À Meudon, le Hangar Y s’apprête à vivre un grand moment de photographie. Du 17 octobre 2026 au 21 février 2027, la vaste nef du monument accueillera « Brassaï, l’œil de Paris », une exposition consacrée à l’un des regards les plus singuliers du siècle dernier. L’ouverture est fixée au samedi 17 octobre, en pleines vacances de la Toussaint : les familles comme les amateurs d’images pourront en profiter dès les premiers jours. Après avoir rouvert ses portes au printemps 2023, l’ancien hangar à dirigeables confirme sa vocation de grand rendez-vous culturel du sud des Hauts-de-Seine, entre la forêt domaniale et les coteaux de la Seine. Pour les Meudonnais, c’est l’occasion de retrouver, à deux pas de chez eux, un nom qui résonne dans l’histoire de l’art autant que dans celle de Paris.
Né en Hongrie en 1899, installé à Paris dès les années 1920, Gyula Halász – que l’on connaît sous le nom de Brassaï – a fait de la capitale son sujet de prédilection jusqu’à sa disparition, en 1984. Son pseudonyme, emprunté à sa ville natale de Brassó, en Transylvanie, l’a accompagné dans toutes ses vies d’artiste : photographe, bien sûr, mais aussi dessinateur, sculpteur et écrivain. C’est l’écrivain Henry Miller qui lui a offert son surnom d’« œil de Paris », tant le photographe a su capter la ville, ses nuits, ses pavés luisants de pluie et ses silhouettes furtives. Son recueil « Paris de nuit », paru en 1932, reste une référence, au même titre que ses images des graffitis sur les murs ou des cafés de Montparnasse. Proche de Picasso et de la bohème parisienne, il a fixé sur la pellicule un Paris nocturne et populaire – bals musettes, fêtes foraines, flâneurs et noctambules – devenu depuis une véritable mémoire visuelle de la capitale. L’exposition meudonnaise réunit une centaine de tirages issus de la collection personnelle de Gilberte, l’épouse de l’artiste, rassemblés sous le commissariat de Philippe Ribeyrolles, fin connaisseur de son œuvre. Pensée pour le bicentenaire de la photographie et inscrite dans le festival Photo Days, elle propose un parcours intime, loin des images les plus rebattues, où se dessine le Paris poétique que Brassaï aimait arpenter une fois la nuit tombée.
Le lieu ajoute au plaisir de la visite. Édifié en 1879, le Hangar Y fut le premier hangar à dirigeables au monde ; sa haute charpente métallique, aujourd’hui restaurée, abrite désormais expositions et expériences immersives, dont « L’Épopée du Hangar Y », un voyage en réalité mixte d’une demi-heure qui retrace son histoire aéronautique. Tout autour, le parc rendu au public prolonge la grande perspective dessinée voici plus de trois siècles par André Le Nôtre et abrite une création sonore imaginée avec l’Ircam ; en semaine, du lundi au vendredi, la promenade et les aires de jeux restent en accès libre. L’exposition Brassaï, elle, se visitera les week-ends, les jours fériés et tous les jours pendant les vacances scolaires de la zone C, de 11h à 19h. L’entrée, ouverte dès 6 ans, coûtera 10 € en plein tarif et 8 € en tarif réduit, accès au parc compris. Le cadre, à lui seul, vaut le détour : sous la nef, les photographies de Brassaï dialogueront avec l’architecture industrielle de la fin du XIXe siècle.
Pour s’y rendre, le Hangar Y se niche avenue de Trivaux, en lisière de la forêt de Meudon ; mieux vaut vérifier l’accès et prévoir de flâner dans le parc avant ou après la visite. Les week-ends d’affluence, la réservation en ligne évite l’attente. L’accrochage, qui mêle grands tirages et pièces plus confidentielles, devrait séduire aussi bien les passionnés de photographie que les curieux venus en famille ou en groupe. L’exposition courant jusqu’au 21 février, les visiteurs auront tout l’hiver pour s’y plonger, mais ses premiers jours, pendant les congés de la Toussaint, s’annoncent déjà comme un temps fort de la saison. Avec Brassaï, c’est tout un pan du Paris du siècle dernier qui s’invite, cet automne, sur les hauteurs de Meudon.
Meudon : Brassaï, l’œil de Paris
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 16 octobre 2026 à 13h52 – Temps de lecture : 4 minutes
