La rentrée culturelle de Roissy-en-Brie prend des couleurs vives. À partir du 18 septembre, la commune organise la quatrième édition de son festival d’art urbain, baptisé « Parenthèses urbaines », dans le cadre de la Grande Halle. Devenu un rendez-vous attendu, l’événement met à l’honneur les expressions les plus libres du graffiti, du pochoir, du collage et de l’illustration, en associant des artistes de renommée nationale et internationale à des talents plus jeunes. L’entrée est ouverte à tous et la manifestation se prolongera jusqu’au 2 octobre.
Sur le principe des éditions précédentes, l’ancienne halle agricole se transforme en galerie éphémère où s’accrochent des œuvres réalisées sur toiles, châssis et supports variés. L’an passé, la troisième édition avait rassemblé environ cent cinquante œuvres et une quarantaine d’artistes, avec un invité d’honneur venu d’Italie, et attiré un public familial séduit par la démarche accessible du projet. La formule, qui mêle exposition et création en direct, a peu à peu inscrit Roissy-en-Brie sur la carte francilienne d’un art longtemps cantonné aux murs des villes et désormais reconnu dans les institutions.
Un temps fort est prévu dès le premier week-end, avec un moment festif ouvert au public et la présence d’artistes à l’œuvre. Le principe séduit par sa simplicité : voir naître, sous les yeux des visiteurs, des pièces peintes ou pochées en quelques heures, échanger avec leurs auteurs et suivre un geste souvent perçu de loin, dans l’espace public, sans jamais en approcher les coulisses. Un catalogue et un programme détaillé accompagnent la manifestation, qui se veut à la fois exigeante dans le choix des artistes et résolument tournée vers un large public.
La Grande Halle, ancienne halle reconvertie en équipement, se prête à ce type de rendez-vous par son volume et sa luminosité. Ouverte durant la manifestation, elle permet d’accueillir des œuvres de grand format et de ménager des espaces de circulation propices à la déambulation. La proximité de la ferme d’Ayau, autre lieu de patrimoine roisséen, inscrit le festival dans un ensemble que la commune s’emploie à faire vivre tout au long de l’année. L’accès gratuit, revendiqué par les organisateurs, vise à toucher un public qui ne fréquente pas nécessairement les galeries ou les musées, et à faire de la Grande Halle un lieu de passage autant que d’exposition.
Né dans la rue et longtemps associé à la marge, l’art urbain a conquis ces dernières années les cimaises des institutions et le marché de l’art, sans renier son goût de l’espace public et de l’éphémère. En lui consacrant un festival, Roissy-en-Brie s’inscrit dans un mouvement plus large qui voit de nombreuses collectivités franciliennes miser sur cette forme d’expression pour animer leurs quartiers et renouveler leur offre culturelle.
Le choix de l’art urbain n’a rien d’anodin pour une commune de l’est seine-et-marnais. En ouvrant ses portes à des disciplines longtemps considérées comme marginales, Roissy-en-Brie mise sur une culture de proximité, capable de toucher des habitants parfois éloignés des circuits classiques de l’exposition. Le festival s’adresse aux amateurs comme aux novices, aux familles comme aux collectionneurs, dans un lieu patrimonial que la programmation contribue à faire vivre au-delà des seules manifestations agricoles ou associatives.
Au fil des ans, « Parenthèses urbaines » est aussi devenu un tremplin pour de jeunes créateurs, invités à côtoyer des noms confirmés et à confronter leur travail au regard du public. Cette dimension de transmission, chère aux organisateurs, distingue le rendez-vous des simples expositions temporaires. Elle traduit une volonté d’ancrer durablement l’art urbain dans la vie locale, en associant écoles, associations et habitants à un projet qui dépasse le seul temps du festival.
Installée à la Grande Halle, la manifestation offrira, deux semaines durant, un parcours entre œuvres accrochées et interventions plus spontanées. Les visiteurs pourront s’y rendre librement jusqu’au 2 octobre, à leur rythme, pour découvrir une scène foisonnante où se croisent styles, formats et générations. En misant sur la gratuité et l’ouverture, Roissy-en-Brie confirme sa volonté de démocratiser l’accès à la création contemporaine et fait de cette quatrième édition l’un des rendez-vous marquants de la rentrée culturelle dans l’est du département.
L’art urbain investit la Grande Halle de Roissy-en-Brie
Par Assia Bedja
Publié le 18 septembre 2026 à 10h30 – Temps de lecture : 4 minutes
