Dans le Val-de-Marne, territoire marqué par une urbanisation dense, la pression sur les espaces naturels, agricoles et forestiers constitue un enjeu central pour les politiques publiques. La raréfaction du foncier disponible fragilise ces zones, pourtant essentielles à l’équilibre écologique, à la qualité de vie des habitants et au maintien d’une production agricole locale. Face à cette situation, le Département a progressivement structuré une stratégie visant à concilier développement urbain et préservation durable des ressources naturelles.
Cette politique s’appuie sur plusieurs dispositifs déjà engagés, tels que la gestion des espaces naturels sensibles, des actions en faveur des massifs boisés, des programmes de plantation ou encore des orientations liées à la biodiversité, au climat et à l’eau. L’ensemble de ces initiatives converge vers un objectif commun : limiter l’impact de l’urbanisation tout en valorisant les fonctions écologiques et agricoles du territoire.
Une étape majeure a été franchie en octobre 2024 avec la création d’un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains. Ce dispositif, élaboré en concertation avec seize communes et deux établissements publics territoriaux, couvre 4 177 hectares, soit environ 17 % de la superficie du département. Il vise à préserver durablement les zones les plus exposées à la pression foncière en les soustrayant à l’urbanisation, tout en encadrant leur gestion dans une perspective de long terme.
Le programme d’actions associé repose sur plusieurs axes complémentaires. Il prévoit notamment une meilleure maîtrise du foncier agricole, avec l’objectif de réactiver les terres laissées en friche et de faciliter l’installation de nouveaux exploitants. Il inclut également des mesures visant à améliorer la gestion des espaces naturels, à prévenir les dégradations et à sensibiliser le public aux enjeux environnementaux. Le développement des circuits courts et la valorisation des productions locales figurent aussi parmi les priorités, afin de renforcer les liens entre agriculture et consommation de proximité.
Par ailleurs, le Département entend améliorer la qualité écologique et paysagère de ces espaces, notamment en favorisant la continuité des milieux naturels et en protégeant les ressources en eau. Un accompagnement spécifique est également prévu pour les agriculteurs, incluant un soutien à l’investissement, à la formation et à la transmission des exploitations. L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une logique évolutive, avec des objectifs ajustables en fonction des besoins du territoire.
Dans cette perspective, la création d’une structure dédiée à l’animation foncière agricole est prévue à partir de 2026. Portée à l’échelle métropolitaine, elle aura pour mission de faciliter l’accès aux terres, d’accompagner les installations et de coordonner les acteurs intervenant sur le foncier agricole, dans un contexte où les opportunités restent limitées.
En parallèle de cette stratégie de préservation, le Département s’est positionné contre certains projets jugés incompatibles avec ses orientations. C’est le cas du projet de construction d’un établissement pénitentiaire à Noiseau, auquel il s’oppose en raison de ses impacts sur les terres agricoles et l’environnement. Malgré une mobilisation locale et une première protection des terrains concernés, un décret adopté en 2025 a relancé la possibilité de ce projet, conduisant le Département à engager des recours juridiques.
Enfin, la collectivité poursuit son engagement dans des opérations concrètes de restauration environnementale, comme celle menée sur les berges de l’Yerres à Villeneuve-Saint-Georges. Ce projet vise à réduire les risques d’inondation tout en réhabilitant des milieux naturels sensibles. Depuis 2021, plusieurs phases de travaux ont été engagées, soutenues financièrement par le Département à hauteur de plus de 14 millions d’euros. Ces interventions incluent des acquisitions foncières, des démolitions et des opérations de renaturation, menées en coordination avec plusieurs partenaires institutionnels.
À travers l’ensemble de ces actions, le Val-de-Marne affirme une politique territoriale visant à préserver ses espaces naturels et agricoles tout en répondant aux défis liés à l’urbanisation, au changement climatique et aux besoins des habitants. Cette approche repose sur un équilibre entre protection, valorisation et adaptation, dans une perspective de long terme.
Nature et agriculture en Val-de-Marne
Par Renaud Morelli
Publié le 15 avril 2026 à 11h23 – Temps de lecture : 4 minutes
