Le virus West Nile, aussi appelé virus du Nil occidental, fait l’objet d’une surveillance renforcée dans l’Essonne. Depuis la fin de l’été, plusieurs cas d’infection humaine ont été détectés dans le département, dont deux à Saint-Michel-sur-Orge et un à Sainte-Geneviève-des-Bois. Autour de chaque malade, l’organisme chargé de la démoustication mène des enquêtes de terrain afin de repérer et de neutraliser les foyers de moustiques susceptibles d’avoir transmis le virus. L’Agence régionale de santé d’Île-de-France, qui avait lancé dès le 1er mai sa campagne de surveillance des maladies transmises par les moustiques, coordonne le dispositif. Les communes concernées relaient l’information auprès de leurs habitants.
Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le moustique tigre qui est en cause, mais le moustique commun du genre Culex, très présent dans les zones humides et les jardins. L’insecte se contamine en piquant un oiseau sauvage porteur du virus, puis peut le transmettre à l’homme ou au cheval lors d’une piqûre ultérieure. L’être humain est un hôte dit accidentel : il ne rediffuse pas le virus et ne peut pas le transmettre à son entourage par une simple piqûre. La circulation du virus est saisonnière et culmine à la fin de l’été et au début de l’automne, lorsque les moustiques sont encore actifs.
Identifié pour la première fois en 1937 dans la région du Nil occidental, en Ouganda, à laquelle il doit son nom, le virus est aujourd’hui présent sur plusieurs continents. En France, il a d’abord circulé en Camargue et sur le pourtour méditerranéen, avant de gagner ces dernières saisons des territoires plus septentrionaux. Sa surveillance repose sur un réseau qui associe la santé humaine, la santé animale et l’entomologie : la détection de cas chez les chevaux ou la découverte d’oiseaux morts peuvent signaler une circulation active bien avant l’apparition des premiers cas humains.
Dans la grande majorité des cas, l’infection passe inaperçue. Près de huit personnes contaminées sur dix ne développent aucun symptôme. Chez les autres, la maladie se manifeste le plus souvent par un syndrome grippal, avec fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et fatigue, qui guérit spontanément en quelques jours. Plus rarement, notamment chez les personnes âgées ou fragiles, elle peut évoluer vers une forme neurologique grave, à type de méningite ou d’encéphalite. Il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement spécifique : la prise en charge repose sur le traitement des symptômes et, pour les formes sévères, sur une hospitalisation.
La situation essonnienne s’inscrit dans un contexte régional plus large. À la mi-septembre, Santé publique France recensait une douzaine de cas humains autochtones en Île-de-France, répartis dans plusieurs départements, l’Essonne figurant parmi les plus touchés. Ce bilan, encore provisoire, est actualisé chaque semaine et peut évoluer au fil de la saison. Par précaution, les autorités sanitaires renforcent aussi la sécurité des dons du sang et d’organes dans les secteurs concernés, le temps que la circulation du virus s’atténue. Historiquement cantonné au sud du pays, le virus progresse vers le nord, une évolution que les spécialistes relient notamment au réchauffement climatique et à l’allongement de la saison des moustiques.
Face à cette situation, la prévention repose d’abord sur des gestes simples, rappelés par les communes concernées. Il est conseillé de se protéger des piqûres, en particulier au lever du jour et au crépuscule, à l’aide de répulsifs et de vêtements couvrants, et d’installer si besoin des moustiquaires. Le second réflexe consiste à priver les moustiques de lieux de ponte en éliminant les eaux stagnantes autour des habitations : soucoupes de pots de fleurs, seaux oubliés, gouttières encombrées ou récupérateurs d’eau mal fermés. Lorsque cela s’avère nécessaire, des traitements ciblés peuvent être menés de nuit dans les secteurs abritant un cas. Les autorités invitent enfin toute personne présentant une fièvre inexpliquée accompagnée de maux de tête à consulter un médecin, sans céder pour autant à l’inquiétude, la très grande majorité des infections restant bénignes. La surveillance se poursuivra jusqu’aux premiers froids, qui mettront un terme à l’activité des moustiques.
Le virus West Nile sous surveillance dans l’Essonne
Par Marc Blanc
Publié le 7 septembre 2026 à 17h41 – Temps de lecture : 4 minutes
