La Ville de Marseille a été retenue ce 26 février parmi les lauréats de l’appel à projets 2025-2026 du programme « Vers la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat », grâce à son initiative « Pour une alimentation saine, juste et durable ». Cette distinction, obtenue à l’occasion du Salon international de l’Agriculture, marque une étape importante pour la municipalité, qui voit son Projet alimentaire territorial officiellement labellisé et doté d’une enveloppe de 70 000 euros pour accompagner son déploiement.
Cette reconnaissance s’inscrit dans un contexte où la question alimentaire prend une place croissante dans les politiques publiques locales. À Marseille, les enjeux sont particulièrement sensibles. La ville fait face à une situation de précarité alimentaire qui touche une part importante de sa population : 350 000 habitants sur 877 000 sont exposés à ce risque. Dans ce cadre, la construction d’une stratégie alimentaire territoriale apparaît comme une réponse structurante, destinée à renforcer la capacité de la ville à garantir à ses habitants un accès plus stable, plus juste et plus durable à l’alimentation. La notion de résilience alimentaire devient ainsi un axe central de l’action municipale, à la croisée des enjeux sociaux, environnementaux et sanitaires.
Le projet marseillais repose sur une approche globale, pensée dans l’esprit « Une seule santé », qui relie la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. Cette logique permet de dépasser la seule question de la production pour intégrer l’ensemble de la chaîne alimentaire, depuis les terres agricoles jusqu’aux assiettes servies dans les cantines, les établissements publics ou les foyers. Marseille dispose pour cela d’un potentiel non négligeable, évalué à 500 hectares, que la municipalité souhaite mobiliser de façon plus cohérente afin de consolider l’autonomie alimentaire du territoire et de réduire sa dépendance aux approvisionnements extérieurs.
La gouvernance occupe une place essentielle dans la démarche. La Ville entend associer l’ensemble des acteurs concernés à la construction du plan d’action, qu’il s’agisse des partenaires institutionnels, des professionnels de l’agriculture, des associations ou des citoyens. L’objectif est de bâtir une stratégie partagée, capable de répondre concrètement aux besoins du territoire tout en intégrant les attentes de ses habitants. Cette méthode traduit une volonté de faire de l’alimentation un sujet collectif et non un simple domaine technique, dans une logique que la municipalité présente comme relevant de la démocratie alimentaire.
Le projet se veut également concret et opérationnel. Il doit permettre de soutenir le développement de l’agriculture locale, de favoriser les circuits courts et de renforcer la durabilité de la restauration collective. La Ville souhaite également intensifier la lutte contre la précarité alimentaire, un enjeu majeur dans une métropole où les inégalités sociales sont fortes. L’ambition est de promouvoir une alimentation à la fois saine, accessible et respectueuse de l’environnement, tout en consolidant les liens entre production locale, consommation responsable et justice sociale.
Cette labellisation intervient à un moment où les collectivités sont de plus en plus sollicitées pour agir sur les questions alimentaires. Entre contraintes climatiques, pression économique et hausse des besoins sociaux, les villes doivent inventer de nouvelles façons d’organiser leur système alimentaire. Marseille entend s’inscrire dans cette dynamique en structurant un projet territorial de long terme, capable de fédérer les initiatives dispersées et de donner un cap clair à l’ensemble des acteurs locaux. L’obtention de ce label constitue ainsi un levier financier, mais aussi un signal politique fort, qui confirme la place prise par la question alimentaire dans les politiques de transition de la ville.
Crédit photo : Ville de Marseille

