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Le Perreux-sur-Marne : Barbara Pravi chante Dalida

Par Marc Blanc
Publié le 14 octobre 2026 à 14h56 – Temps de lecture : 4 minutes

Pour sa quarantième édition, le Festival de Marne fait étape au Perreux-sur-Marne le temps d’une soirée très attendue. Jeudi 15 octobre, à 20 h 30, le Centre des bords de Marne accueillera Barbara Pravi et son spectacle « Dalida, Diva tzigane ». Porté par le Département du Val-de-Marne, le rendez-vous musical sillonne les villes du territoire du 29 septembre au 17 octobre, et c’est l’une de ses toutes dernières dates qui revient à la commune. Entrée dans sa dernière ligne droite, la programmation réserve à la ville l’une de ses affiches les plus en vue. En lever de rideau, l’artiste Okali assurera la première partie.
Révélée au grand public en 2021, lorsqu’elle avait représenté la France à l’Eurovision avec « Voilà », l’autrice-compositrice-interprète remonte sur scène après deux années de tournée consacrées à son album « La Pieva ». Cette fois, elle met de côté ses propres chansons pour se glisser dans l’ombre d’une autre figure, Dalida, monument de la chanson qu’elle aborde sous un angle inattendu. Accompagnée du groupe Aälma Dili, Barbara Pravi relit les grands succès de la diva à travers le prisme de la musique tzigane et du swing manouche, entre ferveur, panache et mélancolie. Le projet tient autant du concert que du geste théâtral, fidèle à l’engagement qui a bâti sa réputation.
Figure singulière de la nouvelle chanson française, Barbara Pravi s’est fait connaître par une écriture exigeante et un engagement affirmé en faveur des droits des femmes. Son détour par Dalida prolonge cette démarche : il ne s’agit pas de rejouer à l’identique, mais de faire entendre, derrière la légende, la trajectoire d’une femme libre, longtemps réduite à ses robes à paillettes et à ses tubes de l’été.
Le choix n’a rien d’un hasard. Née au Caire dans une famille d’origine italienne, Dalida avait fait de l’exil et du métissage la matière même de son art, chantant tour à tour en français, en italien, en arabe ou en espagnol. C’est dans ce cosmopolitisme que puise le spectacle, qui déplace « Bambino », « Gigi l’amoroso » ou « Paroles, paroles » vers les violons et les guitares d’une tradition manouche, loin des arrangements d’origine. L’hommage se veut moins une imitation qu’une relecture, portée par une interprète qui revendique, elle aussi, une chanson de caractère.
Le passage par Le Perreux n’a rien d’un rendez-vous isolé. Dans ses derniers jours, le festival multiplie les escales à travers le Val-de-Marne. Le lendemain, vendredi 16 octobre, Fontenay-sous-Bois, Rungis et Joinville-le-Pont accueilleront chacune une soirée, tandis que Sucy-en-Brie recevra la chanteuse Imany ; la programmation se refermera le 17 octobre à Nogent-sur-Marne. D’Alfortville à Vincennes, en passant par Créteil, une quinzaine de communes auront accueilli un concert au fil de ces trois semaines de festival. À Joinville-le-Pont, la soirée associera d’ailleurs la chanteuse Clou à l’école de musique municipale, illustration de ce lien patiemment tissé entre artistes confirmés et pratiques locales.
Scène de référence de la rive droite de la Marne, le Centre des bords de Marne prête son plateau à ce rendez-vous que le public attend de pied ferme. Mieux vaut toutefois s’y prendre à l’avance : les places des concerts les plus courus du festival s’écoulent vite, et la réservation en ligne reste le moyen le plus sûr d’en profiter. Pour Le Perreux-sur-Marne, la soirée vient prolonger une rentrée culturelle dense et confirme la place de la ville sur la carte des grands rendez-vous val-de-marnais.
Quarante éditions plus tard, le Festival de Marne n’a rien perdu de son appétit pour le mélange des genres, de la chanson au rock en passant par le jeune public. En refermant son parcours 2026 entre Le Perreux, Nogent et leurs voisines, il rappelle qu’un grand rendez-vous musical peut rester, saison après saison, un bien partagé par tout un département. Restera à savoir comment Barbara Pravi, en passeuse, fera de nouveau vibrer la voix de Dalida près d’un demi-siècle après ses triomphes, devant un public qui, lui, n’a jamais cessé de la fredonner.