À Meudon-la-Forêt, le chantier de géothermie entre dans sa phase la plus visible avec le lancement du forage, prévu d’avril à septembre 2026. Cette étape constitue un moment clé dans la transformation de l’ancienne chaufferie gaz en une installation capable de produire une chaleur locale, renouvelable et plus stable dans la durée. Le projet, porté par GéoMeudon, s’inscrit dans une logique de décarbonation du réseau de chaleur du quartier et doit permettre, à terme, d’alimenter durablement les logements et bâtiments de Meudon-la-Forêt grâce à l’énergie du sous-sol.
Le principe retenu repose sur la captation d’une nappe d’eau chaude située à environ 1 500 mètres de profondeur. Deux puits seront créés : le premier pour remonter l’eau géothermale, naturellement chauffée à environ 64 °C, le second pour réinjecter dans le sous-sol une eau refroidie à un niveau minimal de 24 °C. Ce fonctionnement en circuit fermé permet d’exploiter la ressource sans la dégrader, tout en assurant une production de chaleur encadrée par des contrôles stricts.
Pendant la phase de forage, le chantier fonctionne 24 heures sur 24 et fait l’objet de mesures destinées à limiter les nuisances pour les habitants. Un mur acoustique de cinq mètres de haut, l’utilisation d’engins électriques, l’isolation phonique de certains équipements et un bardage acoustique sur la foreuse ont notamment été prévus. Des capteurs doivent aussi suivre les niveaux sonores en temps réel. Selon les informations communiquées, le percement de certaines nappes peut occasionner une odeur de soufre ponctuelle, sans danger pour la santé.
La circulation aux abords du site est également adaptée. La route du Tronchet restera fermée jusqu’au 15 septembre 2026, tandis que les bus sont déviés par la route du Pavé Blanc puis l’avenue Stendhal, sans suppression d’arrêt. Le chantier génère en fonctionnement courant environ trois camions par jour, avec un trafic un peu plus important lors des phases de montage et de démontage. Plusieurs aménagements ont été mis en place pour fluidifier les déplacements, parmi lesquels la présence d’hommes trafic au démarrage, le maintien du feu vert à l’angle de la rue de Trivaux et de la route du Tronchet, la création d’un cédez-le-passage à l’angle de l’avenue Robert Schumann et de l’avenue du Général de Lattre de Tassigny, ainsi que des échanges avec la Ville de Clamart pour l’aménagement d’un feu tricolore au croisement du Pavé Blanc et de Stendhal.
La suite du chantier doit conduire, à partir de septembre 2026, à la construction du bâtiment d’exploitation de la géothermie, avant une mise en service industrielle annoncée pour fin 2027. À l’échelle du quartier, le projet doit permettre d’alimenter environ 7 600 équivalents-logements avec une énergie annoncée à 83 % renouvelable, tout en réduisant les émissions de CO2 et en limitant l’exposition du réseau aux fluctuations du prix du gaz.
Au-delà du chantier lui-même, cette opération illustre la transformation progressive du réseau de chaleur meudonnais vers un modèle plus sobre et plus autonome. En s’appuyant sur une ressource locale disponible en profondeur, la future centrale géothermique doit assurer une production de chaleur plus prévisible pour les usagers et participer à la transition énergétique du territoire.
Meudon-la-Forêt : cap sur la géothermie
Par Assia Bedja
Publié le 8 mai 2026 à 13h15 – Temps de lecture : 3 minutes
