Philippe Tabarot, ministre des Transports, et le prince Albert II de Monaco ont inauguré ce lundi 13 avril 2026 l’extension du terminal 2 de l’aéroport de Nice Côte d’Azur. Après quatre ans de travaux, l’infrastructure passe à 18 millions de passagers annuels. En 2025, l’aéroport avait déjà enregistré plus de 15 millions de voyageurs sur ses deux terminaux. Ces chiffres illustrent à eux seuls une saturation de plus en plus marquée.
Le chantier a démarré en 2022 et a coûté plus de 130 millions d’euros. Il a livré 23 000 mètres carrés supplémentaires, soit 30 % de surface en plus. Concrètement, ce nouvel espace propose 36 banques d’enregistrement, six salles d’embarquement, un nouveau poste de police aux frontières et un salon VIP pour les passagers internationaux. Par ailleurs, un espace de livraison des bagages agrandi complète l’ensemble. Certains de ces équipements fonctionnent déjà depuis le printemps 2025. L’ensemble ouvrira ses portes la semaine prochaine.
Lors de la cérémonie, le ministre a salué l’extension comme une « porte » ouverte sur l’Europe et le monde. Pour lui, cette infrastructure profite à toute la région et à l’ensemble du pays. En effet, Nice Côte d’Azur est le deuxième aéroport de France après le complexe Roissy-Orly. Son rôle est central dans le dynamisme touristique et économique des Alpes-Maritimes.
Pourtant, ce projet suscite depuis longtemps des oppositions. Le Collectif citoyen 06 a dénoncé dans un communiqué ce qu’il appelle « plein gaz sur le sur-tourisme à Nice ». Pour ces militants, l’extension permettrait jusqu’à 30 000 vols supplémentaires par an. En décembre 2023, la cour administrative d’appel de Marseille avait d’ailleurs jugé que l’étude d’impact ne prenait pas en compte l’augmentation du trafic aérien. Elle avait donc accordé douze mois à la société Aéroports de la Côte d’Azur pour compléter son analyse. Cette étude a finalement révélé une hausse prévisible de 28 730 mouvements aériens entre 2024 et 2034. Le tribunal d’appel a depuis rejeté le recours du collectif, mais l’affaire reste néanmoins devant le Conseil d’État.
La direction de l’aéroport, elle, défend une approche différente. Selon son directeur Frank Goldnadel, des avions plus grands et mieux remplis absorbent plus de passagers sans multiplier les vols. En 2023, l’aéroport a enregistré une hausse de 3,2 % de passagers pour seulement 1,9 % de vols supplémentaires. La moyenne atteignait alors 446 atterrissages ou décollages par jour. L’aéroport prévoit également une baisse de ses émissions de gaz à effet de serre, grâce aux progrès des avions modernes.
Un autre problème pèse sur l’infrastructure : le manque de contrôleurs aériens. En effet, ce déficit a provoqué des retards fréquents tout au long de l’année 2025. Philippe Tabarot a annoncé le recrutement d’une trentaine de contrôleurs sur deux ans pour la région. Toutefois, leur formation dure plusieurs années. Ainsi, même si les retards ont reculé depuis le printemps 2025, la haute saison estivale pourrait à nouveau en provoquer.
L’histoire de cet aéroport témoigne d’une croissance constante. En 1946, il n’accueillait que 500 avions et 30 000 voyageurs. Dès 1957, les spécialistes le qualifiaient déjà de « plus belle des escales ». Une décennie plus tard, les chiffres grimpaient à 23 000 avions et 600 000 passagers. Enfin, face à l’espace limité entre la ville, le Var et la mer, l’aéroport a gagné plus de 200 hectares en s’étendant sur la mer en 1978. En 2021, il est devenu le premier aéroport français à décrocher le label Airport Carbon Accreditation au niveau 4+.

