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Le climat des affaires progresse pour le troisième mois consécutif

Par Marcel Grenay
Publié le 21 août 2026 à 09h00 – Temps de lecture : 5 minutes

L’Insee a publié ce vendredi 21 août 2026 les résultats de ses enquêtes mensuelles de conjoncture menées auprès des chefs d’entreprise. Le verdict est celui d’une amélioration lente mais désormais installée. L’indicateur synthétique du climat des affaires en France gagne un point et s’établit à 98. Il progresse ainsi pour le troisième mois consécutif et se rapproche de son niveau moyen. L’indicateur du climat de l’emploi reste pour sa part stable, à 99.

Ces deux chiffres méritent une explication, car ils ne se lisent pas comme un pourcentage. L’Insee interroge chaque mois les dirigeants des principaux secteurs marchands sur leur activité passée, leurs carnets de commandes et leurs perspectives. Les réponses sont ensuite agrégées en un indice dont la moyenne de longue période vaut 100. Un indicateur à 98 signale donc un climat encore légèrement moins favorable que la normale, mais qui n’a plus rien de dégradé. Ce type d’enquête d’opinion présente en outre un avantage précieux pour les pouvoirs publics, puisqu’il livre un signal très en amont des statistiques de production et d’emploi.

La trajectoire des derniers mois éclaire la portée de ce mouvement. L’indicateur était descendu à 94,1 en avril, puis à 93,9 en mai, son point le plus bas de l’année. Il est ensuite remonté à 95,0 en juin, à 97,3 en juillet, et atteint 98,1 en août. Le climat des affaires efface donc en trois mois la totalité du décrochage du printemps et retrouve un niveau proche de celui de mars, alors mesuré à 97,5. L’écart avec le début de l’année, à 99,2 en janvier, s’est très nettement resserré.

L’industrie tire la reprise du moral. À 103, l’indicateur du secteur gagne deux points et s’écarte de sa moyenne de longue période, ce qui en fait le secteur le mieux orienté de l’enquête. Cette hausse s’explique principalement par le rebond du solde d’opinion sur les perspectives personnelles de production, autrement dit sur ce que les industriels prévoient de fabriquer dans les mois qui viennent. Le mouvement est particulièrement net dans l’ensemble regroupé sous le terme d’autres industries, où le climat des affaires retrouve son plus haut niveau depuis quatre ans, un sommet déjà atteint en mai.

Les services progressent plus modestement, mais franchissent un seuil symbolique. À 100, leur indicateur gagne un point et rejoint exactement sa moyenne de longue période. Le détail des réponses révèle cependant une prudence persistante. Les chefs d’entreprise se montrent en effet plus optimistes que le mois précédent sur leurs propres perspectives, tout en étant moins optimistes sur celles de leur secteur dans son ensemble. Les services administratifs et de soutien, qui regroupent notamment l’intérim, le nettoyage et les activités de bureau, affichent quant à eux une amélioration nette.

Le commerce enregistre la plus forte progression du mois. Dans l’ensemble constitué du commerce de détail et du commerce et de la réparation d’automobiles, l’indicateur synthétique gagne trois points et atteint 99, soit presque sa moyenne de longue période. Deux soldes d’opinion expliquent cette embellie, celui des intentions de commandes et celui des ventes passées. Les intentions de commandes augmentent d’ailleurs pour le troisième mois de suite et rejoignent leur moyenne, ce qui traduit une confiance retrouvée des commerçants dans le remplissage de leurs rayons.

Le bâtiment fait figure d’exception. Son indicateur reste stable à 96 et demeure au-dessous de sa moyenne de long terme. Le tableau n’est pourtant pas uniformément sombre. L’opinion des entrepreneurs sur leur activité prévue augmente un peu, tandis que celle sur l’activité passée ne bouge pas. Le solde lié aux carnets de commandes progresse, et l’incertitude économique ressentie par les professionnels diminue de nouveau. Autrement dit, le secteur ne redémarre pas encore, mais il cesse de se dégrader.

Du côté de l’emploi, la stabilité prévaut. L’indicateur synthétique du climat de l’emploi, construit à partir de dix soldes d’opinion sur les effectifs passés et prévus dans l’industrie, les services, le commerce de détail et le bâtiment, se maintient à 99. L’Insee signale par ailleurs quelques révisions sur juillet, liées à l’intégration de réponses tardives d’entreprises. Le climat des affaires dans les services et le climat de l’emploi ont été relevés d’un point, le bâtiment abaissé d’un point, et le commerce de détail abaissé de trois points.

Cette embellie du moral s’inscrit dans un environnement économique plus contrasté. L’institut a en effet confirmé le 14 août que les prix à la consommation avaient augmenté de 2,1 % sur un an en juillet, après 1,8 % en juin. Le 7 août, il avait aussi mesuré une remontée du taux de chômage au deuxième trimestre, à 8,3 % après une hausse de 0,2 point. Le même vendredi 21 août, l’Insee a enfin publié des données de juin plutôt encourageantes, avec un rebond de 0,3 % du volume des ventes dans le commerce et une progression de 0,2 % de la production dans les services. La confiance des dirigeants remonte donc, mais elle ne s’est pas encore traduite dans les chiffres du marché du travail.