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Marineland d’Antibes : les orques et les dauphins bientôt transférés en Espagne ?

Par Moira O'Deorain
Publié le 15 mai 2026 à 20h07 – Temps de lecture : 4 minutes

Le dossier des cétacés de Marineland entre dans une phase décisive. Vendredi 15 mai 2026, la direction de l’ancien parc aquatique d’Antibes a confirmé son objectif. Elle veut organiser le départ de ses deux orques et de ses douze dauphins vers l’Espagne avant la fin du mois de juin. Cette annonce intervient après le feu vert du gouvernement français. L’État estime désormais urgent de trouver une issue pour ces animaux encore présents sur le site fermé depuis janvier 2025.

Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, s’est rendu sur place afin d’évaluer l’état des installations. Il a insisté sur la nécessité de sortir d’une situation bloquée depuis de longs mois. Selon lui, l’état des bassins impose une décision rapide. Le gouvernement considère qu’un maintien prolongé à Antibes ferait courir un risque trop important aux animaux, notamment aux deux orques.

Ces deux orques, Wikie, âgée de 24 ans, et son fils Keijo, âgé de 12 ans, devraient rejoindre le Loro Parque. Ce parc se trouve à Tenerife, dans les îles Canaries. Les douze dauphins prendraient une autre direction. Ils seraient répartis entre deux parcs espagnols, à Valence et à Malaga. Ensuite, certains pourraient revenir en France lorsque le ZooParc de Beauval aura terminé son futur bassin d’accueil, annoncé pour 2027.

Marineland demande depuis près de deux ans l’autorisation de transférer ses cétacés vers d’autres structures. Le parc, propriété du groupe espagnol Parques Reunidos, affirme ne plus pouvoir garder durablement ces animaux dans de bonnes conditions. Sa fermeture au public a renforcé l’urgence du dossier. En parallèle, les projets de sanctuaires en semi-liberté, soutenus par plusieurs associations, n’ont pas encore abouti.

Le transfert des orques représente une opération lourde. La direction du parc évoque un transport par avion-cargo et un coût de plusieurs centaines de milliers d’euros. Elle souhaite agir avant les fortes chaleurs de l’été. Si l’opération ne se déroule pas avant la fin juin, le calendrier pourrait glisser de plusieurs mois. Les équipes espagnoles doivent encore finaliser les derniers détails techniques.

Cette solution ne calme pas les oppositions. Plusieurs associations de défense animale contestent le choix de l’Espagne, surtout pour les orques. Elles jugent le Loro Parque inadapté. De plus, elles rappellent que la loi française de 2021 interdit progressivement les spectacles de cétacés. Cette loi vise aussi leur maintien en captivité à des fins de divertissement. Pour ces militants, envoyer Wikie et Keijo dans un autre parc commercial revient à déplacer le problème, pas à le résoudre.

L’association C’est Assez ! critique aussi la piste espagnole. Sa présidente, Christine Grandjean, estime que les orques disposent encore à Antibes de repères importants. Elle cite notamment les liens créés avec leurs soigneurs. Par ailleurs, elle dénonce le futur projet de Beauval pour les dauphins, qu’elle assimile à un nouveau delphinarium. Selon elle, la priorité devrait rester la recherche d’une solution non commerciale.

Le gouvernement défend pourtant une lecture différente. Mathieu Lefèvre affirme que l’urgence concerne d’abord la sécurité des animaux. Il redoute une dégradation trop forte des bassins, en particulier ceux réservés aux orques. Pour lui, attendre un sanctuaire qui n’existe pas encore ferait courir un danger immédiat aux cétacés.

À Antibes, le sujet dépasse largement la fermeture d’un parc de loisirs. Il touche à la condition animale, au devenir des sites touristiques historiques de la Côte d’Azur et à l’application concrète de la loi de 2021. D’ici la fin juin, Marineland, les parcs espagnols et l’État devront donc s’accorder sur les modalités du départ. Les associations, elles, promettent de rester mobilisées jusqu’au bout.