L’Insee a publié ce mercredi 30 septembre 2026 son estimation provisoire des prix à la consommation pour le mois de septembre. Sur un an, la hausse des prix atteindrait 3,0 %, après 2,4 % en août. L’inflation retrouve ainsi un niveau que la France n’avait plus connu depuis février 2024. L’institut précise toutefois que ces chiffres restent provisoires, car ils reposent sur un champ restreint de relevés et sur des estimations de certains tarifs. Il publiera les résultats définitifs le 15 octobre. D’ici là, ces indices ne doivent pas servir aux revalorisations prévues dans des contrats.
L’énergie explique l’essentiel de cette accélération. Sur un an, ses prix bondiraient de 21,2 %, après 16,7 % en août, alors qu’ils reculaient de 4,4 % un an plus tôt. Les produits pétroliers et le gaz tirent ce mouvement. L’Insee avait d’ailleurs signalé, le 25 septembre, que le prix du gaz continuait de monter fortement en août. L’énergie ne pèse pourtant qu’environ 7,6 % du panier de consommation. Sa flambée suffit néanmoins à faire grimper l’indice global, car elle touche directement le plein d’essence et le chauffage, puis, par ricochet, les coûts de nombreuses entreprises.
L’alimentation accélère également, à 1,5 % sur un an après 1,1 % en août. Les produits frais portent seuls ce mouvement, avec une envolée de 9,9 %, contre 5,9 % le mois précédent. Cette catégorie regroupe notamment les fruits, les légumes et les poissons frais, dont les prix réagissent vite aux aléas de production. En revanche, le reste de l’alimentation reste quasiment stable, à 0,4 %. Autrement dit, la hausse se concentre sur les rayons frais plutôt que sur les produits d’épicerie. Le même jour, l’Insee a d’ailleurs indiqué que les prix des produits agricoles à la production avaient accéléré sur un an en août.
Les services, qui représentent plus de la moitié des dépenses mesurées, voient leurs prix progresser de 2,2 % sur un an, après 1,9 %. Cette légère accélération tient surtout à un effet de comparaison. La baisse habituelle des tarifs d’hébergement et de transport à la fin de l’été serait en effet moins marquée qu’en septembre 2025. De leur côté, les produits manufacturés restent en léger recul, à 0,3 % sur un an, mais leur baisse s’atténue. Le tabac progresse enfin de 3,3 %, au même rythme qu’en août.
Sur un mois, les prix reculeraient pourtant de 0,3 %, après une hausse de 0,7 % en août. Ce repli s’explique par un phénomène saisonnier classique. Une fois l’été passé, les prix des transports et de l’hébergement redescendent. Toutefois, la nouvelle hausse de l’énergie compense une bonne partie de ce recul. Les produits manufacturés augmentent aussi, comme chaque année en septembre, à la sortie de la période des soldes d’été. L’alimentation progresse pour le troisième mois de suite, les produits frais en tête, tandis que le tabac reste stable.
L’indice des prix harmonisé, qui permet de comparer la France à ses partenaires européens, suit la même pente. Il progresserait de 3,4 % sur un an, après 2,6 % en août, et reculerait de 0,4 % sur un mois. Cet indicateur sert notamment de référence à la Banque centrale européenne, qui vise une inflation de 2 % à moyen terme dans la zone euro. Or la France s’en éloigne désormais nettement.
La trajectoire de l’année éclaire ce retournement. En janvier, la hausse des prix ne dépassait pas 0,3 % sur un an. Elle a ensuite franchi la barre des 2 % au printemps, avec 2,2 % en avril et 2,4 % en mai. Après un léger reflux à 1,8 % en juin, elle est repartie à la hausse, à 2,1 % en juillet puis 2,4 % en août. Le mouvement reste cependant loin des pics de 2022 et de 2023, lorsque l’inflation dépassait 6 %, avec un sommet à 6,3 % en février 2023.
Les autres indicateurs publiés ce 30 septembre confirment ces tensions. Les prix de production de l’industrie française ont ainsi augmenté de 1,2 % sur un mois en août et de 6,0 % sur un an. Or ces hausses en amont finissent souvent par se répercuter sur les prix payés en magasin. Dans le même temps, la consommation des ménages en biens a reculé de 0,5 % en août. Pour les foyers, ce retour de la hausse des prix pèse d’abord sur les dépenses contraintes, carburant et énergie en tête. L’État a d’ailleurs étendu ses dispositifs de soutien face à la hausse des carburants. Le 15 octobre, les chiffres définitifs de l’Insee diront si ce seuil de 3 % se confirme.

