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Palaiseau : à l’heure de la montagne

Par Marc Blanc
Publié le 25 septembre 2026 à 12h48 – Temps de lecture : 4 minutes

À peine l’automne installé, Palaiseau troque ses trottoirs contre un décor de haute montagne. Les samedi 26 et dimanche 27 septembre, la commune accueille le festival Montagne et Musique, un rendez-vous devenu un classique de la fin septembre en Essonne. Installée rue du Dr Morère, la manifestation attire chaque année plus de 30 000 visiteurs venus de toute l’Île-de-France, séduits par un mélange peu banal de sport, de folklore et de concerts. L’entrée est libre et gratuite, et les recettes des animations sont reversées à des associations tournées vers l’enfance. Portée de longue date par des passionnés et épaulée par la municipalité, la fête ouvre ses portes dès 10h le samedi et 9 h 30 le dimanche, pour ne refermer qu’à la nuit tombée.
L’idée, un brin folle, tient en une phrase : faire descendre les sommets dans la plaine, à une vingtaine de kilomètres seulement de la capitale. Chaque année, le pari se renouvelle et le succès ne se dément pas. On y vient en voisins, mais aussi de départements plus lointains, pour retrouver une ambiance de station de sports d’hiver, ses chalets de bois, ses odeurs de fromage fondu et sa convivialité un peu rugueuse. Le week-end mêle sans complexe compétition de haut niveau et fête populaire, spectacle gratuit et découverte de traditions venues des massifs, dans un esprit bon enfant qui séduit petits et grands.
Le cœur du week-end bat au rythme du concours international de bûcherons sportifs, présenté comme le plus grand du genre en Europe. Le samedi après-midi, quatorze compétitrices venues de dix nations ouvrent les hostilités ; le dimanche matin, ce sont une quarantaine d’hommes, représentant treize pays, qui prennent le relais. Canada, États-Unis, Australie, Écosse, Suède, Hongrie, Italie ou Pays basque : les meilleurs spécialistes de la planète se mesurent à la hache horizontale et verticale, à la tronçonneuse de vitesse ou sur le springboard, cette planche fichée dans le tronc qu’il faut escalader avant de trancher. Les épreuves masculines reprennent l’après-midi, dans une ambiance survoltée où le public encourage les concurrents à grands cris. Force, adresse et sang-froid : elles tiennent les spectateurs en haleine jusqu’à la traditionnelle soupe des bûcherons, servie en fin de journée.
La musique prend ensuite le relais, en plein air et sans débourser un centime. Quatre concerts rythment les deux soirées. Le samedi, Eloïz lance les festivités à 18 h 30, avant que Jean-Baptiste Guégan ne fasse vibrer la scène à 20h. Le lendemain, la chanteuse québécoise Marilyne Léonard se produit à 17 h 45, puis Louis Bertignac, ancien guitariste de Téléphone et grande figure du rock français, referme le festival à 20h. Entre deux morceaux, les visiteurs peuvent flâner dans un véritable village montagnard, où des artisans en costumes d’époque font revivre les métiers et les gestes d’autrefois, du travail du bois à celui de la laine.
Les familles ne sont pas oubliées. Mur d’escalade, tyrolienne, toboggan géant, lancer de hache, chiens de traîneau et ateliers de menuiserie pour les plus jeunes se succèdent au fil des allées, tandis que des simulateurs de rafting et de luge en réalité virtuelle apportent une note plus contemporaine. Côté papilles, les chalets déclinent fromages, charcuteries et spécialités venues de Savoie comme du Québec, à savourer sur place, à toute heure de la journée. Accessible en transports en commun, la fête s’étire du matin jusque tard le soir. Compte tenu de l’affluence attendue, les organisateurs invitent à privilégier le train ou le bus et à prévoir un peu de marche. Pour beaucoup de Palaisiens et d’Essonniens, ce dernier week-end de septembre s’est mué en rituel : celui où, l’espace de deux jours, l’air des cimes vient souffler sur la plaine.