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L’État double l’aide carburant pour 5,5 millions d’actifs

Automobiliste faisant le plein, aide grands rouleurs doublée
Par Marcel Grenay
Publié le 22 septembre 2026 à 15h32 – Temps de lecture : 5 minutes

Le gouvernement a annoncé, ce mardi 22 septembre 2026, un nouveau train de mesures pour amortir la hausse des prix à la pompe. Leur coût total est estimé à 450 millions d’euros. Depuis mars, le blocage du détroit d’Ormuz, lié au conflit en Iran, pèse lourdement sur les cours du pétrole. La destruction de capacités de production et de raffinage au Moyen-Orient, en Russie et en Ukraine a encore aggravé la tension. Face à des prix qui ne refluent pas, l’exécutif renouvelle et élargit donc l’aide grands rouleurs, en ciblant d’abord les actifs qui dépendent de leur voiture pour travailler.

C’est la mesure la plus visible de ce plan. Pour les mois d’octobre à décembre 2026, l’aide grands rouleurs double et atteint 100 euros sur trois mois, contre 50 euros jusqu’ici. Cela représente l’équivalent d’une remise de 40 centimes par litre, au lieu de 20 centimes. Le nombre de bénéficiaires progresse aussi fortement, puisqu’il passe de 3 millions à 5,5 millions de personnes. Sont concernées les personnes seules gagnant jusqu’à 2 050 euros par mois, les couples jusqu’à 4 070 euros et les couples avec deux enfants jusqu’à 6 100 euros. Il faut en outre prendre sa voiture pour aller travailler, avec au moins 15 kilomètres entre domicile et lieu de travail ou 8 000 kilomètres parcourus par an.

Le versement se fera automatiquement pour tous ceux qui ont déjà touché l’aide de 100 euros couvrant la période d’avril à septembre. Ils n’auront donc aucune démarche à refaire. Une adaptation du dispositif aux départements d’outre-mer reste en discussion. Par ailleurs, le plafond de défiscalisation de la prime carburant, que les employeurs peuvent verser à leurs salariés, grimpe à 1 000 euros par an à titre exceptionnel. Fixé au départ à 300 euros, il avait déjà été porté à 600 euros en juin. Enfin, le chèque énergie, qui profite à 5,8 millions de ménages pour un montant moyen de 150 euros, sera versé dès janvier 2027 au lieu d’avril.

Sur le plan budgétaire, le Premier ministre instaure une règle d’or sur la fiscalité des carburants. Le principe veut que l’État ne tire aucun bénéfice d’une envolée des prix. En effet, quand le litre augmente, les recettes de TVA et d’accise progressent mécaniquement. Ce surplus sera désormais neutralisé et réaffecté à des aides liées à la crise énergétique, y compris pour la part qui revient aux régions. Le gouvernement compte inscrire cette règle par un amendement au projet de loi de finances pour 2027. Il se réserve aussi le droit d’agir contre tout acteur de la filière qui gonflerait ses marges au détriment des consommateurs.

Les secteurs professionnels les plus exposés obtiennent de leur côté une prolongation de leurs guichets jusqu’au 31 décembre. Pour les pêcheurs, l’aide couvrira désormais 70 % de la hausse des coûts par rapport à l’avant-crise, soit le maximum autorisé par Bruxelles, quelle que soit l’évolution des cours. Un prêt à taux zéro de Bpifrance, jusqu’à 50 000 euros par entreprise, leur sera ouvert dès le 1er octobre. Les agriculteurs conservent une aide de 15 centimes par litre de gazole non routier, tandis que le BTP garde une aide de 20 centimes. Pour les pêcheurs comme pour les agriculteurs, l’État étudie en outre un versement d’avance afin d’accélérer les paiements.

Les métiers du soin à domicile font aussi l’objet d’une attention particulière. Les aides à domicile pourront accéder à l’aide grands rouleurs selon des modalités adaptées, dès 30 kilomètres parcourus chaque jour. Les infirmiers libéraux bénéficieront quant à eux de critères élargis et d’une aide spécifique de 80 euros versée par l’Assurance maladie. Environ 25 000 professionnels, parmi ceux qui se déplacent le plus en zone rurale, sont concernés. De plus, les organismes de recouvrement pourront accorder des reports de cotisations aux structures en difficulté de trésorerie. Ces aides ponctuelles s’ajoutent au bonus automobile et au leasing social de voitures électriques, ouverts aux particuliers comme aux taxis, artisans ou transporteurs.

En parallèle, l’exécutif poursuit ses efforts pour sécuriser l’approvisionnement. Il assouplit le cadre réglementaire afin d’optimiser les capacités de raffinage sur le territoire, en lien avec les producteurs, au premier rang desquels TotalEnergies. Il a également demandé à la Commission européenne d’alléger certaines normes de raffinage pour produire davantage en métropole et outre-mer. Des démarches diplomatiques visent aussi à ouvrir de nouvelles routes d’approvisionnement, notamment pour Mayotte et la Polynésie française.

À l’approche de l’hiver, le gouvernement surveille enfin le remplissage des stocks de gaz et la hausse des capacités de production d’électricité. Pour les ménages, l’enjeu reste très concret, car le plein pèse lourd dans le budget de ceux qui roulent chaque jour. Les conditions d’éligibilité et les démarches sont détaillées sur la page gouvernementale dédiée aux aides carburant.