La saison culturelle de Montfermeil fait une place au grand répertoire. Vendredi 16 octobre à 20 h 30, la salle des fêtes de Franceville, place des Marguerites, accueillera « L’École des maris », l’une des premières grandes comédies de Molière, dans une mise en scène signée Idriss Hamida. Proposée par la ville dans le cadre de sa programmation, la représentation s’adresse à tous les publics, des amateurs de théâtre classique aux spectateurs qui découvriront pour la première fois la langue et l’esprit du dramaturge. À deux pas du centre-ville, le rendez-vous promet une soirée enlevée pour lancer le week-end en compagnie de l’un des maîtres du rire français.
Créée en 1661, « L’École des maris » met en scène deux frères aux idées diamétralement opposées sur la manière d’élever celles qu’ils destinent au mariage. Le bougon Sganarelle entend tenir sa pupille sous clé, loin du monde et de ses tentations, quand son aîné Ariste préfère miser sur la confiance et la liberté. De ce duel de méthodes, Molière tire une comédie alerte sur la jalousie, l’autorité et la ruse des cœurs, où la jeune Isabelle finira par déjouer, à force d’esprit, les calculs de son tuteur. Entre quiproquos, billets glissés en douce et portes qui claquent, la pièce déroule les ressorts les plus efficaces du rire, que le dramaturge reprendra et approfondira l’année suivante dans « L’École des femmes ». Trois siècles et demi plus tard, le texte n’a rien perdu de son mordant et continue d’interroger, mine de rien, la place laissée à la liberté de chacun.
La troupe réunie autour d’Idriss Hamida s’empare de ce texte en vers pour une représentation d’environ une heure, pensée pour rester accessible au plus grand nombre. Portés par les alexandrins de Molière, les comédiens misent sur le rythme et la vivacité du jeu plutôt que sur un décor chargé, afin que la langue du XVIIe siècle reste limpide pour les oreilles d’aujourd’hui. La salle des fêtes de Franceville, équipement de quartier familier des Montfermeillois, se prête à ce format intimiste, propice à la rencontre entre la scène et le public. Les familles pourront d’ailleurs y emmener leurs enfants dès le collège, l’âge où l’on croise souvent Molière en cours de français, pour une première sortie au théâtre souvent plus marquante qu’une simple lecture en classe. Les spectateurs sont invités à réserver leur place à l’avance, la billetterie étant ouverte en ligne ; la direction des affaires culturelles de la ville peut également renseigner les habitants sur les modalités d’accès et de réservation.
Avec cette comédie, Montfermeil poursuit une saison culturelle que la municipalité veut « riche et diversifiée », mêlant d’une année sur l’autre pièces de théâtre, concerts, expositions et spectacles. L’ambition affichée est de rapprocher la culture des habitants, en investissant des salles de proximité plutôt que les seuls grands équipements, et en ouvrant la programmation au plus grand nombre. Le choix d’un classique de Molière, souvent étudié sur les bancs de l’école, n’est pas anodin : il permet aux plus jeunes de confronter leurs lectures à la vérité de la scène, et aux plus grands de redécouvrir un texte que l’on croit connaître par cœur. En faisant dialoguer patrimoine littéraire et vie de quartier, la ville entend montrer que le théâtre n’est pas réservé aux grandes salles parisiennes, mais peut s’inviter, un vendredi soir, à deux pas de chez soi.
Le spectacle s’inscrit dans un automne chargé pour la commune, qui multiplie les rendez-vous de proximité, des soirées festives aux animations de quartier, en passant par les expositions et les concerts qui jalonnent la saison. Pour les amateurs de scène, le vendredi 16 octobre offrira une parenthèse plaisante avant le week-end, le temps d’une comédie où la jeunesse, comme souvent chez Molière, a le dernier mot. Reste à réserver sa place : la salle de Franceville, elle, sera prête à lever le rideau à 20 h 30.
Montfermeil : l’École des maris jouée à Franceville
Par Marc Blanc
Publié le 14 octobre 2026 à 18h59 – Temps de lecture : 4 minutes
