé jusqu’à 85 % de bioéthanol, produit à partir de betterave, de céréales ou de résidus agricoles cultivés en France. Cette origine locale constitue d’ailleurs un atout supplémentaire, car elle soutient les filières agricoles françaises et limite la dépendance au pétrole importé. À la pompe, son prix se situe nettement en dessous de celui de l’essence classique, souvent autour de la moitié. Un moteur essence ne peut toutefois pas l’utiliser sans adaptation. C’est précisément le rôle du boîtier de conversion. Ce petit équipement électronique ajuste l’injection pour que le moteur fonctionne correctement avec l’E85. Une fois installé, il laisse le conducteur rouler indifféremment à l’essence ou au superéthanol, selon ce qu’il trouve en station.

L’intérêt économique explique en grande partie l’engouement pour cette solution. Pour un ménage qui parcourt de longues distances chaque semaine, l’écart de prix à la pompe se traduit vite par plusieurs centaines d’euros d’économies sur une année. Le boîtier, dont l’installation dépasse rarement quelques centaines d’euros, se rembourse alors en quelques mois. En prenant en charge une partie de cette dépense initiale, la Région lève l’un des principaux freins à la conversion. Elle rend ainsi accessible aux foyers modestes une technologie souvent réservée à ceux qui peuvent avancer les frais.

Les automobilistes intéressés disposent d’un peu plus de six semaines pour déposer leur demande. Le guichet est ouvert depuis ce lundi et se refermera le 30 octobre 2026. Tout se passe en ligne, sur le portail des aides de la Région Sud, où chacun peut constituer et suivre son dossier. Le réseau de stations proposant l’E85 s’est par ailleurs étoffé ces dernières années dans la région, ce qui rend le plein de superéthanol de plus en plus facile au quotidien. La collectivité invite les candidats à ne pas trop attendre, car l’enveloppe est limitée et les demandes seront honorées dans l’ordre d’arrivée.

Ce coup de pouce n’a rien d’une nouveauté improvisée. La Région Sud soutient en effet la conversion au bioéthanol depuis 2018. Entre cette date et 2024, près de 10 000 véhicules ont profité de son accompagnement. Ce bilan témoigne d’un dispositif désormais rodé, qui a déjà fait ses preuves auprès des habitants. La nouvelle campagne prolonge donc une politique installée dans la durée, plutôt qu’un geste ponctuel.

Au-delà du gain immédiat pour chaque conducteur, la démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de transition écologique. Le bioéthanol émet moins de gaz à effet de serre que l’essence sur l’ensemble de son cycle de vie. Multiplié par des milliers de véhicules, le passage à ce carburant améliore peu à peu la qualité de l’air dans les villes et les vallées de la région. Pour les habitants des Bouches-du-Rhône comme des autres départements, l’aide conjugue dès lors une réponse au pouvoir d’achat et un pas concret vers une conduite plus sobre. Deux préoccupations qui, en cette rentrée, se rejoignent au fond du réservoir.