Un an après son lancement, le plan Osez l’IA aborde une nouvelle phase. La ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a réuni ce jeudi 3 septembre 2026 à Bercy les acteurs mobilisés depuis douze mois pour diffuser l’intelligence artificielle dans le tissu économique. Le bilan présenté fait état de plus de 35 000 entreprises sensibilisées. Le Gouvernement veut désormais accélérer le passage de la découverte à l’usage réel, en allant chercher celles qui n’ont pas encore engagé de transformation.
Lancé le 1er juillet 2025 dans le cadre de la stratégie nationale pour l’intelligence artificielle, le dispositif poursuit un objectif simple. Il s’agit de renforcer la compétitivité des entreprises françaises et de stimuler l’innovation en levant les freins à l’adoption de ces technologies. Trois axes structurent son action, à savoir sensibiliser les dirigeants, former les équipes et accompagner les projets. Le Gouvernement rappelle que l’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises a triplé en deux ans, ce qui confirme selon lui la pertinence de la démarche.
La sensibilisation repose d’abord sur un réseau de terrain, celui des Ambassadeurs IA. Ces acteurs sont sélectionnés pour leur pratique concrète de la technologie et pour leur ancrage dans les écosystèmes locaux ou sectoriels. Après un élargissement annoncé en juin 2026, marqué par l’arrivée de 45 nouveaux membres, le réseau compte 615 ambassadeurs. Ils se répartissent dans 20 régions et collectivités, outre-mer compris, et couvrent 13 secteurs d’activité. Une nouvelle vague de sélection s’ouvrira au second semestre 2026. Les entreprises peuvent identifier les ambassadeurs de leur ressort grâce à une liste actualisée régulièrement. Ce réseau a également contribué à produire des outils sectoriels, notamment pour le transport, la logistique et le commerce.
Le deuxième pilier du plan Osez l’IA concerne l’offre disponible sur le marché. Beaucoup de petites et moyennes entreprises renoncent faute de savoir vers quelle solution se tourner, ou par crainte de dépendre d’un fournisseur lointain. Pour lever cet obstacle, la Direction générale des entreprises et Hub France IA ont publié un catalogue d’offreurs sélectionnés pour leur ancrage européen. Annoncé lors du salon VivaTech, il référence aujourd’hui 88 entreprises. Les solutions retenues sont matures et déployables avec une expertise interne limitée, ce qui les rend accessibles aux structures dont la maturité numérique reste intermédiaire.
Vient ensuite l’accompagnement individuel, confié à Bpifrance pour le compte de l’État et cofinancé par France 2030. Deux dispositifs coexistent. Les Diagnostics Data IA s’adressent aux entreprises de 10 à 2 000 salariés et prennent la forme d’une prestation de huit jours-hommes, prise en charge à 40 % par France 2030. Ils permettent d’identifier les usages pertinents et d’évaluer le potentiel réel de l’intelligence artificielle dans l’organisation. Soixante-dix diagnostics ont été engagés à ce jour. Les Accélérateurs IA proposent de leur côté un parcours de dix-huit mois, financé à hauteur de 46 %, qui associe un diagnostic à 360 degrés, des modules d’approfondissement, des formations collectives et une mise en réseau. Une nouvelle promotion démarre en 2026 autour de deux parcours distincts, l’Accélérateur IA et l’Accélérateur IA et Industrie.
À ces dispositifs s’ajoute une plateforme ouverte en juin 2026, baptisée Accélérez avec l’IA. Elle met à disposition des exemples concrets de déploiement dans différents secteurs et fonctions, accompagnés de témoignages de dirigeants. Elle rassemble pour l’instant 54 cas d’usage et continuera de s’enrichir des contributions des entreprises. Cette logique de preuve par l’exemple répond à une difficulté récurrente, celle de projeter un gain mesurable avant d’investir.
La nouvelle étape annoncée à Bercy reprend ces leviers en les amplifiant. L’État prévoit d’intensifier les actions de terrain, d’enrichir la plateforme et le catalogue d’offreurs, de lancer de nouvelles promotions d’Accélérateurs et surtout de déployer 1 000 Diagnostics Data IA. Ce dernier chiffre marque un changement d’échelle par rapport aux soixante-dix diagnostics engagés en un an. Le cap fixé reste inchangé pour la fin de la décennie. À l’horizon 2030, le Gouvernement vise un taux d’adoption de 100 % pour les grandes entreprises, de 80 % pour les petites et moyennes entreprises ainsi que les entreprises de taille intermédiaire, et de 50 % pour les très petites entreprises.
Devant les participants, la ministre a estimé que la dynamique d’adoption s’était confirmée et qu’elle devait beaucoup aux dirigeants ayant osé se lancer, comme à ceux qui les accompagnent au quotidien. Elle a cité les chambres de commerce et d’industrie, les directions régionales de l’économie, les experts de Bpifrance, France Num et les offreurs de solutions. Son cap pour l’année à venir consiste à passer de la sensibilisation à l’action et à convaincre les entreprises persuadées que cette technologie ne les concerne pas. Les dirigeants qui souhaitent situer leur propre projet peuvent consulter la présentation détaillée du dispositif. Pour les territoires, l’enjeu se mesurera surtout à la capacité du plan Osez l’IA à toucher les plus petites structures, encore largement à l’écart de ce mouvement.

