L’anse Méjean, site naturel emblématique et particulièrement fréquenté du littoral toulonnais, fait actuellement l’objet d’un important chantier de sécurisation visant à consolider sa falaise et son quai d’accès. Cette intervention d’envergure fait suite à une dégradation progressive mais majeure des structures rocheuses, directement provoquée par des conditions climatiques d’une sévérité inédite. Les collectivités locales se mobilisent pour restaurer la sécurité de cet espace remarquable afin de permettre, à terme, sa réouverture durable aux usagers et aux riverains.
Le point de départ de cette situation critique remonte à l’automne 2025. Durant près de six mois, jusqu’au printemps 2026, le territoire de la métropole a été exposé à une succession ininterrompue d’événements météorologiques violents. La région a notamment enregistré des pluies exceptionnelles, avec des cumuls de précipitations qui n’avaient plus été observés depuis plus d’une décennie. Cette situation a été aggravée par le passage successif de plusieurs tempêtes majeures, en particulier les tempêtes Nils et Pedro. Cette accumulation d’eau a fini par saturer totalement les sols en profondeur, créant de fortes pressions internes au sein des masses rocheuses et contribuant à déstabiliser les falaises littorales. Les conséquences directes de ces désordres ne se sont pas fait attendre : d’importants glissements de terrain se sont produits, entraînant l’effondrement de pans de parois et fragilisant considérablement les aménagements existants, notamment l’extrémité du quai qui assure la liaison piétonne vers la plage de Méjean.
Face à l’imminence du danger et à l’impératif absolu de garantir la sécurité publique, la Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée ont pris la décision d’agir de concert. Les premières mesures de protection ont débuté dès le 18 février 2026 avec la prise d’un arrêté municipal interdisant l’accès au site. Cet arrêté a permis de geler la zone le temps de mener des investigations poussées. Ainsi, entre le 15 mars et le 14 avril 2026, une série d’études géotechniques rigoureuses a été déployée sur le terrain afin de diagnostiquer précisément l’ampleur des dégâts et de définir les solutions d’ingénierie adaptées. Le 15 avril 2026, s’appuyant sur les conclusions des experts, les autorités ont officiellement activé une procédure administrative d’urgence impérieuse. Ce cadre juridique spécifique permet d’engager des travaux immédiats tout en respectant scrupuleusement les obligations réglementaires.
Le budget total alloué à cette opération de sauvetage s’élève à 715 000 € TTC. Le chantier proprement dit a démarré ses activités sur site le 27 avril 2026. Le programme technique prévoit plusieurs phases successives, à commencer par la purge complète de la falaise et l’évacuation des blocs rocheux ou des sédiments instables qui menacent de s’effondrer. Il comprend également la dépose des structures maçonnées ou des équipements publics qui ont été endommagés par les éboulements, la mise en œuvre de nouveaux dispositifs de confortement et de soutènement de la paroi rocheuse, ainsi que des réparations structurelles ciblées au niveau du quai.
Pour toute la durée des opérations de sécurisation, estimée de manière prévisionnelle à environ trois mois sous réserve d’éventuels aléas techniques ou de nouvelles perturbations météo, l’accès à l’anse Méjean demeure strictement interdit au public. Le périmètre de sécurité s’étend de façon continue depuis la sortie ouest du Hameau de Méjean jusqu’à la descente du chemin de la mer située à l’extrémité est. Les autorités insistent sur la nécessité pour les promeneurs et les riverains de respecter scrupuleusement la signalisation en place afin de ne pas s’exposer aux risques de chutes de pierres et de ne pas entraver les manœuvres des engins de chantier.
La planification de la réouverture a été pensée pour s’adapter au niveau de gravité des dégâts selon les secteurs. Les ingénieurs ont découpé le littoral en quatre zones distinctes, la zone 1 étant de loin la plus sévèrement touchée. Les glissements de terrain y ont déplacé un volume impressionnant de 1 500 m3 de matériaux, ce qui nécessite la réalisation d’études complémentaires très spécifiques afin de concevoir un aménagement technique capable de garantir une sécurité à long terme. En conséquence, la zone 1 restera fermée et en chantier plus longtemps que le reste de l’anse. L’objectif des collectivités est toutefois de restituer une grande partie du site pour la saison estivale, en visant une réouverture des zones 2, 3 et 4 pour le 15 juillet 2026. Pour pallier le maintien en chantier de la zone 1 et éviter de couper le littoral en deux, un dispositif transitoire sera instauré à cette date. Les usagers seront autorisés à traverser le secteur en travaux en cheminant exclusivement sur le sable, en toute bordure de l’eau. Ce passage balisé permettra de garantir la continuité du parcours pédestre tout le long de la plage tout en maintenant une séparation hermétique avec les zones de travaux situées en amont sur la falaise.
Crédit photo : Ville de Toulon

