Le ministère de l’Économie et des Finances a publié ce mardi 4 août 2026 la situation mensuelle du budget de l’État arrêtée au 30 juin. Ce document, préparé chaque mois par la direction générale des Finances publiques, offre une photographie précise des recettes encaissées et des dépenses engagées depuis le 1er janvier. À la moitié de l’exercice, le solde général d’exécution s’établit à 106,8 milliards d’euros de déficit, contre 100,4 milliards un an plus tôt. L’écart atteint donc 6,4 milliards d’euros.
Cette dégradation vient d’abord du côté des dépenses. Hors remboursements et dégrèvements d’impôts d’État, celles du budget général atteignent 240,5 milliards d’euros à fin juin, contre 228,1 milliards à la même date en 2025. La hausse s’élève à 12,4 milliards d’euros, et même à 13,5 milliards si l’on neutralise les changements de périmètre budgétaire. En intégrant les prélèvements sur recettes, la dépense totale grimpe à 276,9 milliards d’euros, soit une progression de 5,6 %.
Quatre facteurs expliquent l’essentiel de cette poussée. La charge de la dette de l’État bondit d’abord de 18,3 % pour atteindre 34,5 milliards d’euros, conséquence directe de la remontée des taux d’intérêt sur les emprunts que le Trésor doit refinancer. Les dépenses militaires progressent ensuite, sous l’effet de la loi de programmation et des surcoûts liés aux opérations en cours. Les charges de service public de l’énergie augmentent également, en raison d’un effet de calendrier et de la baisse des prix de marché de l’électricité, qui accroît mécaniquement la compensation versée aux fournisseurs. Enfin, l’État a décaissé de nouvelles compensations d’exonérations de cotisations sociales.
Les autres postes évoluent plus modérément. Les dépenses de personnel s’élèvent à 81 milliards d’euros, en hausse de 2,9 %. Les dépenses d’intervention, qui financent les aides versées aux ménages, aux entreprises et aux associations, atteignent 73,2 milliards d’euros. L’investissement progresse en revanche vivement, de 20,7 %, pour s’établir à 13 milliards d’euros. Les prélèvements sur recettes, eux, montent de 2,4 milliards d’euros pour dépasser 36,3 milliards. Cette évolution recouvre deux mouvements opposés puisque la contribution française au budget de l’Union européenne progresse de 23,2 %, à 13,7 milliards d’euros, tandis que les concours aux collectivités territoriales reculent légèrement, de 1 %.
Du côté des recettes, la dynamique reste positive mais s’essouffle. Les recettes nettes du budget général atteignent 184,6 milliards d’euros à fin juin, contre 177,9 milliards un an plus tôt. Les recettes fiscales nettes s’élèvent quant à elles à 168,5 milliards d’euros, en hausse de 5,2 milliards. Ce rythme marque toutefois une inflexion nette, car la précédente situation mensuelle affichait encore une progression de 7,6 milliards d’euros. Autrement dit, le rendement de l’impôt ralentit au fil des mois.
Dans le détail, l’impôt sur le revenu net apporte 1,1 milliard d’euros de plus qu’en 2025, porté par la croissance des recettes brutes. La part de la taxe sur la valeur ajoutée revenant à l’État progresse de 1,5 milliard d’euros et dépasse désormais 50 milliards. L’impôt sur les sociétés, en revanche, stagne à 30,4 milliards d’euros, avec une hausse limitée à 0,2 %. Les autres recettes fiscales gagnent 4,3 milliards d’euros, mais cette embellie repose largement sur un décalage de calendrier lié à la rebudgétisation de la contribution des employeurs au financement de l’allocation de logement sociale, une mesure inscrite dans la loi de finances initiale pour 2025 qui pèse 1,5 milliard d’euros.
À l’inverse, la fiscalité de l’énergie recule sensiblement. Les accises nettes perdent 1,8 milliard d’euros par rapport à fin juin 2025, dont 900 millions sur le gaz, 400 millions sur les carburants et 400 millions sur l’électricité. Ce repli traduit à la fois l’évolution des prix et celle des volumes consommés, deux paramètres que l’État maîtrise mal dans ses prévisions.
Les recettes non fiscales offrent un tableau plus favorable, avec 16,1 milliards d’euros contre 14,6 milliards l’an dernier. Cette progression de 1,5 milliard s’explique surtout par la restitution à l’État, en janvier 2026, de 6,9 milliards d’euros de dotations non consommables attribuées en 2010 et 2014 au titre des plans d’investissement d’avenir et arrivées à échéance. Trois éléments viennent cependant tempérer ce gain. Le versement européen au titre de la facilité pour la reprise et la résilience, qui avait apporté 3,3 milliards d’euros en 2025, ne s’est pas reproduit au même moment. Les dividendes encaissés reculent de 1,7 milliard d’euros et le produit des amendes de 500 millions.
Le solde des comptes spéciaux s’améliore enfin de 3,2 milliards d’euros et ressort à moins 17,6 milliards. Ces comptes retracent des opérations particulières, notamment les avances consenties aux collectivités territoriales sur le produit de leurs impôts. Cette éclaircie ne compense toutefois pas la dégradation du budget général. Les comptes définitifs du budget de l’État pour 2026 permettront de mesurer si le ralentissement des recettes observé au printemps se confirme dans la seconde moitié de l’exercice. L’ensemble des données détaillées reste consultable sur le portail du budget de l’État.

