En ce début de septembre 2026, les calanques de Marseille tournent une nouvelle page de leur remise en état. Depuis le 1er septembre, l’État a lancé la deuxième phase du chantier de mise en sécurité des scories, ces résidus industriels hérités d’un lointain passé minier. Treize nouveaux dépôts prioritaires sont désormais concernés. Les travaux se poursuivront jusqu’au 31 mars 2027. L’objectif reste le même, protéger la santé des promeneurs et préserver un site naturel parmi les plus fréquentés du littoral. Créé en 2012, le parc national des Calanques fut le premier parc national périurbain d’Europe, et cette singularité rend chaque intervention d’autant plus sensible.
Pour comprendre l’enjeu, il faut remonter à l’histoire industrielle du secteur. À la fin du XIXe siècle, une fonderie de plomb fonctionnait à l’Escalette, entre les Goudes et Callelongue. Elle a laissé derrière elle d’importants amas de scories, chargés notamment en plomb et en arsenic. Ces matériaux se sont dispersés au fil du temps le long des sentiers et des calanques. Or ces métaux ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Par contact avec la peau, par les poussières ou par une ingestion involontaire, ils présentent un risque réel, en particulier pour les enfants. Dès lors, la mise en sécurité de ces dépôts s’imposait pour limiter l’exposition des visiteurs et éviter la dissémination des polluants.
La première phase avait ouvert le chantier entre septembre 2025 et le printemps 2026. Les équipes y ont traité sept dépôts prioritaires, à Saména, au Mauvais Pas ou encore à l’Escalette. Les intempéries de janvier et février, ainsi que des difficultés d’exécution, ont toutefois repoussé la fin des travaux. Certaines opérations se sont achevées le 31 mars, d’autres seulement le 24 avril. Concrètement, la sécurisation a consisté à confiner et à stabiliser les résidus pour couper le contact avec le public.
Une fois ces interventions terminées, les accès ont rouvert progressivement. La calanque des Trous et son parking ont retrouvé le public dès le 1er avril 2026. Un mois plus tard, le 1er mai, la calanque de Saména a rouvert à son tour, avec les parkings Napoléon, de l’Escalette et de Saména. Ainsi, les habitants et les visiteurs ont pu renouer avec les calanques après plusieurs mois de restrictions.
La phase qui débute vise désormais treize dépôts supplémentaires. Callelongue en constitue le chantier le plus lourd. Les équipes reprendront aussi les travaux différés lors de la première étape, à la calanque des Trous et à Saména. En parallèle, elles mèneront à son terme l’intégration paysagère laissée en attente. Piloté par l’Agence de la transition écologique, le chantier associe l’État, la Ville et le parc national autour d’un même objectif. Cette deuxième vague doit permettre de couvrir l’essentiel des points sensibles encore identifiés sur le massif.
Ce chantier aura fatalement des effets sur la circulation. À Callelongue, les services mettront en place un alternat en continu sur la section reliant les Goudes à Callelongue, et ce pendant sept mois. Les week-ends resteront cependant plus souples. Du vendredi 17 heures au lundi matin, les autorités lèveront les restrictions à la calanque des Trous et à l’entrée des Goudes. De cette façon, les sorties de fin de semaine seront moins pénalisées pour les riverains comme pour les promeneurs.
Pour rejoindre les calanques sans voiture, plusieurs solutions existent. Les lignes de bus 19 et 20 desservent le littoral, tandis que des stations de vélos jalonnent l’Escalette, les Goudes et Saména. Les usagers ont donc intérêt à privilégier ces modes de déplacement durant toute la durée des travaux. Le détail du calendrier et des sites concernés figure sur la page dédiée au chantier.
Au-delà des désagréments temporaires, cette opération engage l’avenir du massif. En traitant les scories, les autorités réduisent durablement un risque sanitaire ancien et redonnent aux calanques un environnement plus sûr. Pour un site qui accueille chaque année des centaines de milliers de visiteurs, l’enjeu dépasse le simple chantier. Il touche à la fois à la santé publique, à la préservation du parc national et à la qualité de vie des quartiers sud de Marseille.

