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L’inflation remonte à 2,4 % en août sous l’effet des carburants

Par Marcel Grenay
Publié le 16 septembre 2026 à 10h00 – Temps de lecture : 4 minutes

L’inflation est repartie à la hausse cet été. L’Insee a confirmé ce mardi 15 septembre que les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an en août 2026, après 2,1 % en juillet. Sur un seul mois, la progression atteint 0,7 %, contre 0,6 % le mois précédent. Ces résultats définitifs valident les estimations provisoires publiées le 28 août. Corrigés des variations saisonnières, les prix à la consommation ne progressent que de 0,2 % sur un mois, après 0,5 % en juillet, ce qui montre qu’une bonne part du mouvement d’août tient au calendrier commercial plutôt qu’à une véritable tension sur les prix.

L’énergie explique presque à elle seule cette accélération. Ses prix ont bondi de 16,7 % sur un an en août, après 12,6 % en juillet et 11 % en juin. Le mouvement vient des produits pétroliers, en hausse de 28,7 % sur douze mois. Le gazole grimpe de 36,4 %, l’essence de 19,1 %, et les combustibles liquides utilisés pour le chauffage s’envolent de 47,8 %. Pour un automobiliste qui fait le plein chaque semaine, la facture annuelle se creuse donc nettement. L’électricité, en revanche, reste contenue avec une hausse de 1,1 % après un recul de 1 % en juillet, et le gaz ralentit légèrement, à 14,3 % après 17,7 %.

Le panier alimentaire progresse plus modestement, de 1,1 % sur un an après 1 %, mais cette moyenne masque de fortes disparités. Les produits frais accélèrent pour le troisième mois consécutif, à 5,9 % après 3,8 % en juillet et 2,7 % en juin. Les vagues de chaleur de l’été ont pesé sur les récoltes maraîchères, et le résultat se lit directement en rayon. Les légumes à feuilles ou à tiges, salades et endives notamment, coûtent 21,3 % de plus qu’un an plus tôt, contre 8 % de hausse en juillet. Les légumes à fruits, tomates et courgettes en tête, augmentent de 22,3 %. À l’inverse, les agrumes ralentissent fortement, à 0,6 % après 3,6 %.

Hors produits frais, l’alimentation se calme au contraire, avec une hausse ramenée à 0,4 % après 0,6 %. La viande ralentit à 2,1 %, comme les boissons non alcoolisées à 1,1 % et les produits sucrés à 0,8 %. Les prix du pain et des céréales reculent même de 0,3 % sur un an, après une année de stabilité, et ceux des huiles et des graisses accentuent leur baisse, à 1,3 %. Dans la grande distribution, l’alimentation industrielle, l’entretien et l’hygiène-beauté affichent un léger repli de 0,2 % sur douze mois, signe que la guerre des prix entre enseignes n’est pas terminée.

Les services, eux, décélèrent, à 1,9 % sur un an après 2,2 % en juillet. Le retournement vient surtout de l’hébergement touristique, dont les prix ne progressent plus que de 0,7 % après un bond de 7,3 % en juillet. Les services récréatifs baissent de 1,5 %, et les transports ralentissent à 0,8 %, avec un recul de 1,5 % pour le transport routier. Plusieurs postes restent néanmoins tendus. Les assurances accélèrent à 3,7 % après 2,3 %, la protection sociale à 3,1 %, la restauration à 2,1 %. Les services de communication demeurent de loin les plus inflationnistes, avec 10,1 % de hausse sur un an, à peine moins que les 10,7 % de juillet. Quant aux loyers, à l’eau et à l’enlèvement des ordures ménagères, ils progressent de 2 %.

Du côté des produits manufacturés, la déflation s’essouffle. Leurs prix reculent encore de 0,4 % sur un an, mais moins fortement que les 0,7 % de juillet. L’habillement et les chaussures limitent leur baisse annuelle à 1,4 %, après 2,9 %, et c’est ce poste qui explique l’essentiel du rebond mensuel, avec une remontée de 7,3 % en août après la chute de 9,8 % provoquée par les soldes d’été. Les véhicules repassent en territoire positif, à 0,4 %, tandis que les produits de santé continuent de se replier, de 2,3 %.

Un indicateur invite malgré tout à relativiser. L’inflation sous-jacente, qui neutralise les tarifs publics, les produits à prix volatils et les effets fiscaux, ralentit à 1,1 % en août après 1,3 % en juillet. La flambée actuelle reste donc concentrée sur l’énergie et les produits frais, deux postes par nature instables, et ne traduit pas une diffusion durable des hausses à l’ensemble de l’économie. L’indice des prix à la consommation harmonisé, utilisé pour les comparaisons européennes, s’établit de son côté à 2,6 % sur un an, contre 2,4 % en juillet, avec un écart de 0,27 point par rapport à l’indice français qui tient pour l’essentiel aux différences de pondération entre les deux mesures. L’Insee publiera son estimation provisoire pour septembre le 30 septembre à 8 h 45, puis les résultats définitifs le 15 octobre.