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Mutation des commerces en centre-ville

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 8 juillet 2025 à 09h50 – Temps de lecture : 3 minutes

Alors que les centres-villes et centres-bourgs français font face à une vacance commerciale croissante – 14 % des cellules vides dans les rues marchandes en 2024, contre 6 % en 2010 – le gouvernement entend réagir. À l’occasion de l’événement « Mutation des commerces en centre-ville », organisé au ministère de l’Économie, Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du Commerce, de l’Artisanat, des PME et de l’Économie sociale et solidaire, a annoncé une série de mesures de revitalisation économique et lancé une vaste consultation autour d’un nouvel outil : la charte « Ville commerçante ».

Face à la désaffection de nombreux centres-villes, minés par des loyers élevés, des contraintes d’accessibilité, une pression foncière croissante et des mutations profondes des modes de consommation, l’urgence est à l’action. Réunis pour dresser un état des lieux partagé, élus, associations de commerçants, chambres consulaires et partenaires institutionnels ont échangé sur les leviers concrets à activer pour redonner dynamisme et attractivité au commerce de proximité.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la charte « Ville commerçante ». Ce document-cadre en cours de consultation ambitionne de formaliser des engagements réciproques entre collectivités locales, commerçants, unions commerciales et chambres de commerce et d’industrie. Structurée autour de huit piliers – accessibilité, durabilité, emploi, sécurité, visibilité, urbanisme, formation et gouvernance –, la charte doit être co-construite avec les acteurs du terrain. Sa version finalisée est attendue à la rentrée, avant d’être déclinée localement par les communes volontaires selon leurs spécificités.

Au-delà de cette démarche collaborative, plusieurs mesures ciblées ont été annoncées pour enrayer la vacance commerciale. Parmi elles : le financement ou le cofinancement par les CCI de postes de managers de commerce dans les zones les plus fragiles, le lancement dès la rentrée d’un groupe de travail du Conseil national du commerce entièrement dédié aux problématiques des centres-villes, ou encore l’expérimentation en 2025 d’une mise à disposition temporaire de cellules vacantes au bénéfice de fabricants et artisans locaux, pendant le mois de l’Achat français.

L’État entend aussi mobiliser des outils fiscaux plus efficaces, en simplifiant notamment la taxe sur les friches commerciales afin de la rendre plus opérationnelle. D’autres chantiers accompagneront ce plan, comme le renforcement de la transmission-reprise des commerces, ou encore l’adaptation des commerçants aux transitions numériques, via le programme « Osez l’IA » et un guide sur l’intelligence artificielle édité par le CNC.

Enfin, en partenariat avec Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la Ville, une mission spécifique sera consacrée à l’avenir du commerce dans les quartiers prioritaires, dans le prolongement des travaux nationaux engagés.

Pour Véronique Louwagie, cette mobilisation collective est désormais indispensable : « Le commerce de proximité est au cœur de la vitalité de nos centres-villes. Il tisse du lien, crée de l’emploi et forge l’identité de nos territoires. Face à la montée de la vacance, il ne s’agit plus de constater, mais d’agir, ensemble. Notre objectif commun est clair : redonner vie à nos centres-villes tout en préparant le commerce de demain. »