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Nice : la Villa Paradiso va devenir une maison des femmes, un refuge inédit contre les violences

Par Ethan Hunt
Publié le 15 octobre 2026 à 13h55 – Temps de lecture : 4 minutes

Nice franchit une étape importante dans la lutte contre les violences conjugales. Lundi 12 octobre 2026, le conseil municipal a voté la création d’une maison des femmes. Ce lieu unique prendra place dans la Villa Paradiso, au bas du quartier de Cimiez. Fait rare, tous les élus ont approuvé la délibération. Majorité et opposition partagent ainsi le même objectif.

Ce projet répond d’abord à une situation alarmante. Chaque jour, la police enregistre en moyenne onze plaintes pour violences conjugales à Nice. Face à ce constat, la municipalité veut simplifier le parcours des victimes. Aujourd’hui, ces femmes doivent souvent frapper à plusieurs portes pour obtenir de l’aide. Demain, elles trouveront tous les services au même endroit.

Concrètement, la Villa Paradiso réunira un accompagnement médical, juridique et social. La maison des femmes des Alpes-Maritimes, aujourd’hui rattachée au CHU de Nice, va s’y installer. L’unité médico-légale de l’hôpital rejoindra également le site. Le centre communal d’action sociale y déplacera aussi son accueil de jour et le dispositif Pass’R’Elles. Des associations doivent enfin compléter cette offre.

Par ailleurs, le dernier étage accueillera des hébergements d’urgence. Douze chambres permettront aux femmes de quitter leur domicile en toute sécurité. Leurs enfants pourront aussi les accompagner. Le site restera ouvert 24 heures sur 24. Selon le maire, Éric Ciotti, des gardiens surveilleront les lieux en permanence. La police municipale effectuera aussi des rondes fréquentes autour du bâtiment.

Avec ce projet, la Ville tient un engagement fort. Éric Ciotti avait promis de doubler le nombre d’hébergements d’urgence pour les victimes. L’adjointe aux droits des femmes, Zara Boutayeb, a lancé ce dossier. Pour elle, ce lieu répond à une urgence à la fois politique et morale. La municipalité présente d’ailleurs cette structure comme inédite en France par sa dimension.

Le choix du bâtiment ne doit rien au hasard. Située au 24 boulevard de Cimiez, la Villa Paradiso compte parmi les joyaux du patrimoine niçois. L’architecte Lucien Barbet l’a construite vers 1885 pour un riche homme d’affaires. Quelques années plus tard, la baronne de Zuylen, née Rothschild, l’a rachetée et embellie. La demeure profite aussi d’un grand jardin, idéal pour offrir un cadre apaisant.

Au fil du temps, la villa a connu plusieurs vies. Après la Seconde Guerre mondiale, elle devient la propriété de la Ville de Nice. Elle accueille ensuite pendant des décennies le conservatoire de musique. Plus récemment, la commune avait même prévu de la vendre, mais l’acheteur a renoncé en 2023. Désormais inscrite aux monuments historiques, elle va retrouver une mission d’intérêt général.

Côté calendrier, les premières permanences doivent ouvrir dès le mois de novembre. Toutefois, l’ouverture complète demandera plus de temps. La Ville espère poser la première pierre en novembre 2026. Les travaux, estimés à plus de deux millions d’euros, devraient s’achever à l’automne 2027. La surface rénovée atteindra environ 1 300 mètres carrés sur trois niveaux.

En parallèle, la municipalité lance le dispositif Un Abri pour Elles. Ce programme doit faciliter l’accès des victimes au logement social. À titre expérimental, la Ville réservera huit logements sociaux par an à ces femmes. Ainsi, les hébergements d’urgence pourront servir de passerelle vers une solution durable. L’objectif reste clair : aider les victimes à reconstruire leur vie.

Enfin, l’opposition salue le projet tout en formulant ses propres idées. Les élus proches de Christian Estrosi souhaitent intégrer des services de police dans la future maison. Ce point pourrait encore nourrir les échanges dans les mois à venir. Une chose semble acquise : Nice disposera bientôt d’un outil précieux contre les violences faites aux femmes.