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Le téléphone portable interdit au lycée dès la rentrée 2026

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 25 août 2026 à 10h00 – Temps de lecture : 5 minutes

Les lycéens rangeront leur téléphone à l’entrée de l’établissement dès cette rentrée. L’interdiction d’utiliser un téléphone portable, déjà en vigueur depuis 2018 dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, s’étend désormais aux lycées. La loi du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux a inscrit ce principe dans le droit, deux jours avant la publication de la fiche pratique de l’administration destinée aux familles.

Jusqu’à présent, le Code de l’éducation traitait les lycées différemment. Son article L. 511-5 posait l’interdiction pour les écoles et les collèges, tout en laissant aux lycées la simple faculté de l’inscrire dans leur règlement intérieur, sur tout ou partie de l’enceinte de l’établissement. Certains l’avaient fait, d’autres non. Cette liberté créait une rupture peu compréhensible pour les élèves, qui perdaient au lycée une règle appliquée pendant toute leur scolarité antérieure. L’extension met fin à cette différence de traitement.

Le ministère de l’Éducation nationale avait anticipé le vote. Une circulaire du 2 juillet 2026, signée par le ministre Édouard Geffray, invitait déjà les lycées à se préparer à cette échéance. Elle s’inscrivait dans le prolongement d’un texte de juillet 2025 consacré à un usage raisonné du numérique à l’école, et de la réflexion engagée dans les établissements au cours de l’année scolaire 2025-2026 sur la place du téléphone dans la vie lycéenne.

Concrètement, chaque lycée doit désormais préciser dans son règlement intérieur comment il applique l’interdiction, pour le téléphone portable comme pour les autres objets connectés. Trois solutions reviennent le plus souvent. La première repose sur des casiers individuels, où l’élève dépose son appareil en arrivant. La deuxième utilise une boîte collective, qui recueille les téléphones de plusieurs élèves d’une même classe. La troisième s’appuie sur une pochette individuelle que le lycéen verrouille à son arrivée et déverrouille en quittant l’établissement. Cette dernière option présente l’avantage de laisser l’élève en possession de son bien, ce qui évite les litiges sur la garde des appareils.

Le texte ménage plusieurs souplesses. Chaque établissement peut prévoir des dérogations limitées dans son règlement intérieur, notamment pour des usages pédagogiques encadrés par un membre de la communauté éducative. Le centre de documentation et d’information, le service de restauration ou l’internat peuvent également faire l’objet d’un régime particulier, afin de tenir compte de contraintes d’organisation propres à chaque site. Ces exceptions restent définies localement, ce qui explique que les modalités puissent varier d’un lycée à l’autre.

La loi garantit par ailleurs une exception qui ne dépend d’aucune décision d’établissement. Un élève conserve dans tous les cas le droit d’utiliser son téléphone portable ou un objet connecté pour un motif médical. Cette réserve concerne notamment les élèves en situation de handicap et ceux qui vivent avec un trouble de santé invalidant, pour lesquels un appareil peut servir à la surveillance d’une pathologie ou à la compensation d’une difficulté.

Les lycées qui accueillent des formations de l’enseignement supérieur bénéficient également d’une marge de manœuvre. Les sections de techniciens supérieurs et les classes préparatoires aux grandes écoles peuvent relever d’un régime spécifique, afin d’autoriser les étudiants concernés à utiliser leur téléphone. La situation d’un étudiant majeur suivant un cursus post-baccalauréat diffère en effet de celle d’un lycéen, même lorsque les deux fréquentent les mêmes bâtiments.

En cas de manquement, l’établissement doit apporter une réponse graduée, personnalisée et proportionnée à la situation. Le personnel peut confisquer l’appareil. Une sanction disciplinaire devient possible en cas de récidive. Le ministère écarte ainsi une application uniforme et automatique, au profit d’une appréciation au cas par cas qui tient compte du contexte et du comportement de l’élève.

L’inscription de ces règles dans le règlement intérieur suit une procédure précise. Elle exige d’abord un dialogue avec la communauté éducative. La consultation du conseil des délégués pour la vie lycéenne est obligatoire avant la réunion du conseil d’administration, ce qui associe les élèves eux-mêmes à la définition des modalités. Les délibérations du conseil d’administration doivent ensuite être transmises à l’autorité académique, qui en vérifie la légalité. Pour accompagner les équipes, le ministère a mis à disposition un vadémécum sur le portail Éduscol.

Le ministère justifie cette extension par des arguments sanitaires, cognitifs et sociaux. Les effets de la surconsommation d’écrans sur la capacité d’attention et de concentration des adolescents sont désormais bien documentés, de même que leur incidence sur la construction de l’esprit critique. L’administration attend aussi de cette mesure une amélioration du climat scolaire, une réduction des risques de cyberharcèlement et une moindre exposition à des contenus violents pendant le temps scolaire. Pour les familles, la conséquence pratique tient en une consigne simple. Il faudra consulter le règlement intérieur de l’établissement pour savoir où et comment le téléphone devra être rangé dès la rentrée.