1. Home
  2. Nos départements
  3. BOUCHES-DU-RHÔNE (13)
  4. Patrimoine à Saint-Rémy-de-Provence

Patrimoine à Saint-Rémy-de-Provence

Par Anais Malise
Publié le 20 septembre 2026 à 19h54 – Temps de lecture : 4 minutes

Les 43e Journées européennes du patrimoine ont refermé leurs portes dimanche 20 septembre, et Saint-Rémy-de-Provence a une nouvelle fois figuré parmi les rendez-vous les plus courus des Alpilles. Deux jours durant, samedi 19 et dimanche 20 septembre, habitants et visiteurs ont pu pousser gratuitement des portes habituellement payantes ou fermées, guidés cette année par un double fil rouge : le « patrimoine de la photographie », qui célèbre le bicentenaire de l’invention du procédé, et le « patrimoine en péril », invitation à raviver, à résister et réimaginer des lieux menacés. Dans une ville où la pierre romaine, les ruelles anciennes et la lumière du Sud ont nourri des générations de peintres et de photographes, le thème tombait à point nommé. Le site archéologique de Glanum a concentré une bonne part de l’affluence. Ouvert de 9 h 30 à 18h, avec une dernière entrée à 17 h 15, l’ancienne cité gallo-romaine née de l’oppidum celto-ligure de Glanon proposait la visite libre gratuite le samedi et le dimanche, complétée par des visites guidées – à 10h, 11h, 14h, 15h et 16h – accessibles sans réservation. Dans le hall d’accueil, l’exposition « Glanum, 100 ans de fouilles » retraçait un siècle de découvertes, des premières campagnes des années 1920 aux chantiers les plus récents, rappelant que le sol des Alpilles n’a pas fini de livrer ses secrets. Un audioguide restait proposé pour trois euros à ceux qui voulaient prolonger la déambulation entre arc municipal, mausolée et anciens thermes. À quelques mètres de l’entrée, les célèbres Antiques – l’Arc de Triomphe et le mausolée des Jules, parmi les monuments romains les mieux conservés de Gaule – se laissaient admirer librement, en bordure de route, comme une invitation à franchir le seuil du site. La veille, vendredi 18 septembre, l’opération « Levez les yeux ! » avait déjà ouvert plusieurs lieux aux scolaires, prolongée le week-end par la gratuité des monuments nationaux, dont Glanum fait partie.

Le centre ancien n’était pas en reste. La collégiale Saint-Martin, dont l’intérieur fait l’objet d’une restauration engagée depuis l’automne 2024, a ouvert ses travées à un public curieux de suivre l’avancée du chantier et d’écouter son grand orgue. À quelques pas, l’hôtel de Sade, élégante demeure du XVe siècle bâtie sur des vestiges plus anciens, présentait les objets issus des fouilles de Glanum, tandis que le musée des Alpilles, place Favier, offrait la gratuité pour l’occasion. Les amateurs de photographie, thème phare de l’édition, ont pu s’attarder devant « Vol au-dessus des monuments », série de vues aériennes qui donnait à voir le territoire sous un autre angle. Fidèle à sa réputation, Saint-Rémy a aussi joué la carte de la promenade patrimoniale à ciel ouvert : du monastère Saint-Paul-de-Mausole, ancien couvent devenu maison de santé où Vincent Van Gogh, interné en 1889, peignit certaines de ses toiles les plus célèbres, aux fontaines et aux hôtels particuliers du cœur historique, la ville entière s’est transformée en parcours de visite. Le centre d’interprétation dédié au peintre, comme les ruelles qu’il arpenta, a rappelé combien la commune reste indissociable de son regard. Portées par une météo clémente de fin d’été, ces deux journées ont confirmé l’attachement des Provençaux à leur héritage, entre archéologie, art sacré et mémoire du regard photographique. Aux alentours, de la vallée des Baux aux villages voisins, chapelles, moulins et domaines avaient eux aussi ouvert leurs portes, faisant des Alpilles l’un des territoires les plus prisés de ces journées. L’élan ne retombe pas pour autant : la nouvelle saison culturelle 2026-2027 vient d’être lancée, avec une programmation de spectacle vivant que la municipalité veut ancrée dans les questions du temps, et les rendez-vous d’automne se préparent déjà. Pour ceux qui auraient manqué ces deux jours, Glanum, l’hôtel de Sade et le musée des Alpilles restent ouverts le reste de l’année : l’occasion de retrouver, loin de l’affluence, le fil d’une histoire que la ville continue de dérouler siècle après siècle.