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Les indicateurs de la délinquance reculent en août

Policier de dos, illustration de la délinquance enregistrée en France
Par Gilbert Caron
Publié le 7 septembre 2026 à 09h00 – Temps de lecture : 5 minutes

Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure a publié ce vendredi 4 septembre 2026 sa cent trente-deuxième note de conjoncture sur la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie. Le document porte sur les faits comptabilisés jusqu’à la fin du mois d’août, avec des données arrêtées au 3 septembre à 8h30. La plupart des indicateurs suivis reculent d’un mois sur l’autre, à l’exception notable des vols avec armes et du trafic de stupéfiants. Cette publication mensuelle sert de repère aux pouvoirs publics comme aux collectivités pour suivre l’évolution des atteintes aux personnes et aux biens.

Dans le détail, les violences physiques intrafamiliales signent la baisse la plus marquée du mois, avec un repli de 8 %. Ce mouvement suit deux mois de forte progression, puisque l’indicateur avait grimpé de 13 % en juin puis de 5 % en juillet. Les vols violents sans arme et les vols de véhicule reculent quant à eux de 5 % chacun. Les violences physiques commises hors du cadre familial diminuent de 3 %, tout comme les cambriolages de logement. À l’inverse, les vols avec armes progressent de 4 %, au même rythme que le nombre de personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants.

Les homicides, y compris les coups et blessures volontaires suivis de mort, suivent une pente descendante. Les services ont enregistré 88 victimes en août, après 95 en juillet et 127 en juin. Sur les trois derniers mois, le total atteint 310 victimes contre 348 pour le trimestre précédent, soit une diminution de 11 %. Les départements et régions d’outre-mer concentrent 13 % de ces homicides. Ces chiffres restent provisoires, car le décompte consolidé ne paraît qu’une fois par an, dans le bilan annuel de la délinquance enregistrée.

Le cas des violences sexuelles demande une lecture particulière. Depuis juin, les forces de sécurité intérieure consolident leur stock de procédures relatives aux violences sexuelles commises sur des mineurs, à la suite de l’affaire Lyhanna. Cette opération fait entrer dans les statistiques des infractions qui attendaient encore leur qualification, ainsi que des affaires transmises récemment par la justice. La médiatisation du dossier a par ailleurs pu encourager des victimes de faits comparables à porter plainte, y compris pour des événements anciens. Le volume enregistré avait bondi de 77 % en juin avant de céder 3 % en juillet, puis 15 % en août. Malgré ce reflux, il demeure supérieur à son niveau d’avant juin. Trois violences sexuelles sur dix enregistrées en août portaient sur des faits commis moins d’un mois auparavant.

Le cumul des trois derniers mois offre une vision moins heurtée que la variation mensuelle. Comparé au trimestre précédent, il fait apparaître 76 307 victimes de violences physiques intrafamiliales, en hausse de 13 %, et 58 233 victimes de violences sexuelles, en progression de 61 % sous l’effet du travail de consolidation. La majorité des autres indicateurs reculent. Les vols d’accessoires sur véhicules chutent ainsi de 12 %, à 21 002 faits, et les mises en cause pour trafic de stupéfiants de 6 %, à 13 621. Les vols dans les véhicules diminuent de 5 % avec 53 611 faits, quand les cambriolages de logement et les vols sans violence contre les personnes se replient de 1 %, à respectivement 54 184 et 156 622.

Sur une échelle plus longue, plusieurs tendances de fond se dessinent. Les vols avec armes, en recul depuis le début de l’année 2024, sont repartis à la hausse depuis janvier 2026 et totalisent 1 942 faits sur le trimestre. Les outre-mer en représentent 29 %. Les vols de véhicule poursuivent en revanche la décrue engagée fin 2023, avec 28 865 faits sur trois mois. Les cambriolages restent sur un plateau depuis le dernier trimestre 2024. Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement, longtemps stables, sont de nouveau orientées à la hausse et atteignent 115 845 victimes. Un peu plus de 10 % d’entre elles ont déposé plainte sur la plateforme Thésée, dédiée aux escroqueries en ligne et ouverte depuis mars 2022.

Du côté des stupéfiants, les mises en cause pour usage progressent légèrement de 2 % en août, mais s’inscrivent en baisse de 5 % sur le trimestre, à 73 274. Plus de trois personnes mises en cause sur quatre ont reçu une amende forfaitaire délictuelle, procédure devenue le mode de traitement dominant pour ces infractions. Les destructions et dégradations volontaires reculent d’un point sur le mois et de 3 % sur le trimestre, à 127 249 faits. Ce dernier chiffre appelle toutefois une réserve. Un incident informatique a empêché la remontée d’un nombre significatif de contraventions enregistrées par la gendarmerie au cours des trois derniers mois. Sa correction entraînera une révision à la hausse dans une prochaine publication.

Reste que ces séries ne mesurent qu’une partie du phénomène. La délinquance enregistrée ne recense pas la totalité des infractions commises, notamment parce que toutes les victimes ne se signalent pas aux services de police et de gendarmerie. Les variations publiées sont corrigées des effets saisonniers et des jours ouvrables, afin de neutraliser les écarts liés au calendrier. Les lecteurs souhaitant vérifier eux-mêmes les évolutions peuvent télécharger les séries statistiques détaillées mises en ligne avec la note. Signée par Antonin Briand et Suzanne Heidsieck, cette édition sera suivie d’une nouvelle livraison au début du mois d’octobre.