Les amateurs de concerts ont rendez-vous du 14 au 16 octobre dans le nord de Paris. Le MaMA, grand festival et convention des musiques actuelles, revient pour sa 17e édition au cœur de Pigalle et de Montmartre, à cheval sur les 9e et 18e arrondissements. Devenu un rendez-vous incontournable de la rentrée culturelle, il attire chaque automne le grand public comme les professionnels venus du monde entier. Pendant trois soirées, une douzaine de salles de la butte – parmi lesquelles La Cigale, La Boule noire, Les Trois Baudets, le centre musical Fleury-Goutte-d’Or-Barbara ou La Machine du Moulin Rouge – accueilleront quelque 150 concerts et showcases. De 19h à minuit, tout un quartier se transforme en parcours d’écoute : avec un seul pass, le public passe d’une scène à l’autre, à pied, en quelques minutes de marche.
La marque de fabrique du MaMA, c’est sa programmation défricheuse. Rock, pop, electro, folk, chanson ou hip-hop : le festival mêle talents émergents et artistes déjà installés, venus de la scène française comme de l’international. L’esprit n’est pas d’aligner des têtes d’affiche, mais de faire découvrir, au public comme aux professionnels, les voix qui compteront demain. Chaque soir, plusieurs dizaines de groupes se relaient dans des salles à taille humaine, propices à la rencontre entre un artiste et son premier vrai public parisien. Pour qui aime sortir des sentiers battus et dénicher une pépite avant tout le monde, l’occasion est précieuse, et rarement aussi concentrée dans un même quartier. D’une salle à l’autre, on passe ainsi d’un groupe de rock à une révélation de la scène électronique, puis à un rappeur encore inconnu la veille.
En journée, les 14 et 15 octobre, le MaMA prend aussi la forme d’une convention qui réunit tout un secteur : labels, producteurs, programmateurs, tourneurs, médias et institutions s’y retrouvent pour faire le point sur l’avenir de la filière. Au fil d’environ 120 conférences, ateliers et rencontres, les débats portent sur les grands sujets du moment : rémunération des artistes à l’ère du streaming, poids de l’intelligence artificielle, développement à l’export ou encore transition écologique des tournées. Dans un quartier historiquement lié au spectacle vivant, cette effervescence rappelle que Paris reste une plaque tournante des musiques d’aujourd’hui. L’événement bénéficie du soutien de la Région, au titre de son accompagnement de la création musicale. Beaucoup de rendez-vous professionnels sont accessibles sur accréditation, mais plusieurs temps forts restent ouverts aux amateurs éclairés.
Côté pratique, le public peut opter pour un pass à la soirée, à partir de 22 €, ou pour une formule couvrant les trois soirs ; les professionnels disposent, eux, d’un accès dédié à la convention. La réservation est vivement conseillée, certaines salles affichant complet très vite. Mieux vaut arriver tôt, prévoir des chaussures confortables et privilégier les transports en commun, les lieux étant tous regroupés dans un périmètre resserré autour de la place Pigalle. Le programme complet est consultable en ligne. Entre deux concerts, le quartier lui-même se savoure : cafés, brasseries et enseignes historiques prolongeront volontiers la nuit, et les habitants des arrondissements voisins n’auront qu’à descendre la rue.
Le format séduit un public large : mélomanes curieux, étudiants, habitants venus pousser la porte d’une salle mythique, mais aussi voyageurs de passage. Beaucoup d’artistes révélés ces dernières années sur ces scènes ont, depuis, rempli de bien plus grandes salles ; venir au MaMA, c’est un peu prendre un billet pour l’avenir de la musique. Pour les Parisiens qui ne sortent plus guère dans leur propre ville, voilà une belle raison de redescendre vers la butte un soir de semaine, sans se ruiner, et de se laisser surprendre par un nom jamais entendu.
Musique : le MaMA fait vibrer Pigalle
Par Assia Bedja
Publié le 12 octobre 2026 à 11h32 – Temps de lecture : 4 minutes
